Chapitre 13 : La Prison de Saroige

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Pas elle aussi !

La surprise me fit oublier toute prudence, et je me précipitai vers mon amie. Ou du moins, essayai-je.

A peine avais-je entamé un pas en direction du corps inconscient que je me retrouvais ceinturée par deux bras puissants qui me soulevèrent presque de terre. La respiration coupée, je tentai de me débattre mais ne réussis qu’à provoquer le resserrement de l’étau qui me retenait.

— Elle a besoin d’aide. m’exclamai-je d’une voix plaintive. Je vous en supplie. Faites quelques chose.

— Nous nous en occupons. Tu ferais mieux de te préoccuper de tes affaires humaine.

Le grognement qui me répondit résonna dans la cage thoracique pressée contre mon dos.

Je balançai les jambes pour tenter d’échapper à celui que me maintenait sur place, mais il esquivait mes coups avec agilité. Je frappai donc l’air en vain.

Il soupira:

— Ecoute. C’est soit tu te calmes et je te lâche, soit tu continues et tu risques de fortement regretter de ne pas m’avoir écouté. Tu es sous ma garde pour le temps qu’il te reste à Saroige.

Malgré la mise en garde apportée par la voix grave, je ne m’arrêtai pas pour autant.

Il était hors de question que je laisse mon amie dans une position si vulnérable au milieu de tout ces faes hostiles. Il me fallait à tout prix la rejoindre pour la mettre en sécurité. Simon nous avait quittées il y a quelques jours, je ne pouvais pas perdre quelqu’un de plus.

Un de mes talons rencontra une matière ferme et tira un grognement au soldat.

Il reprit en sifflant entre ses dents:

— Je ne veux pas déjà devoir à te châtier mais si tu continues, je ne vais pas avoir le choix. Les prisonniers sont censés se faire discrets.

Il me posa au sol avec force et mes dents claquèrent les unes contre les autres au moment du choc.

Les mains sur mes épaules me retournèrent face à leur détenteur et il m’assena une gifle magistrale. Ma tête fut projetée sur le côté et je me mordis la langue. Le sang emplit ma bouche rapidement. Sonnée, je clignai des yeux écarquillés.

J’entendis un cliquetis et une masse lourde et froide s’enroula autour de mon cou. Je reportai mon attention sur mon geôlier et serrant la mâchoire.

Il n’avait quand même pas osé. . . ?

Portant une main à ma gorge, je réalisai que mes craintes étaient belles et bien fondées.

Un collier de métal était fermé sur ma nuque grâce à un cadenas. Une chaîne descendant sur mes poignets y était reliée, les maintenant près de ma gorge une fois que les menottes y furent refermées par les mains larges de mon nouveau geôlier.

Je lançai un regard assassin au soldat qui tenait une deuxième chaîne attachée à mon collier de fer dans sa main à la manière d’une laisse.

Il me prenait donc pour son chien ?!

Je vis rouge à cette idée.

Il brossa de ses doigts les quelques mèches couleur mousse qui étaient plaquées sur son crâne et s’étaient échappées de leur lanière de cuir, les callant derrière deux longues cornes de bouc recourbées.

Par la suite, il récupéra son arbalète attachée à sa ceinture et releva vers moi des yeux au pupilles carrées cernées de jaune. Ses oreilles velues étaient baissées et une légère rougeur sur ses pommette pâles capta mon attention.

Malgré sa carrure imposante, il devait faire deux têtes de plus que moi, il dégageait quelque chose de particulier. Presque doux. Chose étonnante pour un gardien de prison.

— Si tu m’avais obéis, je n’aurais pas eu à faire ça. Tu es observée, humaine, et si tu ne respectes pas mes ordres, il y aura des conséquences.

— Je ne menaçais personne !

La moue qu’il me présenta me fit monter le rouge aux joues.

— Je ne peux pas laisser Tre. . .

— Il ne t’appartient pas de t’occuper des autres prisonniers. C’est notre tâche.

En me répondant, il avait balayé l’air dans la direction de l’endroit où était affalée Tressia quelques secondes plus tôt.

