387. Anvers-Le Caire
Il semblait que la neige s'était emparé du monde tout entier quand Liam reçut la lettre de son grand-père.
ll ne connaissait le vieil homme qu'à travers quelques photos perdues dans les feuillets d'un album et les rares fois où il avait osé l'évoquer, son père y avait répondu par des regards noirs et des mots durs. Les mots sur le courrier qu'il reçut en ce froid matin de janvier ne laissaient rien transparaître d'une quelconque brouille familiale.
" Liam,
as-tu déjà rêvé de l'immensité de l'Afrique ?
De la magie de ses aubes sur la savane ? Du rouge feu du soleil franchissant l'horizon, de l'or qui s'empare des baobabs dans les premiers instants de la journée ?
Toi et moi, nous ne nous connaissons pas car les affaires m'ont mené il y a bien des années en ce continent extraordinaire, mais je serais ravi de t'inviter ici, de te permettre de découvrir ce monde si singulier et si différent de cette Europe où tu as toujours vécu.
Vois-tu, mon garçon, je me fais vieux et j'aimerais confier la pérennité de ma plantation à quelqu'un de la famille.
Alors, qu'en dis-tu ? Prêt à revêtir ta tenue d'explorateur ?
En attendant que nous nous retrouvions, porte-toi bien.
Ton grand-père, Aloysius De Roon
P.S. : Je joins à cette missive des billets pour ton voyage et assez d'argent pour subvenir à tes besoins. Le Capitaine Jakes t'attendra au Caire dans un mois. "
Liam n'hésita pas longtemps. Existait-il perspective plus emballante que de s'envoler pour l'Afrique au plus froid de l'hiver anglais ? Et il se rappelait l'affiche à l'agence de voyages, avec ce paquebot rutilant fendant les flots entre Anvers et le Congo. Il lui restait à convaincre son père de le laisser partir pour l'autre hémisphère, mais s'il réussissait, il n'aurait qu'à franchir le seuil de sa maison pour se lancer dans la plus excitante aventure de sa jeune existence.

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