La lutte

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Même après plusieurs mois, la douleur est toujours là, telle une plaie ouverte. Les cauchemars se font plus rares, les voix ne sont que des murmures et ma peau se répare petit à petit. J’ai repris du poids et surtout des muscles. Je continue à m’entraîner et je mange parfois avec Galahad. J’arrive de mieux en mieux à gérer mes émotions. Cela me permet de me détacher de lui. J’ai caché au plus profond de mon cœur ce que je ressens pour lui. Comme il l’a dit, j’étais tellement mal que j’ai pris tous ses gestes d’affections sans réfléchir aux conséquences. Maintenant que les émotions sont passées, je dois me concentrer sur mes actes. Je n’ai plus le temps de penser à lui depuis que ma mère me harcèle dans sa conquête du pouvoir.

  • Maman, combien de fois faut-il te le dire ? Je ne t’aiderais pas.
  • Ce n’est pas pour moi que tu fais ça, mais pour toutes ses familles brisées qui cherchent à se reconstruire, pour tous ces enfants.
  • Ce n’est pas mon combat ni mon choix, c’est uniquement le tien. Je ne te reconnais pas. Pourquoi, quand j’étais petite, tu étais si effrayée et maintenant, tu es…
  • Courageuse ? Parce que tu es là devant moi, vivante et libre. Je n’ai plus à regarder derrière mon épaule pour te cacher de Léandre.

Parfois, j’ai l’impression qu’elle oublie la torture que Louis m’a fait subir.

  • Je te le répète. Je ne suis pas toi. Je ne suis pas aussi forte. J’ai perdu dix ans de la vie enfermée, loin de toi et de papa. Je n’ai même pas pu lui dire au revoir. Je n’ai pas pu le prendre dans mes bras une dernière fois. Tu ne peux pas comprendre que maintenant j’ai envie de vivre une vie simple là où personne ne m’utilisera et ne me privera de ma liberté ! Ce n’est pas ça que tu voulais pour moi ?

Elle me prend dans ses bras.

  • Quand tu es née, ton père était si heureux d’avoir une fille. Il ferait tout pour que personne ne te fasse du mal. C’est lui qui a élaboré ce plan pour que tout le monde te croie morte. Il s'est même battu plusieurs fois avec Léandre pour nous protéger. Moi, je souhaitais que nous vivions ici, mais il ne voulait pas céder à la peur. On s’est disputé plusieurs fois, mais il disait que c’était trop dangereux d’aller à Libertia avec toi. On était constamment suivi par les hommes de Léandre. On approchait de tes 16 ans et du moment où nous serions réunis tous les trois. Ton père était tellement heureux de pouvoir te retrouver et …

Sa voix se voile.

  • Léandre a arrêté ton père et t’a capturé. La dernière chose que Léandre a montrée à ton père est une vidéo de toi enfermé dans une cage. Sa magnifique fille qu’il avait cachée pendant huit ans se retrouvait enchaînée. Puis Léandre m’a proposé un marché. Si je l’épousais, il te laisserait vivre avec nous sans te faire de mal. Tu sais comment tout ça s’est terminé et comment cela continuera à arriver, si on ne se bat pas pour changer ça. Elena, tu es bien plus forte et éblouissante que n’importe qui. Je veux que tu m’aides parce que tu es l’avenir. J’appartiens au passé, mais toi, tu peux changer le futur. Tu peux réussir là où j’ai échoué.
  • Maman, ce n’est pas ce que je veux. Je veux être libre et vivre ma vie loin de ce monde là où personne ne pourra me faire du mal.

Elle caresse ma joue et prend ma tête entre ses mains.

  • Je sais ma chérie. J’aimerais t’offrir cette vie, mais jamais ils ne te laisseront. Comme toi, j’ai cherché à fuir et vivre ma vie. Mais ils m’ont rattrapés, ils ont tué ton père et t’ont prise à moi. Ces monstres sont affamés, il faut les détruire avant qu’ils te dévorent.

Je reconnais cette peur dans son regard. La même peur qu’il y a dix ans. Elle a été naïve comme moi. Elle ne voyait pas l’atrocité du monde dans lequel nous vivons. Ai-je la force de me battre contre ces démons ?

  • Elena, si tu connais un moyen pour que jamais il ne réussisse à te trouver, je te suivrais ma chérie.
  • Non, je ne sais pas, Maman. Laisse-moi encore réfléchir et me reposer, j’ai besoin de temps.