On pouvait voir que le sable avait été remué mais son corps avait disparu. Un peu plus loin, le soldat qui s’occupait d’elle la portait vers un baraquement en sale état au toit recouvert de mousse. Au-dessus de la porte était dessinée une chouette, symbole de la déesse des blessés et des malades.

Je pouvais voir les courts cheveux noirs de la jeune femme balayer l’air alors que sa tête pendait vers le sol dans un angle douloureux.

— Qu’est-ce que vous allez lui faire ?

— T’occupe.

Mon interlocuteur se remit en marche vers le cagibis dans lequel avaient déjà disparus tous mes autres compagnons de voyage.

Je trébuchai lorsque le chaine se tendit pour me forcer à lui emboîter le pas.

— Je veux juste savoir ce que vous allez lui faire ! Elle est innocente !

La créature se figea et je rentrai dans un mur de muscle. La collision me tira une grimace de douleur.

— Je t’ai dis de te taire ! Tu veux vraiment t’attirer des ennuis ?!

Je me tus et le suivis en silence lorsqu’il se remit en marche.

Malgré son ton agressif, j’étais étonnée par la gentillesse dont il faisait preuve de part sa mise en garde.

Qu’est-ce qu’un gardien de Saroige pouvait bien garder à me protéger ainsi ? Nous ne nous connaissions pas.

Des claquements sourds attirèrent mon regard vers les pieds du soldat. Ou devrais-je dire, pattes. Au bout de ses jambes poilues en parties découvertes par son pantalon rouge, je pouvais voir des sabots fendus. Il s’agissait donc d’un faune.

Je pinçai les lèvres à cette conclusion. Mère m’avait parlé de ces créatures.

Fervents défenseurs de la cause des Yzareph, ils avaient combattu à leur côtés durant la Grande Guerre.

Qu’est-ce que l’un d’eux pouvait bien faire dans la prison de Saroige ? Et encore plus du côté des soldats ?!

Mes pensées furent bien vite interrompues par l’odeur âcre de la fumée alors que nous pénétrions dans une pièce à la chaleur étouffante. Quelques exclamations de soldats résonnaient alors qu’ils ordonnaient aux membres de mon groupe de se déshabiller et leur tendaient des tuniques qui avaient dû être blanches il y a de ça une éternité.

Alors que j’observai la scène à la recherche de mes soeurs, je les avisai devant une porte cachée un peu plus loin, déjà débarrassées de leurs belles robes de fête.

En me voyant, Nicalina écarquilla les yeux et Elyraje pinça les lèvres. Je baissai la tête en sentant le rouge me monter aux joues. Me passer ce collier et ces chaînes était déjà suffisamment humiliant, mais offrir ce spectacle à mes petites soeurs. . .

Un ricanement résonna lorsqu’un garde lança au mien:

— Et ben ! T’as eu droit à une récalcitrante ? Tu vas t’amuser mon vieux !

Le faune me tira vers une sorte d’énorme poêle duquel s’échappait une épaisse fumée noire en riant avec son collègue. Il s’arrêta un peu plus loin et je suivis son exemple.

— Déshabille toi.

— Pardon ??

Je relevai la tête vers lui en fronçant les sourcils.

— Tu m’as très bien entendu. Et tu as très bien vu ce qui arriverait si tu me désobéissais encore une fois. Tiens toi tranquille.

Il s’approcha et ôta mon collier de fer afin de me laisser libre dans mes mouvements.

— Si tu tentes quoi que ce soit, ce sera à moi de te déshabiller. Et crois moi, je n’en ai aucune envie.

Je lui lançai un regard noir avant de lui tourner le dos en tirant sur les liens qui maintenaient ma chemise fermée. Elle tomba à mes pieds, bientôt suivie par ma jupe et mon jupon.

Alors qu’un courant d’air frais passait sur ma poitrine à présent dénudée, je fis un pas en avant, surprise par un poids sur ma tête. Quelqu’un m’avait jeté une chemise malodorante.

Je m’en emparai et, avec une grimace de dégoût non dissimulée, la passai sur ma tête. Une fois vêtue de cette chose informe et déchirée sur plusieurs endroits, je me retournai vers Cheveux Moussus, qui m’adressa un hochement de tête discret.

