Acte 2 - Gazoze & Asteria

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A la frontière entre l'Union de Celtana et l'Empire de Valgia

Gazoze avait fait préparer sa voiture et avait traversé la zone de combat qui aurait dû être zone neutre… C’était enfin la nuit sur la ville… il se faisait conduire vers un lieu tenu secret pour un rendez-vous qui, il l’espérait, pouvait changer la donne et le sortir de cette position scabreuse en rejoignant le plus fort des deux camps… et c’était la nuit noir sur la ville…

Il avait patiement attendu que le soleil se couche et que les âmes dansent dans la nuit pour son rendez-vous qu’il espérait conclure par un pacte de sexe… la nuit dans la ville, au détour d’un parc. Toute la journée il n’avait fait que somnoller, il n’en pouvait plus de l’inaction… son impatience avait pris le dessus, son plan machiavélique le rendant fort… il savait ce qu’il avait à faire, ce soir il vendrait les âmes au diable…

Et cette nuit était l’instant de l’action, il savit qu’il était temps de céder aux temptations du royaume des plus puissants, il était prêt à tout donner si tant est qu’il garde un rang, qu’il puisse redevenir puissant.

Oh oui, le soir et les âmes qui dansent dans le noir… il l’avait attendu, marcher sous la lune et pactiser au détriment des siens… la nuit d’été comme trahison suprème…

Il avait fait le nécessaire et maintenant il ne voulait plus faire demi tour. Seul un fou pouvait avoir ces ambitions… et personne ne pleure un dictateur qui se meurt. Il aimait l’odeur du pacte à venir… il sentait, pour lui, un meilleure avenir…

Et la nuit était venue, il était temps de passer à l’action, il ne voulait plus résister à la tentation de trahir et rejoindre les plus forts… et demain à l’aube, quand les oiseaux chanteront, il n’y aura plus personne pour se souvenir de sa trahison. Tout était comme dans un rêve, il pouvait presque le toucher des doigts…

Par manque de chance, ou par le hasard lié aux traitres, son trajet avait été rapporté à Astaria qui avait pris les devants et l’attendait… bien décidée à ne pas l’écouter, lui qui brandissait des armes à projectiles, qui ne respectait pas la nature et encore moins la magie que ses propres sujets. Astaria n’avait qu’une envie, qu’il arrive, le confronter et le renvoyer chez lui… car elle en était certaine, si quelqu’un avait réveillé le mal, il se cachait forcément chez les faibles se prétendant neutre… mais prêt à abattre chacun de ses hommes même s’ils venaient porter secours aux nécéssiteux.

Gazoze arriva enfin au point de rendez-vous, il avait laissé son chauffeur un peu plus loin, nul besoins de témoins… Il pensait retrouver Enorielle…

Une silhouette émergea d’un recoin sombre… même uniforme bleu aux larges pans, aux coutures d’or, des protèges tibias et des épaulettes en argent, un pan de tissus bleu noble bouttonné à gauche et à droite sur le torse laissant apparaitre un col de chemise blanche et une cravate rouge vif… une poitrine généreuse. Sa veste flottant au vent, ses quatre coutures lui donnant encore plus de prestance… et le fourreau de son épée en or et obsidienne reflétaient la lueur de la lune… les manchettes de sa chemise retroussées sur ses bras, dégageant ses poignets, ses mains à peine gantées de noir ne couvrant que ses doigts et le début de ses paumes… et surtout son épaulette droite, insigne de son rang démontré par le nombre de plaque fine et la longueur de la chaîne principale, ses décorations affichées par de plus petites pendantes, représentative de son ascension au sein de son clan, preuve du respect qui lui était dû.

Mais Enorielle ne serait pas arrivée la lame tendue vers lui de manière menaçante… et ce ne fut que lorsqu’il tomba au sol, horrifié de constater qu’ Astaria s’était déplacée elle-même qu’il la reconnu… son visage allongé, ses yeux noisette, ses cheveux bruns tombant sur ses épaules… et certainement pas en tenant ces propos.

- Je t’attendais, mon cœur hardant de te voir… J’attendais un amant pas un mendiant !

Astaria se tient droite devant Gazoze au sol - Je veux du concret, pak ma ra … ce soir, il me faut du vrai…

Elle le pointait du bout de son épée, l’empêchant de parler ou d’exposer son propos.

Gazoze était terrifié, qui, pourquoi… C’est Enorielle qui aurait dû être là pour sceller leur pacte et l’infiltrer dans le royaume elfique comme éminence grise… et le voilà poussé dans la boue par la petite reine Astaria, non pas qu’il la méprisait, mais devoir échanger avec « elle » après les conflits servant à garantir une zone libre et l’échec cuisant qui en était ressorti le mettait mal à l’aise.

- On m’avait parlé d’un amant qui cherchait la rédemption, pas d’un traitre à sa propre nation. J’étais prête à écouter un écœuré pas à valider une trahison… faire une trêve et sauver les tiens, pourquoi pas… les sacrifier certainement pas, encore moins pour toi !

Gazoze balbutia… et Astaria cessa de le menacer de son épée, qu’elle gardait malgré tout à la main, comme une menace prête à fondre sur l’impertinent face à elle.

- Attend… attend… laisse-moi t’expliquer… qui va tu croire ? que vas-tu croire… je te pose la question, tu ne veux pas de ce que j’ai à offrir ? Tu n’imagines pas ce qu’il y a derrière moi… l’argent, les machines… à nous deux on pourrait renverser le cours des choses… ensemble on pourrait… faire pencher la balance, être plus fort que les autres alliances… si on se mettait ensemble…

Continue, dit Astaria, sur un ton neutre, ne croyant pas un seul mot de Gazoze… mais son code d’honneur lui imposait de l’écouter, comme il était à terre, la sincérité devait être de mise, et on ne condamne l’ennemi au sol qu’après qu’il se soit expliqué, par tradition.

- L’argent, les armes… des troupes pour ne pas sacrifier les tiens… donne-moi ton prix. Tu peux tout avoir si je deviens l’éminence grise. Mais rien, et je dis bien rien, ne serait plus puissant que toi et moi bottant le cul de la faction d’en face… c’est facile, laisse-toi aller et range ton arme… on le signe et on devient fort dès ce soir !

Astaria lui répondit, sur un ton des plus neutre et sans émotions…

- Je sais que tout découle de l’un de vos alliés, je sais que tu es corrompu… et que je ne peux TE faire confiance. C’eut été n’importe qui d’autre venant plaider la cause de la guilde, je lui aurais donné une chance… mais à toi…

Ni l’un ni l’autre ne détournait le regard… et au vu de la réponse d’Astaria, Gazoze tenta l’impossible. Il détourna les yeux, puis la tête… Astaria suivi le mouvement… et lorsqu’il voulut se saisir de sa dague, Astaria lui entailla le bras.

- A toi, certainement pas, petit dictateur, empereur qui voulait sacrifier les siens pour sa gloire ! Adieu, dit elle en tournant les talons. A ses yeux, Gazoze était vaincu, humilié, au sol, blessé. Le combat était terminé.

Elle repartit comme elle était venue, disparaissant dans l’ombre, tandis que Gazoze souffrait au sol… il n’avait plus qu’une chose à faire, rentrer… et prier pour que personne ne se soit rendu compte de son absence… bien qu’il se doutât qu’un traitre avait dû vendre la mèche, il le trouverait… il lui ferait payer… dès le lendemain.

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