504. El viajero de invierno

Une minute de lecture

Les heures s'étaient enroulées dans l'attente d'un miracle ou d'une délivrance.

Les râles qui sortaient de sa poitrine se réduisaient à présent à de faibles chuintements. Quand je n'y tins plus, je m'échappais sur la terrasse. Le soleil, sous mes yeux, plongea sous l'horizon, embrasa le ciel de rubans de feu, de coquelicot, d'orange mûre.

Lentement, les ombres me gagnèrent, mais le crépuscule demeura flamboyant. Mon père aurait aimé ce moment, je le savais. La porte du patio s'ouvrit et la voix de ma sœur me tira de ma contemplation. Il me fallait revenir à la réalité endeuillée.

 " Papa s'en va. Tu... tu devrais venir. "

Les yeux du vieil homme brillaient de la même fougue que le couchant. Il saisit ma main, la serra avec une force dont je le croyais vidé et murmura :

 " Il est là, Raul.

 - Qui ça ?

 - Le voyageur d'hiver. Il est l'heure, hijo. "

La nuit entrait maintenant dans la chambre à coucher. Je gardais sa main longtemps après qu'il eut fermé les yeux, avec cette question : le voyageur d'hiver avançait-il toujours à la faveur de la nuit, dans les rubans du crépuscule ?

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