04h18

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Je me retrouve de nouveau dans la chambre de Mizuki, qui est toujours en uttanasana. Avec une fluidité remarquable, elle élève ses jambes vers le plafond, et bascule avec précision en adho mukha vrksasana. Mon ERA a encore perdu un point.

Mizuki reste souriante, mais je ressens le poids de son corps soutenue uniquement par ses bras. En observant attentivement, je remarque l’absence totale de technologie moderne, tandis que les constellations dans le ciel étoilé son bien visible.

« Est-ce que Kuroki a pu t'offrir ta nouvelle épée, Michel ? Il semblait très occupé hier. »

« Pas encore. Il a beaucoup de commandes en ce moment. C’est pourquoi je préfère attendre. »

Mizuki fixe soudain une tache sur le tapis, qui date de l’accouchement d’Émilie. Comment est-il possible que je sache cela ? Ce ne sont pas vraiment mes souvenirs.

(Cette tâche etait là avant ma naissance, elle m'a toujours intriguée.)

« Au fait, Michel ! le fraisier de Samuel était absolument délicieux ! »

« J’ai vu ça ! Une fille un peu trop gourmande en a englouti la moitié. »

« Ce n’est pas ma faute ! On n’en mange pas souvent. »

« C’est mieux de se modérer. Abuser des bonnes choses finit par les rendre fades. »

« Papa m’a dit exactement la même chose ! Alors hier, je lui ai demandé d’acheter une brioche. »

« Tu es vraiment incorrigible, Mizuki ! »

(Ce passage fait référence à Rétiria, je crois. Le village natal de Kuroki. Un lieu isolé, réticent aux contacts extérieurs, si mes souvenirs sont bons.)

Les pensées de Michel me parviennent également, sans que j’aie besoin d’être connecté à lui. Ildoit toujours être en train de lire son livre.

« Toi aussi tu es gourmand, Michel ! Rappel-moi qui prend les plus grosses parts de viande ? »

« C’est toi, évidemment ! Tu manges comme quatre. »

« Mauvais exemple ! »

Mizuki rougit légèrement, pendant qu'elle redescend lentement ses jambes vers l’avant et creuse son dos. Elle passe ainsi naturellement en chakrasana. Je ressens l'étirement de chaque muscle de son corps, tandis que son ventre émet un léger gargouillis qu'elle ignore.

« En tout cas, on a de la chance qu’Éline et Samuel ne veuillent pas quitter Hanakaze. »

« C'est vrai, Michel ! Les pâtisseries de Samuel sont exceptionnelles ! »

« Sans parler de la viande fraîche qu’Éline prépare : juteuse, et sans une once de gras inutile. »

« Et c’est moi que tu traites de gourmande ! Bien sûr que c’est délicieux. »

« Au fait, Mizuki… Tu crois que le bébé d’Éline va naître bientôt ? »

« Dans trois mois environ, selon Yumi, sauf complication. »

« C’est une bonne nouvelle. Tu sais déjà comment ils vont l’appeler ? »

« Non, et toi, Michel ? »

« Je crois qu’ils hésitent encore. »

Encore une fois, mes perceptions vacillent, dérivant vers les sens de Kenji.

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