— Prends tes habits. me dit-il avant de se tourner vers le feu vrombissant. Mets les dedans.

— Mais. . .

— Tu n’en as plus besoin, ici. coupa-t-il.

Sa voix s’était adoucie quelque peu et il évitait sciemment mon regard, comme s’il avait honte de sa demande.

A contre-cœur, j’obtempérai. Les larmes me montèrent aux yeux alors que le tissu vert de ma jupe se consumait. J’avais économisé des mois durant pour me l’offrir.

Je me retournai vers mes soeurs et entamai un mouvement dans leur direction, avant d’être stoppée nette par le bois froid de l‘arbalète de mon geôlier, qui reprit d’une voix forte.

— Minute, humaine. Ne crois pas que je vais te laisser repartir comme ça.

Cheveux Moussus se plaça ensuite devant moi et replaça mes liens autour de mon cou et de mes poignets.

Il jeta un bref coup d’œil autour de lui avant de se pencher vers moi d’un mouvement imperceptible en murmurant:

— Si tu obéis, tu pourras vivre. Fais toi discrète et ce sera supportable pour toi et ta famille. Je ne te veux aucun mal.

— Que fais-tu ici alors ? lui demandai-je en ricanant.

— Je sers une cause qui nous dépasse.

Il inclina la la tête avec une expression entendue, avant de coucher les oreilles lorsque résonna la voix nasillarde de celui qui l’avait interpellé avant:

— Relahn ! Tu bouges ??

Cheveux Moussus tourna la tête vers son interlocuteur et ricana:

— Elle avait besoin qu’on la remette à sa place un coup. On est prêts. Bouge, humaine.

Mes joues brûlaient et les larmes m’aveuglaient alors que je suivais le dénommé Relahn vers la porte cachée, sous les ricanements de ses collègues.

Il échangea quelques mots avec celui qui venait de l’interpeller avant de passer la porte, me tirant à sa suite. Résonna ensuite un ordre dans mon dos et j’entendis le cliquetis des chaînes qui reliaient les chevilles de mes compagnons sur le sol. Ils me suivaient donc.

Mon geôlier se montrait presque gentil avec moi. Comme s’il jouait un rôle. Mais pour quelle raison ? Il ne semblait pas nous souhaiter du mal mais le dissimulait visiblement à ses collègues. Il aurait certainement des problèmes si quelqu’un découvrait sa duplicité. Il me faudrait voir qui il était vraiment, et ce qu’il voulait. Je pourrais certainement utiliser ces découvertes à son encontre si besoin était.

Je voulus lever une main en visière lorsque le soleil m’éblouit mais fut bien vite interrompue par les menottes qui la maintenait sous mon menton.

Alors que je plissais les yeux en marquant un petit temps de pause, Relahn me tira en avant et je grognai en le suivant. La douleur me tira un insulte que je regrettai instantanément.

— Abruti.

— Je t’ai entendue. . .

— Je. . .

Je fermai la bouche en priant pour qu’il ai été le seul et qu’il ne perde pas toute sa patience avec moi. J’allais devoir faire attention à ce que je disais au sein de cette prison.

Les prisonniers de retournaient sur notre passage pour nous observer. Ils ne devaient pas souvent avoir d'aussi grandes arrivées.

Un grincement me fit relever la tête et je gravis les marches de bois décrépites à la suite du faune pour pénétrer dans un baraquement remplis de lits.

Enfin. . . lit était un bien grand mot.

Les planches montées sur deux étages et recouvertes de couvertures aussi fines que du papier permettaient de mettre le double de personnes dans la grande masure de bois.

Nous fûmes dirigés tout au fond par nos gardiens, là où nous pouvions déjà sentir que l’air n’arrivait qu’avec grande difficulté au vu de l’odeur de renfermé qui emplissait cette partie du bâtiment.

Relahn attacha mes entraves au bois d’un lit avant de s’éloigner en silence. Une fois que les autres humains furent eux aussi entravés contre les différentes planches qui leur étaient attribuées, le fae qui avait appelé mon geôlier se plaça au milieu de l’allée, les bras croisés.

