IX
Chez Roger, il y avait foule de jeunes notamment des Mexicains et autres latinos, probablement de membre du groupe, de gang qui étaient venues eux aussi se rassasier, quand on vous dit que le crime ne paye pas, ce n’était pas un fait, mais une réalité. Cela je l’avais pensée, bien évidemment, moi Lydia qui gardait toujours ma langue dans ma poche pour ne pas attirer les masses et surtout les emmerdements. Mais il fallait croire que l’un d’entre eux s’était démarqué du lot et nous avait cédé sa place. Galant pour un tel type ? Pourquoi pas, ce brun à la peau mât, semblait être le leader et avait d’un signe de tête donné l’ordre de nous laisser passer devant tout le monde et tous obtempérèrent sans sommation, même les filles.
— Bonsoir, vous désirez ?
— Trois burgers, frites et coca.
Classique, mais ô combien efficace et aussitôt dit que nous étions déjà servis. Nous avions pris pour le coup une place à l'intérieur du snake. Chez Roger, finalement l’ambiance était plutôt latine, quoi que, j’eus compris que c’était un repère de gangster, mais Jordana, s’en fichait pas mal et elle m’avait dit :
— Peut-être remplis de bad boys, mais au moins on à la paix.
— Je valide ! avait répondu Judith.
Quant à moi, j’avais déjà des frites plein la bouche et il fallait croire qu’elles étaient bonnes. J’avais compris ce pour quoi, ce restaurant avait mauvaise réputation, le racisme des blancs devait y être pour quelque chose. Certainement même. Ce fut en buvant mon coca à la paille que j’avais aperçue du coin de l’œil le jeune latino qui nous avait fait passer en premier, me faire un signe de tête pour signifier sa bienvenue. Puis, j'ai pensé - craquant pour un bad boy. Et je lui ai souri, histoire de le remercier pour sa présentation. Quant à un moment, il se leva de son siège et se dirigea vers nous avec sa démarche métronomique, il venait, sûrement,pour nous souhaiter la bienvenue chez Roger. Et quand il fut au plus près de nous, il nous avait accostés avec son accent hispanique :
— Merci de votre présence, vous savez, Roger, c’est mon oncle et ne croyez pas tout ce qu’il se dit sur lui, je vous prie.
Ce fut Judith qui répondit la première :
— Tu sais, on s’en fiche des préjugés et puis j’ai bien compris que c’était du racisme tout cela. N’est-ce pas les filles.
— C’est clair, avait-on dit en chœur.
Finalement, il était plutôt charmant.
— Moi c’est Roberto Alvarez, j’espère que vous reviendrez encore, je vous laisse et profitez de la clim, même si dehors il fait bon, à l’intérieur c’est plus chaleureux.
Après présentations de nous autres, il repartit toujours avec sa démarche métronomique et j’avais remarqué qu’il n’était pas tatoué en tout cas pas sur les bras ni sur d’autres parties de son corps visible. Puis quand il sortit du magasin, je vis qu’il avait une belle voiture, presque la même que celle de Davy le frère de Jordana qui semblait se régaler. La Ford Mustang de ce beau latino était propre et ses jantes étaient chrome. Je me demandais à l’instant si une histoire d’amour était possible avec un tel homme. Et je me plongeais dans mes rêves de gamines me voyant avec ce beau Roberto Alvarez roulant sur les routes pour nous diriger vers le Mexique afin de visiter du pays… puis, j’avais soupiré. Chose que Judith avait remarqué et avait fini par me demander :
— Craquant ce Roberto, n’est-ce pas, chère ?
Face à son propos, j’avais rougi et je ne savais plus où me mettre.
— Et au moins il a ton âge, avait-elle ajouté.
À cela, je lui avais signifié mon mécontentement et lui avais mis un petit coup de pied sous la table.
— Mais, t’es folle ! Tu m’as fait mal.
Jordana loin d’être stupide comme sa horde d’acrobates avec compris et on avait ri de bon cœur, finalement, j’avais craqué sur un homme qui semblait aussi si ce n’était plus charmant que Davy. Et surtout, il avait environ mon âge. Et quand nous repartîmes, j’étais rêveuse, aux anges après avoir bien mangé et bien bu. La soirée allait s’annoncer sous le joug du charme latino. J'espérai seulement qu’il ne connaissait pas les jumelles Carmen. Mais comme on dit le monde pouvait être petit, mais j’avais l’intime conviction que non. Jordana nous quitta devant le campus et m’avait dit :
— On y reviendra chez ce, Roger, si tu veux Lydia.
J’avais encore rougi. Décidément, j’avais vraiment un détecteur physique en moi. Mais c’était ainsi que j’étais fleur bleue. Et après on s’était séparé sourire aux lèvres tandis que Judith et moi nous dirigions dans notre chambre, je planais.

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