IV
— Elle va me le payer cette garce de Lydia Marshall ! Cette Sainte Nitouche, va voir de quel bois je me chauffe, maugréait Letty Carmen, alors qu’elle s’éloignait du bar de la maison pour aller rejoindre sa sœur jumelle Johanna.
Et quand elles se rejoignèrent enfin. Rien qu’à voir la mine qu’avait Letty, sa jumelle avait de suite compris que quelque chose ne tournait pas rond. Johanna lui demanda :
— J'imagine que c'est encore à cause de Mendès ?
Mais à la place de lui répondre, elle prit subitement le verre que tenait sa sœur :
— Tu permets ?!
— Ai-je vraiment eu le choix, avait-elle répliqué en voyant Letty boire son verre de sky cul sec.
Et quand elle eut fini, elle en demanda deux autres à ses copines. Copines qui obtempérèrent sans discuter, car toutes deux étaient les leaders du groupe de pompom girls. Quand l’une d'entre elles revirent avec deux verres en main, elle se fait jeter d’un simple geste, synchrone, par les jumelles. La pauvre recrue, Jordana, vexée, n'avait su quoi répondre, mais si elle avait pu, je pense qu’elle aurait répondu.
Mais c’était ainsi fait, lorsque l’on était nouvelle dans une confrérie de la sorte on se faisait bizuter et pire encore. Et après cela, Jordana s’éclipsa en voyant que les jumelles l’avaient ignorée. Et comme cette jeune fille du nom de Donatella partie, avec en tête sa vengeance.
Et ce fut dans le plus grand secret que la jeune blonde à l’allure d’une bimbo avait appelé la police, deux heures après qu’elle soit bien loin de cette soirée. Disant à la police disant que de la drogue circulait et d'autres substances illicites pour des jeunes de moins de vingt et une années. Et comme, elle apprécie fort bien Judith, face à sa belle confrérie de pétasses en furies, elle avait ordonné à son frère de passer par là au cas où elle se ferait arrêter par la police et son frère était policier, mais ce soir, il était de repos.
Et il fallait croire que ces deux-là s'adorent sans commune mesure, son frère était bel et bien sa seule famille, ayant perdu ses parents dans un accident de voiture, elle s’était rapprochée de son grand frère âgé de vingt-cinq ans. Et lors de son appel après, elle rappela son frère et lui donna leur description physique et vestimentaire.
Ce fut ainsi que le jeune Davy Donatella avait croisé ses deux demoiselles dans le pétrin, surtout que l’une d’elles avait abusé de la boisson et ce fut lorsqu’il les retrouva errantes en direction du campus qu’il les avait pris dans sa Mustang.
Et Davy était resté silencieux tout au long du trajet et sans même le savoir, il avait non seulement sauvé d’une belle amende à Judith et aussi était tombé sous le charme de son amie, Lydia Marshall. Et quand il put enfin les ramener au campus, il les salua chaleureusement et fit un sourire enchanteur à Lydia alors que Judith était en train de retirer ses escarpins carmin car, elle lui faisait mal à cause de leur marche.
C'est ainsi que ces deux amies eurent l’occasion de rencontrer leur ange gardien qui s’était avéré bien plus que cela, une admiratrice les appréciait dans le plus grand secret, car, elle trouvait Judith si belle et gracieuse, voire même chaleureuse que par moment elle l’enviait.
Bien évidemment, Judith n’était pas au courant d’une telle admiration qu’une fille avait pour elle, mais comment vous dire ? Tout allait être révélé au goutte à goutte comme une poche de perfusion collée à son avant-bras. En attendant, Judith s’était endormie à poings fermés ce vendredi, tandis que Lydia repensait à Davy les étoiles pleins les yeux. Et elle eut même du mal à les fermer tant que son esprit cogitait.
Mais quand enfin elle fermait les yeux, l’heure avait passé et de vendredi, on était passé à samedi depuis au moins trois heures déjà. J’avais fini par m’endormir et notre réveil fut pour moi plus doux que pour Judith qui se plaignait d'un mal de crâne et prit un cachet de bon matin afin de débuter sa journée. Et comme toujours, elle me réveilla aussi doucement que possible en me révélant ceci :
— Tu sais quoi ? J'ai bien réfléchi avant de dormir. Le mec d’hier soir, je crois qu'il en pinçait pour toi ?
Et cela m’avait percuté voire même rassurée, car je pensais qu’elle serait peut-être jalouse. Alors que pas du tout. Finalement, je fus plus que soulagée, car je n’aurais pas supporté que l’on se fâche pour un homme et encore moins un inconnu. L'instant d'après, elle décida de préparer un café et le petit déjeuner pour que l’on puisse en discuter.
Il était vrai que je ne rencontre aucun homme sauf exception, mais cela terminait toujours en amitié, alors que là, j’avais enfin et peut-être trouvé chaussure à mon pied. Je m’étirais tranquillement fit ma toilette du matin en prenant soin de me brosser les cheveux et les dents, pendant que Judith préparait le café et le reste.
Et lorsque j'eus enfin fini, elle se rua dans mes bras comme pour me féliciter toute excitée comme une gosse devant son cadeau de Noël. C'était vrai que pour une fois, Judith ne m’avait pas fait de l'ombre et on commençait à se refaire la soirée, jusque dans les moindres détails. Ainsi, débuta notre samedi, alors que le réveil sonnait tout juste 10 h 00 avec en prime un grand soleil pour éclairer notre matinée.

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