Chemins de traverse
On peut choisir d’ignorer totalement l’éternel retour, c’est le parti pris de l’immense majorité de l’humanité.
Pourquoi se soucier de milliards de vies que nous ne vivrons jamais, de milliards de moi que nous ne croiserons jamais ?
Je comprends et j’accepte ce point de vue, mais ce n’est pas le mien.
J’ai un goût certain pour les chemins de traverse (au point d’avoir donné ce nom à l’un de mes recueils de poèmes).
J’ai toujours eu le sentiment qu’il y avait autre chose que cette petite vie bornée et impatiente que l’on nous force à suivre et à accepter.
J’ai cherché toute ma vie cet «ailleurs» : dans la religion , la philosophie, l’amour, le sexe,la poésie, l’écriture, l’histoire, l’astrophysique.
Je mentirais en disant que tout cela a été vain : Dieu merci, j’ai vécu !
Mais ce n’était pas vraiment cela, je soulevais un peu le couvercle mais je ne sortais jamais vraiment de ce cloaque où je vivais confiné, cerné par la médiocrité.
Oui j’ai trouvé, j’ai enfin trouvé mon «chemin de traverse».
Pour être franc j’attendais un accueil chaleureux de mes pairs.
Je me rends compte que cette idée est loin de soulever l’enthousiasme : c’est la marque des vérités qui dérangent.
Lectrices, lecteurs, je ne suis pas un gourou et je ne vous lancerai nulle anathème, si vous ne me suivez pas sur ce chemin.
En revanche je prendrai plaisir à faire quelques pas en votre compagnie.

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