Epilogue 1/2 : Surprise !

8 minutes de lecture

Mathias

Retrouve-moi à 13h, là où tout a commencé

Je te kidnappe pour ton anniversaire

Je t’aime

Ysée

Je souris en découvrant ce petit mot sur la table, posé à côté d’un sachet de viennoiseries qui pourraient faire pâlir les meilleurs boulangers français. Je file me préparer un café en vérifiant mon téléphone et souris comme un con en me demandant si elle compte me sauter dessus dans la salle de spectacle où nous nous sommes rencontrés, et où sa main a rencontré ma joue, ou bien si… Bon sang, manquerait plus que je me plante. Là où tout a commencé, c’est au bord d’une rivière près de la datcha de ses parents… Après une nuit de galère, en pleine fuite. Alors, la datcha, peut-être ? Il faut que je sois sûr, la maison n’est pas la porte à côté. Je grimace et me décide à envoyer un message à ma moitié pour avoir un peu plus d’infos, quitte à me prendre une soufflante.

[Salut, Chérie. Dis-moi, ma journée d’anniversaire commence très mal, j’ai trouvé la place vide à mes côtés, c’est une honte ! Quant à ton petit mot, je voudrais bien quelques précisions. Quand tu parles de là où tout a commencé, tu parles de la violence de ta gifle ? De ta jalousie en imaginant que j’avais couché avec trois nanas en même temps ? De la première fois où tu m’as trouvé supportable ? De la première fois où je t’ai fait jouir ? Aide-moi, Ysée, je détesterais passer la journée loin de toi parce que ton petit mot était trop évasif ! Sinon, tu rentres à la maison et je te kidnappe entre nos draps, non ?]

Je file sous la douche rapidement et m’habille en attendant qu’elle réponde, me demandant si je vais récolter ses foudres ou si j’aurais réussi à la faire rire. Ysée est toujours aussi imprévisible et sanguine, et j’avoue que j’adore ça. Pas le temps de m’ennuyer avec elle, les jours se suivent et ne se ressemblent pas, même si nous adorons tous les deux nous titiller. Les réconciliations sur l’oreiller sont toujours fracassantes.

[Désolée, mon Chéri. Tu n'auras pas le plaisir de me partager avec les trois Grâces ! Par contre, il y a une petite maison dans la campagne où tu pourrais venir profiter du spectacle, Voyeur de mon cœur. Je t'attends ! Fais vite, tu as promis de ne pas t'éloigner de moi ! Je t'aime !]

Je souris et lui réponds que c’est elle qui m’a abandonné de bon matin avant de récupérer mes clés de voiture et de prendre la route. Bon, nous sommes retournés à la datcha plusieurs fois pour profiter mais aussi réparer les dégâts dûs à l’assaut de rebelles, pour autant, je suis capable de me paumer en chemin sur ces petites routes perdues en pleine campagne.

Je laisse les souvenirs m’envahir durant le trajet. Si les conditions étaient particulières lors de notre premier voyage là-bas, c’est aussi dans cet endroit que nous nous sommes découverts autrement qu’en nous hurlant dessus. J’ai appris à connaître la femme derrière l’armure lorsqu’elle lâchait prise. C’était rare, mais si je suis honnête avec moi-même, ça a suffi à me faire craquer. Oh, j’aime profondément la Ysée forte et indépendante qui mord dès qu’elle se sent acculée, hein ! Mais j’adore quand elle se réfugie contre moi pour se laisser aller à ranger ses gants de boxe.

Ysée et moi avons lâché prise, remisé les peines de cœur au placard et ça fonctionne plutôt bien, il faut l’avouer. Je crois qu’il était temps que nous accordions tous les deux de nouveau notre confiance, que la page soit tournée, et je ne regrette pas. Ce qu’il y a entre nous… Ça me rend adolescent en chaleur, romantique transi, homme des cavernes, et la liste est non-exhaustive. Tout a plus de couleurs en sa présence, plus de chaleur, d’intérêt. Même la datcha que j’aperçois enfin alors que je passe le portail. Cette vieille bâtisse que je trouvais déjà jolie à l’époque resplendit davantage avec la jolie femme qui est installée sur les marches, sous le porche.

Je me gare rapidement et sors de la voiture alors qu’elle se lève et s’avance dans ma direction. Nos corps se percutent rapidement et nos bouches ne font pas mieux. J’aurai tout le loisir de la déshabiller du regard et de profiter de la vision de son corps dans cette petite robe d’été blanche plus tard, je crois que le câlin du matin manqué me reste un peu en travers de la gorge.

— On aurait pu arriver ici tous les deux ensemble quand même, grogné-je en dévorant son cou. Je déteste me réveiller seul.

— Monsieur est grognon, on dirait. J'espère que la surprise que je t'ai préparée te plaira. Et sinon, promis, dès qu'on sera seuls, je saurai me faire pardonner.

Je fronce les sourcils en l’entendant, mais n’ai pas le temps de lui poser davantage de questions qu’elle m’entraîne dans la maison qu’elle me fait traverser pour ressortir à l’arrière. Ok, je comprends mieux, maintenant. Un grand barnum est installé sur l’herbe et, bon sang, il y a beaucoup trop de monde, si bien que je sursaute lorsqu’ils me souhaitent un joyeux anniversaire d’une seule et même voix. Je jette un œil à Ysée qui semble fière de sa petite surprise, l’enlace et dépose un baiser appuyé sur son front. Mon regard dévie quand j’entends la musique se mettre en route, et j’écarquille les yeux en constatant que les Grâces sont là.

