518. Les rubis mauvais

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J'oubliai aussitôt le lascar de la taverne pour me concentrer sur ce visage maquillé à outrance. Sous les apparats de l'or de Nankin, sourdait une sombre menace, mais une terre qui ne m'était pas inconnue.

Avant que je ne puisse prononcer un mot, l'étrange apparition s'engouffra dans un nouveau réseau de ruelles. J'en perdis tout repère tant géographique que temporel juste avant que mon invité mystère ne se soustrayait à ma vue. S'était-il engouffré dans un passage que je n'avais pas décelé ?

Fort heureusement, je ne subissais plus les assauts du rhum et j'avais retrouvé la majeure partie de mes réflexes de chasseur. Dans les ténèbres qui m'entouraient, rien ne bougeait. Ni ne respirait. Si on m'avait volontairement conduit jusque là, je n'allais pas tarder à percevoir les chuchotements du piège sur le point de se refermer. Je fermai les yeux et attendis.

Je ne fus pas déçu. Des frottements pareils à ceux des rats dans les murs se firent bientôt entendre, Les battements d'ailes de chauve-souris brouillèrent l'air du passage. Oh, tu veux jouer. pensai-je. Je souris. Le feulement d'un chat énervé attira mon attention, quelque part sur ma droite. Qui devint grognement puis grondement. Celui qui m'avait mené là par bien des intermédiaires allait se montrer. Je remarquais d'abord les deux braises de son regard perçant. D'un rouge de rubis mauvais, hanté. Je sus immédiatement à qui j'avais à a faire. Un vampire. Comme le démon qui grignotait chaque jour un peu plus sur l'âme d'Hogarth.

Je refermai la main sur le tsuka de mon katana. Je n'avais que peu de place pour me battre et, dans un tel réduit, il valait mieux que je garde mon ennemi le plus loin possible de moi. À l'éclat dur de ma lame, il répondit par un sourire d'une férocité animale qui dévoila ses crocs aiguisés. Je ressentis cette vieille peur familière. Heureusement pour moi, il n'était pas le premier de son engeance que j'affrontais.

La danse mortelle était sur le point de commencer. Mon acier contre son cœur de Loup. Je le narguais :

 " Amène-toi, saloperie ! "

Il ne se fit pas prier, il se jeta en avant, plus ténébreux que la nuit, aussi rapide que l'éclair. Il allait goûter à la célérité de mon daisho.

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