— Bien ! Vous êtes désormais des prisonniers de Saroige. Rien ne sert d’essayer de vous échapper. Comme vous l’avez vu, chaque porte est gardée, et des chemins de ronde entourent toute la prison. Nous vous voyons où que vous alliez. Chacun d’entre vous s'est vu attribuer deux gardes qui se relaieront pour vous surveiller. Vous avez interdiction de vous déplacer seuls, sinon, c'est le fouet. Vous avez interdiction de comploter, sinon, c'est le fouet. Vous devez respecter les heures, sinon, c'est le fouet. Vous devez obéir aux ordre, sinon, . . .

Il me lança un regard appuyé et je courbai la nuque.

— Me suis-je bien fait comprendre ?

Nous hochâmes la tête de concert en silence.

— Très bien. Profitez bien de votre dernière journée de fainéantise.

Puis, il s’éloigna en claquant la porte.

Un sanglot résonna dans la pièce devenue silencieuse.

— Chut, Nica. Ca va aller. chuchota la voix d’Elyraje. Nous allons trouver une solution.

— Mais. . . Tressia. . .

— Elle va s’en sortir. ajoutai-je en me penchant vers elle. Ils vont la soigner. Le roi a demandé à ce qu’on reste tous en vie pour pouvoir nous interroger. Ca nous laisse un peu de temps.

— On va pas le rester longtemps si vous faites un bruit pareil, traitresses.

Je me retournai vers l’homme qui venait de parler avec un regard noir.

Les cheveux grisonnants, il devait avoir au moins cinquante ans. Le bleu qui gonflait et s’étendait sur toute la partie gauche de son visage le défigurait. Je le reconnus immédiatement comme étant celui qui avait craché durant l’interrogatoire que le prince m’avait fait subir. Et bien sûr, à mon grand plaisir, il fallait qu’il soit installé sur la couchette à côté de la mienne.

***

Le haut de mon crâne me brûlait douloureusement alors que le soleil le tapait sans relâche. Je passai la langue sur mes lèvres pour tenter de les humidifier, mais en vain. Cela faisait depuis le maigre repas de ce matin que nous n’avions rien pu avaler.

A Saroige, la corne nous sonnant le réveil tonnait avant le lever du soleil.

Nous commencions la journée par un repas frugal composé de pain rassis, de quelques verres d’eau et d’un fruit souvent bien abîmé. J’étais persuadée qu’il s’agissait des restes de nos gardes de la veille.

Le second et dernier repas de la journée avait lieu après que l’astre se soit dissimulé à l’horizon et que nous ayons trimé toute la journée.

Il n’était pas beaucoup plus nutritif, même si nous avions généralement droit à des oeufs en plus. Le Gardien avait tout de même besoin que nous ayons un minimum d’apports nutritifs s’il souhaitait que nous lui sortions des rubis des Carrières.

Un claquement me fit lever la tête et j’aperçus Bleu, c’est ainsi que j’avais renommé mon voisin de lit, allongé au sol. Son garde attitré le surplombait, un fouet à la main.

— Bouge ton cul, incapable ! résonnait sa voix dans toute la carrière.

L’homme se hissa sur ses deux jambes difficilement et je pus voir de ma position la douleur se peindre sur son visage.

La chaleur et le manque de nourriture commençaient à avoir raison de nos maigres forces.

De plus, les quelques heures de sommeil que nous arrivions à grapiller étaient souvent entrecoupés par les ronflements et chuchotements de nos compagnons de maisonnée qui tentaient de prévoir leurs évasions prochaines. Ils se faisaient malgré tout attraper à chaque fois.

En quatre jours, nous avions déjà pu assister à six flagellations. Un spectacle éprouvant.

Alors que cela faisait deux minutes que je fixais Bleu et son garde sans bouger, Relahn passa derrière moi et effleura mon dos. Je tressaillis violemment et me tournai vers lui. Il me chuchota de me remettre au travail, ordre auquel j’obéis sans discuter.