— Bon dieu, Ysée, t’as vraiment demandé aux trois nymphos de venir chanter pour mon anniversaire ? ris-je.

— Oui et dans le contrat, elles ont interdiction de te draguer ! Je ne suis pas folle à ce point là ! Ça te plaît ?

J’éclate de rire en acquiesçant, rire qui se meurt dans ma gorge quand j’aperçois ma mère qui avance vers nous. Ma petite maman, que je n’ai pas vue depuis trois mois puisque cette cinglée de Gitane, pour qui je bosse à présent, me retient en otage au Palais et dans ses déplacements toujours aussi dingues. A ce rythme-là, je vais finir en Georges Clooney plus vite que prévu !

J’enlace ma mère et la serre contre moi plus que de raison. Oui, je suis un fils à Maman, et j’assume totalement. Cette femme m’a mis au monde et couvé d’amour comme pas possible.

— Je suis content de te voir, ça me fait plaisir que tu sois venue jusqu’ici, soufflé-je sans la lâcher.

— C'est ta petite copine qui m'a invitée. Heureusement qu'elle pense un peu à moi ! Tu m'as manqué, mon petit chéri.

— Ma patronne est un dictateur, M’man, je t’assure que je préférerais passer te voir plus souvent, ris-je.

Je souris en voyant Sophia courir dans ma direction et l’attrape au vol pour récolter un bisou bien baveux sur la joue.

— Joyeux anniversaire, Tonton Mat !

— Merci, Sergent Sophia.

Je passe un temps infini à saluer tout le monde. Je suis ravi de découvrir que Florent a fait le voyage avec sa femme, tout comme mes autres amis et anciens compagnons d’armes qui m’informent qu’ils passent la semaine ici. Si j’ai d’abord grimacé en voyant que Marina était présente, elle aussi, je fais avec puisqu’elle m’offre une semaine de repos qui va me permettre de profiter de mes proches.

L’ambiance est joviale, simple et conviviale, c’est tout ce qui me plaît. Tout le monde se mélange, mes anciens collègues et les nouveaux, ma mère papote avec celle d’Ysée et Marina, non loin du père de ma belle, présent lui aussi même s’il semble perdu dans une rêverie perpétuelle, et j’observe tout ce petit monde avec une joie non feinte. Et mon regard est inévitablement attiré par la femme qui partage ma vie, cette déesse qui me fait sortir de mes gonds autant qu’elle fait fondre tout mon être.

— Sérieux, Mat, tu vas vraiment aller la retrouver alors que tout le monde est là pour toi ?

Je m’arrête dans ma progression et me tourne vers Julia, qui sourit en secouant la tête.

— Pourquoi je ne le ferais pas ? ris-je. Je te promets qu’on ne disparaîtra pas définitivement, j’allais juste la remercier pour la surprise, je sais me tenir.

— Ben voyons, pouffe mon amie en me prenant dans ses bras. Joyeux anniversaire, Lieutenant Canon.

C’est bien la seule femme qui ne fait pas partir Ysée en live quand elle s’approche de moi. Je crois qu’elle avait un peu de mal, au début, sans que cela soit vraiment de la jalousie. Sans doute ne comprenait-elle pas ce lien fraternel qui nous unit, Julia et moi, mais finalement, personne ne finit au pilori quand nous nous enlaçons.

— Merci, Lieutenant Sexy. Je peux aller embrasser ma femme, maintenant ?

Julia rit en me relâchant, et je reprends ma route, attrape la main d’Ysée, occupée à discuter avec Stefan, alias Hulk. Je l’entraîne un peu plus loin et la plaque contre moi pour l’embrasser sans retenue ou presque.

— Il manque Justine à cette petite fête, pourquoi tu ne l’as pas invitée ? la provoqué-je avec un air innocent.

— Parce qu’il y a déjà assez de femmes qui matent ton petit cul. Je te jure que si Jenna continue à baver devant toi comme ça, je lui fais ravaler toutes ses chansons ! Et ne t’avise pas de la regarder, sinon ce soir, c’est régime sec !

— Je ne regarde que toi, petite jalouse. Si tu savais comme ça m’excite quand tu sors les crocs comme ça, ris-je en la pressant suffisamment fort contre moi pour qu’elle puisse sentir mon excitation.

— La chambre est prête, mon Chou. On y va ? On a le temps, si on fait vite, nous serons redescendus pour le gâteau.

— Tu es sûre d’être prête à assumer tes joues rouges et ton regard post-baise devant tous les invités, Ysée ? Vraiment ? Sans parler du reste, parce que j’ai clairement envie de te manger de partout, là. Ou de te priver d’un passage dans la chambre parce que je me suis réveillé seul, ce matin. J’hésite…

— Je suis prête à tout pour toi, Mat. C’est quand tu veux, où tu veux, me répond-elle en m’adressant un regard de braise.

Je jette un regard sur la tribu installée dans le jardin avant de reporter mon attention sur Ysée. Elle va m’en vouloir à mort, mais ça n’en sera que meilleur. J’aime tellement la faire sortir de ses gonds que je n’hésite pas bien longtemps. Je me penche et la charge sur mon épaule.

— On revient ! crié-je en direction des autres. On a un compte à régler avec Ysée !

Demi-tour sous les rires des autres alors que ma moitié bougonne et s’acharne à me donner des coups dans le derrière. Ouais, elle rit tout en m’insultant. Ça promet, et j’ai hâte qu’elle m’offre mon cadeau d’anniversaire !

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