363. Angola blues
Dans la lumière bleue du crépuscule, ils revenaient à leurs baraquements sous les yeux de crotale des matons.
Et, en attendant le pain de maïs et la bouillie du soir où flottait de rares morceaux de viande grasse, ils sortaient leurs instruments et entonnaient leur blues, comme une mélopée triste qu'ils adressaient à la brume tremblante qui traversait la plantation, aux éclairs de chaleur qui scintillaient par-delà le bayou. Surtout ils chantaient pour cette liberté qu'ils ne retrouveraient pas avant longtemps.
Adonis Rheaume purgeait vingt ans pour un braquage qui avait mal tourné. Chassait-il les fantômes de ses victimes à travers les notes de sa trompette ? Willie Derainville avait pris huit ans pour avoir renversé une fillette un soir de beuverie. Les cordes de son banjo pleuraient toute sa tristesse.
Le pardon existait-il au pénitencier d'Angola ?
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