Chapitre 15

6 minutes de lecture

Aédan

Samedi vers 18h17 …

Je n’y tiens plus, j’envoie un SMS à Suzie avant de prendre la route pour être sûr qu’elle n’a pas changé d’avis.

[Bonsoir Suzie,

Tu es prête pour le grand bal

Pas trop stressée ?]

[Bonsoir, comment avez-vous eu mon numéro ?

Presque, je ne serai pas en retard ! Attention Cendrillon doit être

rentrée pour minuit.]

[Je suis impatient de

voir la tenue que tu as choisie.

Décolleté ou dos nu ? Jambe fendue ?]

[Minuit c’est tout ? Ta marâtre est sévère.]

[Maddie est ma source, je l’ai menacé,

ne lui en veux pas.]

[La patience est la mère de toutes les vertus.]

[Je vous rappelle qu’il s’agit d’une soirée de gala à laquelle votre assistante vous accompagne. Rien de plus.]

[Je ne lui en veux pas. C’était sous la contrainte.]

[La patience n’est pas ma plus

grande vertu.]

[Tant mieux si la robe est sobre,

je pourrais alors mieux me concentrer

sur les discussions de ce soir.]

[Très bien donc si vous ne voulez pas que je sois en petite culotte à l’arrivée de Charles, il va falloir me laisser tranquille pour que je finisse de me préparer.]

[Comment veux-tu que je sois

sage alors que tu me parles de ta

culotte ! Soit ponctuel s’il te plaît.]

[Désolé pour la culotte.]

[La patience tue l’envie car quand le feu

ne trouve plus rien à dévorer,

il se dévore lui-même.]

[Je ne voudrais pas vous retrouver consumer alors laissez-moi tranquille !]

Cet échange est le plus long et le plus sensuel que nous ayons eu depuis notre rencontre. Je l’ai trouvé plus à l’aise par SMS, voire un peu coquine. Ce n’est pas du tout pour me déplaire. Je sais que je la trouble quand on se retrouve face à face. Entre écrans interposés, la timidité s’évapore. D’ailleurs, je la soupçonne de m’éviter. Maintenant que j’y songe, il lui arrive souvent de sortir du bureau dès lors que je venais voir Maddie. J’admets que toute excuse est bonne pour me rendre dans leurs bureaux rien que pour entrapercevoir le rose monter aux joues de Suzie. Maddie ne semble pas s’en être aperçue, elle ne m’a fait aucune remarque. Je suis surpris d’ailleurs. Pourquoi elle ne me dit rien ? Elle ne serait pas privé de me le faire remarquer en autre circonstance. Les hormones l’ont rendu moins affuté pour mon plus grand plaisir.

Suzie fuit quasiment à chaque fois mon regard pour garder contenance. Sauf que je préfère la voir perdre ses moyens, c’est beaucoup plus jouissif pour moi. Je reste frustré quand je n’arrive pas à saisir son regard. Lorsque je le capte, ma queue s’emballe, elle se gonfle d’honneur comme si Suzie allait me céder. Je la rêve en train de s’offrir à moi, ses cuisses grandes ouvertes me laissant l’aborder et lui procurer autant d’émotions qu’elle n’en supporterait.

Calme toi garçon !

***

19h57 …

Je n’arrête pas de regarder ma montre. L’heure du rendez-vous est proche. Je me retrouve comme un adolescent attendant son rencard trépignant d’impatience. Je fais les cents pas, je suis nerveux, j’ai les mains moites.

Deux hommes m’accostent. L’un des deux est un client et le second est l'un de nos collaborateurs.

- Bonsoir Aédan, vous attendez quelqu’un ? dit le client.

- Bonsoir M. ROSSI, bonsoir Jérémy. Oui en effet, ma cavalière. Comment se passe votre soirée Messieurs ? Dis-je pour détourner la conversation.

- Agréablement dit M. ROSSI avec son accent italien.

- Jérémy vous a-t-il fait la présentation du staff qui s’occupera de votre filiale italienne ?

- Non pas encore, je voulais vous saluer avant. Nous avons tout le temps nécessaire pour parler travail. Je souhaitais me détendre et profiter un peu de cette soirée qui sait peut être y ferais-je une rencontre, dit-il d’un ton aguicheur.

- Dans ce cas Jérémy ne manquait pas à votre devoir dis-je en souriant. N’oubliez pas de faire les présentations avec Aurélie, chef de projet ? Dis-je en espérant que M. ROSSI saute sur l’occasion.