Elle m'embrasse sur le front et me prend une dernière fois dans ses bras. Elle commence à partir et se retourne.

  • Tu sais, il souffre que tu t’éloignes de lui. Il ne mérite pas ça.
  • Je ne veux pas souffrir comme toi avec papa.

Elle baisse les yeux et part. Il est tard et, comme chaque soir, je vais à la clairière parler avec mon père. Tout est étrangement calme. Après cette discussion avec ma mère, ce calme m’apaise. Au bout de quelques minutes, j’entends quelque chose bouger autour de moi. Je me lève et me mets en position de combat. Je les vois sortir du couvert des arbres. Ils sont cinq. Je ne peux pas tous les combattre. J’alerte tout de suite Galahad avec ma montre.

  • Ça ne sert à rien, ma jolie. Quand il arrivera, nous t'aurons déjà ramené à ton mari. Il attend avec impatience que sa femme revienne.

Je ne vois pas bien leur visage sous leur lourde capuche. Mais j’aperçois son sourire à travers ses dents blanches. Je hurle à pleins poumons.

  • GALAHAD.

Ils se ruent vers moi. J’en esquive un en le faisant tomber, je pousse le deuxième dans le dos sur le premier. Le troisième me saisit le bras. Je me rapproche de lui et lui donne un coup dans les parties intimes. Il me lâche en hurlant. Les deux premiers se sont déjà relevés. Le quatrième et le cinquième me prennent au piège. Le cinquième semple plus frêle que l’autre. Je vise son oreille, mais il me bloque le bras, puis son entrejambe, mais il pare mon coup. Le quatrième se rapproche. J’essaie de l’esquiver, mais il attrape mes deux bras. J’utilise son appui pour balancer des coups de pied dans le ventre et la tête du cinquième, qui recule. Je profite de l’élan pour donner un coup de tête dans le menton de celui qui me tient. Il me lâche. Je fuis vers le bâtiment en criant. Mais le cinquième est rapide. Il me rattrape et j’évite de justesse son tacle en m’éloignant de l’immeuble. Les quatre autres me poursuivent. Je cours plus vite, mais le cinquième est trop rapide. Cette fois je n’arrive pas à l’esquivé. Il me fait tomber et je rampe pour me défaire de lui. Il me plaque sur le sol. Il me tient, j’essaie de trouver une faille, mais il n’en a pas.

— Dépêchez-vous, on a déjà perdu assez de temps.

Je me relâche pour garder un maximum d’énergie et me libérer au bon moment. Le quatrième et le troisième me soulèvent. J’utilise leur force pour les déséquilibrer, mais le cinquième me tire par les cheveux.

  • Arrête de bouger, sinon je te cogne.

J’entends du bruit au loin. Je hurle.

  • Allez, les gars, on y va.

Le cinquième me lâche, et je me débats. Les deux hommes qui me tiennent ont du mal à me maintenir.

  • Putain, bougez-vous.
  • C’est une vraie anguille, cette fille.

Il me balance un uppercut dans le ventre qui me coupe le souffle.

  • Voilà, maintenant bougé.

Je suis un peu dans les vapes à cause de la douleur et je ne vois pas où il m’emmène. J’entends que les autres se rapprochent. Je rassemble mes forces pour essayer de m’échapper. J’attends que l’on passe à côté d’un arbre pour pousser un des hommes qui me maintient dessus. Il me lâche et je parviens à faire tomber l’autre dessus. Je cours vers les bruits de pas, mais le cinquième me rattrape et me tire les cheveux. J’ai essayé de piétiner son pied, mais il a esquivé et m’a relâché. Je me remets en position de combat. J’arrive à esquiver ses coups pour trouver un angle d’attaque. Il est aussi vif et rapide que Galahad. Lorsqu’il m’attaque au niveau du visage, j’esquive tout juste et lui mords la main. Je sens son sang dans ma bouche. Je profite de l’effet de surprise pour lui donner un coup dans les genoux, ce qui le fait tomber et lui écrase la tête avec mon pied. Je n’attends pas de voir s’il se relève et cours vers les voix que j’entends. J’aperçois Octave quand on me tire les cheveux à nouveau et qu’on place quelque chose de froid sur mon cou.

— Si tu bouges, je te taillade. C’est clair ?

Je ne bouge plus et regarde Octave s’approcher.

  • Elena, tout va bien se passer. Ils ne peuvent pas s’enfuir.
  • Si vous vous approchez, j'égorge cette garce.

