Kenny l'égorgeur

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J'ouvre la porte de la salle principale du quartier général et y pénètre, tenant le jeune blond aux yeux verts par la main. À l'une des tables sont assis mon frère et nos amis. Ils se tournent tous vers nous en nous entendant entrer et dévisagent l'enfant. Ce dernier, gêné par leurs regards, se cache à nouveau derrière moi. Je pose ma main sur sa tête pour le rassurer :

- Ne crains rien, ce sont mes amis, ils ne te feront aucun mal.

Je l'emmène vers la table pour le faire s'asseoir parmi nous. Il s'installe docilement mais tout en restant tout près de moi, sa main ne lâchant pas la mienne.

Armin, se trouvant à ma gauche, me demande :

- C'est lui, l'enfant dont nous a parlé le caporal-chef Livaï ?

- Oui.

- Comment s'appelle-t-il ?

- Je ne le sais pas. Il n'a pas répondu à cette question, ni à aucune autre que nous lui avons posé. À chaque fois que nous l'interrogeons, il tremble. Le pauvre petit doit être traumatisé !

- Oui, je comprends, il a dû vivre quelque chose d'horrible !

- En effet. Mais si nous lui offrons soins et amour, je suis sûre qu'il reprendra confiance et surmontera cette épreuve.

Armin hoche la tête.

*

Le lendemain, Hitch revient. Elle a du nouveau. Nous nous réunissons donc Livaï, elle et moi, dans le bureau de mon supérieur. Hitch prend la parole :

- Vous savez sans doute pourquoi je suis venue. Mon équipe a fini son enquête sur les lieux et l'autopsie du corps : ils ont tous été tués à l'arme blanche il y a environ deux semaines.

- Deux semaines, tu dis ? intervient le caporal-chef. Ils ont donc été assassinés quelques jours avant que les brigades spéciales ne se mettent à pourchasser notre bataillon.

- Oui, c'est exact. D'après les résultats de nos recherches, ces gens sont une famille de fermiers travaillant pour un noble. Notre "scène de crime" n'est autre que les terres de Lord Edel. D'ailleurs, ce dernier est mort aussi, il y a un peu plus de deux semaines. Un cambriolage qui a mal tourné.

- Il y a environ deux semaines aussi ? ! m'exclamé-je. Cela ne peut pas être une simple coïncidence.

- Qui est-ce qui a rédigé le rapport de la mort de Lord Edel ? demande Livaï.

- Un soldat des divisions centrales des brigades spéciales.

- Les divisions centrales, hein ? Alors il ne faut pas se fier à leur rapport. Ce meurtre a certainement été orchestré par eux, pour une raison bien plus importante qu'un simple cambriolage.

- Oui, sans aucun doute, affirmé-je. Il faudra mener une enquête sur ce Lord Edel. Si ce sont les brigades spéciales qui l'ont liquidé, c'est sûrement parce qu'il représentait une menace pour l'ancien gouvernement.

- Je m'en charge, déclare Hitch, vous pouvez compter sur moi !

- Très bien, mais avant de partir, dis nous en plus sur le déroulement des évènements dans la ferme. Tu as été assez vague tout à l'heure.

- Eh bien, comme je vous l'ai dit, les faits se sont déroulés il y a environ deux semaines. Le fermier Farmer, sa femme et leurs trois enfants ont été tués à l'arme blanche. Ils ont été égorgés, pour être plus précise.

- Egorgés ? fait Livaï.

- Oui, leurs gorges ont toutes été tranchées. Un coup net et précis pour chacun. Notre tueur est donc loin d'être un amateur.

Je pousse un soupir de soulagement. Hitch le remarque et me fixe donc avec étonnement.

- Excuse-moi, me dit-elle en toussotant, mais puis-je savoir ce que tu trouves de soulageant dans ce que je viens de raconter ?

- Ce qu'il y a de soulageant, c'est que le tueur est assez grand pour égorger avec précision un adulte et ne peut donc pas être un enfant. Le petit que nous avons trouvé est donc innocent. Voilà ce qui me soulage.

- Ne te précipite pas trop, me dit Livaï, je te rappelle que lorsque nous l'avons trouvé, il portait un couteau ensanglanté.

- Qui vous dit que ce n'est pas le couteau du tueur que l'enfant a récupéré pour se défendre en nous entendant arriver ?

- Un tueur qui laisse l'arme de son crime sur les lieux ?

- Ce n'est pas impossible.

- Avec un tueur amateur ou ordinaire, oui, mais pas avec lui.

- Qui donc ?

- Kenny l'égorgeur.

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