De nouvelles envies

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Elle entra avec une facilité déconcertante dans un tourbillon de fêtes, de soirées toutes plus grisantes les unes que les autres. Stella l’entraîna dans son sillage. Elle avait un carnet rempli de contacts toujours prêts à organiser des réceptions et collectionnaient les invitations.

Au fil des jours, elles se trouvèrent un vrai point commun, leur goût pour les virées nocturnes. Marielle avait acquis une assurance nouvelle, elle se laissait aller, n'avait plus peur de porter des décolletés. Elle avait adopté le langage des trentenaires festifs. Elle côtoyait les DJs, les influenceurs locaux. Elle était à l'aise avec tout le monde.

Les deux complices rentraient rarement avant cinq heures, épuisées et hagardes. Elles ne parvenaient même plus à marcher. Elles titubaient sur le trottoir. Chacune se moquait de l’allure de l’autre. Leurs rires nerveux résonnaient de façon étrange. Les rares passants témoins de leur nuit de débauche les laissaient passer avec un air outré.

Elles appelaient alors un taxi et rentraient chez elles. Parfois, elles restaient ensemble jusqu’au lendemain. Elles partageaient un brunch à 13h00, lorsqu’elles émergeaient de leur nuit mouvementée. Leurs visages froissés par la fatigue et l’abus d’alcool témoignaient de leurs excès respectifs. Les traces de mascara le long de leurs yeux révélaient un regard caverneux.

Une amitié nouvelle les liait. La blonde et la brune, bras dessus, bras dessous, recommençaient le lendemain à écumer les bars, à jouer les filles faciles, à se frotter contre de sombres inconnus. Au coeur de la nuit, les nouvelles copines se trémoussaient sur un air de hip-hop, avec toute l’énergie de leur jeunesse, avec la même volonté de profiter de la vie.

Cette nouvelle existence plaisait à Marielle qui avait l'impression de rattraper le temps perdu. Elle ne pensait à rien, sirotait des cocktails en bonne compagnie, dansait de façon lascive auprès de jeunes de la Jet set. Bercée par la musique, envoûtée par les rythmes endiablés que diffusaient les boites branchées, elle oubliait ses soucis, sa mère absente, son père inquiet du devenir de sa fille. Et Léo.

Ils avaient vécu dix ans ensemble. Aujourd'hui, il était loin d'elle, incarcéré, emprisonné. Cet amoureux qui avait payé cher son goût pour le risque ne savait pas que sa fiancée prenait peu à peu un chemin différent de celui qu'ils avaient suivi à deux.

Dans la moiteur de l'été, Marielle, allongée sur un transat, un grand chapeau sur la tête, les pieds dans le sable chaud, continuait à profiter des opportunités qui s'offraient à elle. En toute indécence. En toute innocence.

Elle n'avait pas donné de nouvelles à Léo depuis quinze jours, elle s'accoutumait à l'absence, s'adaptait aux nouvelles relations qu'elle s'était créées. Elle y trouvait son compte, s'amusait sans restrictions. Léo, bien qu'enfermé, pouvait glaner quelques informations grâce aux contacts qu'il avait gardés à l'extérieur.

Depuis le fameux cambriolage, son pote Roch, celui qui avait filé au volant de la Mercedes au moment où les flics s'étaient pointés, était toujours son ami. Il faisait le guet ce jour-là, en avait réchappé de justesse. Il n'avait pas abandonné Léo, son fidèle comparse depuis la maternelle. Il pouvait compter sur lui. Depuis l'incarcération de son ami, Roch avait suivi Marielle. Son pacte d'amitié avec Léo impliquait qu'ils se disent tout, même ce qui est le plus difficile à entendre. Roch savait que ce qu'il allait lui dire serait explosif.

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