393. La vallée des Rois

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Le Capitaine Jakes se dépêcha d'arrimer les valises de Liam dans son hydravion. Agacé, le jeune homme demanda :

 " Pourquoi un tel empressement ?

 - Votre grand-père m'a grassement payé pour vous mener à bon port. Et, personnellement, je n'ai aucune envie de moisir plus longtemps dans cette ville. Voyez, mon gars, je n'ai pas que des amis par ici. Maintenant, bouclez votre ceinture. Et votre clapet par la même occasion. "

Liam n'eut pas le temps de répliquer que l'appareil s'élançait sur les eaux du fleuve. Mais le vol ne dura pas longtemps ; déjà Jakes replongeait vers les berges du Nil. Il adressa un sourire charmeur à son passager :

 " On va s'offrir un dernier tour dans la civilisation. Parce que là où vous allez, on ne peut pas dire qu'un ordre quelconque prédomine.

 - Où allons-nous ?

 - À Louxor. Vous irez visiter la Vallée des Rois pendant que je traiterai une dernière affaire avec un associé. Après ça, nous quitterons la région pour toujours.

La sagesse imposa à Liam de ne pas poser de questions à ce sujet ; aussi embraya-t-il sur la suite du parcours.

 - Ensuite ? Nous ferons escale à Khartoum pour refaire le plein et nous mettrons cap plein sud direction Kampala. Là, un bateau vous attendra pour traverser le lac Victoria. Votre grand-père vit dans la jungle, au milieu des bêtes sauvages. Et je ne parle pas seulement de celles qui se déplacent à quatre pattes. "

Ce ton chargé de haine déplaisait au jeune homme, mais il se garda bien du moindre commentaire. Qui savait de quoi était capable cet Américain et ses idées préconçues ?

Dans la cité-capitale des anciens Pharaons, Liam trouva un guide qui accepta les dollars de Jakes. Le pilote lui dit :

 " Soyez là au coucher du soleil. Je ne patienterai pas. Et profitez bien du spectacle. "

Le guide, un expatrié européen, mena Liam sur les routes poussiéreuses de l'erg jusqu'aux tombeaux des Rois. À marcher dans les traces de Randolph Carter, le jeune garçon ne ressentait pas seulement la fausse fierté des touristes, mais un sentiment plus trouble. En dépassant trois statues taillées dans une pierre sombre qui représentaient un pharaon, son épouse et le dieu Apis, il se demanda si la ferveur autour de l'égyptologie n'avait pas éclipsé la richesse des autres cultures du continent, si les Occidentaux ne sous-estimaient pas les richesses de l'Afrique. Autres que celles que l'homme blanc pouvait exploiter sans vergogne par la colonisation.

Il poursuivit la visite sous le soleil ardent du désert, entre fascination et doute. Toutefois, il avait déjà hâte de s'enfoncer plus encore dans le continent, prêt à tracer sa propre voie.

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