Le travail dans les Carrières de Rubis était éreintant. Une pioche à la main, nous devions frapper et gratter la terre jusqu’à découvrir le précieuse lueur rouge du joyau. Une fois celle-ci aperçue, nous devions l’extraire avec délicatesse. Toute pierre abîmée perdait de sa valeur et si c’était le cas, nous nous faisions priver de repas par le Gardien Rayzal.

” Il faut bien rembourser ce que vous me faites perdre.” disait-il.

Toute à mes ruminations, je me concentrai sur ma tâche. Je sentais la sueur perler le long de mon dos et piquer les plaies de mon dos qui n’arrivaient toujours pas à se refermer.

Un gémissement franchissant mes lèvres, je me redressai pour m’approcher d’un nouveau monceau de terre dans l’espoir de découvrir une des précieuses pierres.

Au contraire de lorsque nous en abîmions une, si un rubis en bon état était extrait, nous avions la chance de pouvoir prendre une douche le soir même. C’était un luxe pour lequel nous nous battions chaque jours.

Nous étions tous recouverts d’une poudre rouge scintillante causée par l’extraction des pierres précieuses, qui s’infiltrait même dans les recoins les plus privés de nos anatomies.

Jusque la, les trois pierres que j’avais découvertes avaient servi à Nicalina et Elyraje, qui trimaient tout autant que moi.

Nica pleurait tout les soirs dans nos bras. Ses petites mains délicates étaient recouvertes de cloques remplies de sang. Nous tentions de les bander du mieux possible sans grand succès quant à leur protection. De plus, Relahn avait eu la gentillesse de fermer les yeux sur ma chemise qui se raccourcissait peu à peu, mais je savais que je n’allais pas pouvoir le cacher bien longtemps.

A la différence du faune, mon second gardien se montrait cruel et sans pitié. Par chance, il ne m’avait surveillée que deux jours. Jours que j’avais terminés recouverte de bleus qui parsemaient à présent mon corps de teintes jaunes et vertes.

Le seul point positif à la fatigue qui m’assaillait sans relâche était que je n’avais plus assez d’énergie pour rêver de Simon. Son absence voilait mon cœur d’une tristesse omniprésente.

Tressia, elle, n’avait pas encore émergé de l’infirmerie.

J’avais tenté d’interroger le faune et la seule information que j’avais pu en tirer était qu’elle se remettait petit à petit et serait bientôt envoyée dans les Carrières.

D’un côté, je m’accrochais à la joie de savoir que mon amie allait mieux. Mais de l’autre, je redoutais de la trouver dans les carrières, où sa plaie pourrait très bien s’infecter à nouveau.

Je titubai alors que le monde tournait autour de moi. Le manque d’eau commençait à avoir raison de mes forces, mais je ne pouvais en quémander plus, sous peine de risquer une punition.

Rares étaient les étendues d’ombres et plus rares encore les occasions de s’y reposer.

Alors que je détendais brièvement mon dos en inspirant pour tenter de rendre sa netteté à ma vision, je détaillai la plaine qui m’environnait depuis quatre jours.

Une vaste étendue de terre caillouteuse s’étendait à perte de vue où que je me trouve dans les Carrières. La chaleur créait des vagues s’élevant du sol et je pouvais voir au loin d'autres prisonniers s’attelant à l’extraction des Rubis.

Assis sur une pierre dans une attitude nonchalante imitant celles de ses collègues gardes, Relahn gardait un œil sur moi. Je ne comprenais pas pourquoi il se montrait aussi gentil avec moi mais n’allais pas m’en plaindre. Toute aide était bonne à prendre à Saroige.

J’essuyai mon front du revers de la main et grimaçai en sentant le mouvement tirer sur mon dos duquel irradiait une chaleur désagréable. Je haletai en chancelant et vis le faune se lever vivement.

— Qu’est-ce que tu me fais humaine ? Tu joues à la malade ? Aucun congé ne te sera octroyé par pitié tu sais.

Malgré le ton dur que la créature tentait de maintenir envers moi afin de donner le change, son regard ne pouvait masquer l’inquiétude qu’il ressentait.

— Je m’y remets tout de suite, Monsieur. balbutiai-je avant de me pencher en avant.

Le noir m’envahit.

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