J’entends un souffle derrière moi et l’homme tombe. Je me retourne et vois Galahad couvert de sang. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Son regard est rempli de rage. Octave plisse les yeux vers lui.

  • J’espère que tu ne les as pas tous tués Galahad.

Il ne répond pas et m’attrape le bras pour m’emmener. Octave continue à parler, pendant que Galahad m’entraîne. Nous allons dans son appartement. Dès que nous rentrons, il retire son haut et l’utilise pour éponger le sang qu’il a sur le visage, les bras et le torse. Je reste là à le regarder étourdi par les évènements. Il part et revient avec une trousse de soins. Il me regarde les yeux brûlants de colère. Il me fait peur. Je recule. Il parcourt mon corps à la recherche d’une blessure. Il attrape mon bras gauche et je tremble.

  • Tu as mal quelque part?

Il ne dessert pas les mâchoires. Tous les muscles de son torse sont tendus, comme ceux de son bras. J’essaie de parler, mais aucun son ne sort.

  • Elena, regarde-moi, c’est moi, Galahad.

Son visage s’est légèrement détendu. Ce qui me donne la force de lui faire non de la tête. Il attrape ma main et la pose sur sa joue. Il prend une profonde respiration et ses yeux passent de la colère à la peine.

  • J’ai eu si peur de te perdre encore une fois.

Ma peur se dissipe immédiatement et je caresse sa joue avec mon pouce.

  • Je vais bien, grâce à toi.

Il tombe à genoux. Je prends une couverture pour lui recouvrir les épaules, avant de l’enlacer. Il entoure ses bras autour de moi et pose sa tête sur mon épaule. Je l’entends pleurer. Je lui caresse les cheveux.

  • J’ai cru te voir morte. Je n’ai pas pu retenir mes coups. Elena, je ne voulais pas être seul encore une fois.
  • Tout va bien. Tu m’as sauvé. Je suis en vie.
  • J’aurais dû être là avec toi. J’aurais dû te protéger.
  • C’est ce que tu as fait. Si je suis vivante, c’est uniquement grâce à toi. Calme-toi Galahad.

Il sert sa prise et enfonce son visage dans mon cou. Je pose mon menton sur sa tête et caresse son dos pour l'apaiser.

  • J’ai besoin de toi, Elena. Je ne veux pas encore perdre quelqu'un qui m'est cher. Qu’est-ce que je ferais sans toi?

Il a besoin de plusieurs minutes avant de retrouver son calme. Il relève la tête et me regarde triste.

  • J’ai été aveuglé par ma colère et je les ai tués. Je suis désolé, Elena. Je ne voulais pas me comporter comme un de ces monstres, mais le fait de te savoir en danger m’a fait perdre la tête.
  • Tu n’es pas comme eux. Tu m’as protégée. Tu m’as sauvée. Tu ne les as peut-être pas tués, mais juste blessés. N’y pense plus, tu as besoin de te reposer.

Il me sourit et caresse ma joue.

  • Tu prends soin de moi, alors que c’est toi qui t’es battu contre ces hommes. Je te promets de te protéger, Elena et de prendre soin de toi. Je vais te préparer un bain, je reviens.

Il ouvre une autre porte que celle de la salle de bain et entre dans le couloir. Cet appartement est immense. Le fait de me retrouver seule quelques instants me rappelle que j’ai failli être enlevée une nouvelle fois et que le Mouvement ne m’a pas sauvée. Je regarde mes mains tremblantes et comprends pourquoi ma mère n’a pas pu fuir Léandre. Même ici, à Libertia, ils peuvent nous retrouver. Nous ne sommes en sécurité nulle part. Même en fuyant toute ma vie, je ne suis pas sûre de leur échapper. Galahad revient et m’emmène dans une immense salle de bain avec un jacuzzi gigantesque.

  • Prends ton temps pour te détendre et profiter de l’eau chaude. La pièce est connectée comme l’autre salle de bain. J’ai mis un peu d’extrait de passiflore dans l’eau pour t’aider. Je vais me laver et me changer, mais si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle-moi.

Il sort et je reste quelques instants sans bouger. Maintenant que je suis seule, je me rends compte que je suis tétanisé par la peur. J’ai les mains tremblantes et le souffle saccadé.

  • Respire Elena, respire.

Je prends la plus grande bouffée d’air que ma gorge nouée le peut. Et j’expire le maximum de C0². L’odeur de la passiflore est fruitée et acidulée. Je refais l’opération plusieurs fois, avant que des larmes de soulagement coulent le long de mon visage. J’enlève mes vêtements que je jette au loin.