Jérémy comprend vite que je cherche à me débarrasser de M. ROSSI. Mais celui-ci ne paraît plus être avec nous. Physiquement il est là devant nous mais son esprit est ailleurs. Il se met à sourire bêtement et à émettre quelques sons inaudibles en italien. M. ROSSI revient avec nous et il nous demande si nous connaissons cette créature qui à l’air perdue dans le hall de l’entrée. Je me retourne le sourire aux lèvres, amusé, car M. ROSSI est un homme qui apprécie les belles choses. Il a presque 60 ans mais court toujours après l’amour comme il aime à le dire. J’étais loin de me douter qu’il était tombé sous le charme incontestable de ma Suzie.

Suzie est là, devant moi. Elle est magnifique dans cette robe longue couleur bleu nuit, de la dentelle sur le bustier se prolongeant dans le dos tout en transparence, elle est fendue sur une jambe à mi-cuisse. Très sexy et très élégante. Je connais certaines femmes ce soir qui vont être jalouse de ma cavalière. Je suis tout excité comme un gamin dans un magasin de bonbons.

Elle me cherche mais ne me voit pas. Elle m’attend dans ce hall haut de plafond. Elle admire l’architecture du lieu de réception tandis que mes acolytes et moi même nous l’admirons, elle. Elle pourrait paraître perdue dans l’immensité de ce hall mais elle est éclatante, on ne voit qu’elle. Je m’excuse auprès de M. ROSSI et je m’approche de Suzie.

- Tu es sublime ce soir !

- Oh, merci. Maddie m’a un peu aidé. Je suis nerveuse désolé. Je tremble de partout même si Annie et Maddie m’ont coaché sur l’attitude à avoir.

- Tu es parfaite ce soir. Ne sois pas impressionné. Beaucoup d’hommes vont m’envier ce soir et beaucoup de femmes te jalouser mais garde la tête haute et ne montre pas tes faiblesses. Tout se passera bien, alors.

Elle inspire profondément, lève la tête et fixe la foule. Je la regarde avec amusement.

Elle est prête. J’attrape sa main et la pose sur mon avant bras pour l’inviter à entrer dans la grande salle. Mon sexe se tend légèrement à son contact. Elle hésite, je lui souris discrètement et elle se lance dans l’arène.

Son cœur bat si fort que je le sens cogner sur mon bras. Je suis un connard parce que je me délecte de sa naïveté. Non, je ne suis pas masochiste. C’est juste qu’elle me renvoie comme un miroir mon manque de lâcher prise. J’ai besoin de pouvoir contrôler tout ce qui m’entoure pour ne plus souffrir.

Je ne suis pas doué en amour et en relation de couple. Mon énergie est gaspillée et j’y perds de ma sérénité. Je dois accepter mes limites, ne plus douter et me faire un peu plus confiance. Ma peur du rejet ne doit plus m'empêcher d’avancer. J’étais et je ressens encore de la méfiance en ce qui concerne les sentiments de mon ex-femme. Par contre Suzie m’inspire une confiance que je n’ai jamais eu avec mes autres partenaires. Est-ce pour cela qu’elle m’attire ? Tout semble si simple avec elle.

Je fais les présentations avec M. ROSSI qui nous attendait se délectant de la vision féerique de Suzie. Je suis dans la contemplation de cette femme magnifique qui est à mon bras. Elle est avec moi ce soir et je compte bien la garder toute la soirée auprès de moi. Les présentations faites, je nous excuse en prétextant que nous sommes attendu, ma cavalière et moi même. M. ROSSI nous laisse partir à regrets en nous souhaitant une soirée divertissante à Suzie. Nul doute qu’il pense revoir Suzie plus tard dans la soirée. J’ai la certitude qu’il me faudra garder mon assistante à mes côtés si je ne veux pas me laisser envahir par le regret.

Suzie est canon dans cette robe. Si Greg avait pu assister à cette soirée, on aurait dû se défier en duel pour savoir lequel de nous deux aurait été digne de sa main. Je ne suis ni un homme des cavernes ni un homme possessif. Mais devant la beauté de Suzie ce soir je ne pense pas réussir à me maîtriser face aux autres individus qui tenteraient de la séduire. De plus, je lui ai fait une promesse, celle de faire barrière de mon corps pour la protéger des assauts peu scrupuleux des invités indélicats.

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