431. Machineries of joy
Depuis le siège à côté du mien, le vieux Trafford me dit :
" Tu sais, gamin. Quand j'avais à peu près ton âge, on appelait cette région les Grandes Plaines. Et, Bon Dieu, qu'est-ce qu'elles étaient fertiles. Aujourd'hui, il ne reste que cette croûte...
- Desséchée ? proposai-je.
- Non, vitrifiée, c'est le mot exact. "
Il se tut, d'humeur soudain sombre. Je me contentai de faire claquer les lanières de notre attelage. Les bourriques inclinèrent la tête, puis accélérèrent la cadence.
Au loin, d'étranges courbes blanches luisaient sous le soleil.
" Regarde, gamin. Nous nous réjouissons de trouver ces champignons, mais ils me rappellent trop ceux qui ont poussé après que les traits de feu et d'acier soient tombés du ciel. Vous me prenez tous pour un vieux fou ; pourtant je n'ai pas oublié ce que j'ai vu ce jour-là. L'apocalypse de la main des hommes. Et nous voilà à errer comme des puces sur le dos d'un chien à essayer de dispenser un peu de bonne humeur dans les rares noyaux de civilisation qui subsistent. "
Ainsi parlait Pierrot du plus profond de sa mélancolie ?
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