457. Nageur de combat
" Vois-tu, gamin, j'ai commencé ma carrière de plongeur quand nous sommes entrés en guerre. Mais je descendais déjà à vingt mètres sans bouteille bien avant ça. Et puis le monde a basculé dans une folie meurtrière et je me suis engagé comme la plupart de mes copains. Et quel autre choix que la Marine pour des gars de la côte ?
- Mon père m'a parlé de la base de Narvik. C'est là-bas que nous êtes partis ?
- Non. Nous n'avions pas le droit à l'époque de divulguer où nous étions, mais aujourd'hui, ça n'a aujourd'hui plus aucune importance. Notre cantonnement se situait à Ottersøya. C'est là que nous sommes devenus des nageurs de combat.
- En quoi ça consistait ?
- À faire sauter des navires ennemis en posant des bombes sur leur coque en dessous de leur ligne de flottaison.
- Ce n'était pas dangereux ?
- Oh, si, gamin. T'as pas idée. Il fallait traverser des eaux glacées à la nage, éviter les patrouilleurs, poser les explosifs et surtout repartir sans se faire repérer. J'en ai perdu, des compagnons. À moitié des soldats, à moitié des résistants qu'nous étions. C'est étrange, mais si j'ai oublié la plupart de mes missions, j'ai encore parfaitement en mémoire le raid sur Morne-Noir, quelque part en France.
- Ça a dû être terrible.
- Ça l'était, mais c'était aussi tellement exaltant. Je crois qu'on peut devenir accro à ce vertige.
- Le vertige des abysses ?
- Aussi surprenant que ça peut l'être, tu as cerné l'idée, gamin.
- Et après la guerre, vous avez fait quoi ?
- Je ne pouvais pas rentrer, j'ai commencé à bourlinguer à travers le monde. Reviens demain et je te raconterai la suite de mon histoire. "
Rendez-vous était pris ?

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