  • Miroir.

Les murs blancs se transforment en miroir. Je regarde les marques rouges sur mes bras et mes jambes. J’ai un énorme bleu sur le ventre. Je touche ma tête et mes cheveux me font mal, en plus de cette marque sur ma gorge. Heureusement ce n’est pas profond. Je me glisse dans le jacuzzi. La chaleur m’enveloppe. Je ressers mes jambes croisées autour de ma poitrine et l’enserre de mes bras. Je pleure et cela me détend. Au fur et à mesure je me laisse couler dans l’eau. Le nœud au creux de mon ventre se dénoue au fur et à mesure que la peur des évènements disparaît. Je laisse l’eau chaude laver mes angoisses et panser mes blessures. Ma tête se vide et je ne pense à rien à part ce sentiment de réconfort. Je sais que Galahad est là pour me protéger. Qu’ici, je suis en sécurité ! Je me sens épuisée et ferme les yeux.

Ma montre vibre et l’eau est un peu froide. Galahad m’appelle, je décroche.

  • Ça va ? Est-ce que tu as besoin de quelque chose ?

Je regarde ma montre, ça fait plus d’heures que je suis dans le bain.

  • Je crois que je me suis endormie. J’arrive, j’ai un peu faim.
  • Je t’ai laissé un sac de vêtements devant la porte. Prends le temps de te changer, je m’occupe du repas.

Il raccroche. Je m’étire et je sens mes muscles endoloris. Je me lave et me prépare. Je rejoins Galahad et découvre une montagne de nourriture sur la table.

  • Est-ce qu’il y a d’autres personnes qui viennent manger?

Il se retourne et me sourit.

  • Non, juste nous deux. Je ne sais pas ce que tu voulais, alors j’ai pris de tout.

Je regarde la table, puis lui en faisant plusieurs aller-retour.

  • Ok. J’ai peut-être pris un peu trop, mais je suis sûr que tu vas te régaler, Elena.

J’esquisse un sourire et retiens un éclat de rire. Il me regarde encore plus souriant. Nous mangeons jusqu’à ce que mon estomac me dise stop. J’aide Galahad à ranger. Je marche un peu pour digérer le trop-plein de nourriture. Galahad me regarde amuser à faire les cent pas.

  • J’ai mal au ventre. Tu m’as trop fait manger.

Il rigole et me tend un verre avec un liquide sombre.

— Bois et tu te sentiras mieux.

C’est frais et je sens rapidement les effets. Je me sens mieux. Pour autant, je continue à marcher. Je sais que si je m’arrête, je sentirais mon corps souffrir. Demain, je serai recouverte d'ecchymose. J’attrape mon poignet et tourne mes doigts autour. Puis je frotte mes paumes entre elles, avant d’entortiller mes doigts entre eux.

  • Elena, ils ne te feront plus de mal. Tu devrais te reposer. Tu es en sécurité maintenant.

Je le regarde et cela m’apaise. Son sourire chaleureux et ses yeux doux éloignent mes angoisses.

  • Merci pour tout, je vais te laisser.

Il me retient par la manche.

  • Non, je ne veux pas que tu partes. Restes, s’il te plaît.

Il sert un peu plus ma manche.

  • Je… Je ne peux pas te protéger sinon.

Je me tourne vers lui. Ces yeux sont rivés sur le sol. Il semble triste et anxieux. Je me sens mal à l’aise.

  • Je veux bien rester, mais tu as une seconde chambre où je peux dormir.

Je dis ça en me forçant à sourire. Il relève la tête et retrouve le sourire. Il me lâche.

  • Tu peux utiliser ma chambre et je vais dormir sur le canapé.
  • Merci, dans ce cas, je vais me coucher. Bonne nuit.
  • Bonne nuit, Elena.

Lorsque je suis confortablement installé. Je réfléchis à tout ce qui vient de se passer. Tout semble flou. La fatigue laissée par la chute d’adrénaline m’empêche d’avoir les idées claires. Je m’endors recroquevillé sur moi-même. Je sens leurs mains à nouveau sur moi. Ils bloquent mes pieds et mes mains. Louis est au-dessus de moi. Il caresse mon visage et mes cheveux. Ils s’approchent de moi. J’essaie de me débattre, mais ils me retiennent fermement par la tête. Louis m’embrasse et enfonce sa langue dans ma bouche. Il me serre la mâchoire pour que je ne puisse pas le mordre. Il chuchote à mon oreille. “ Tu es ma femme, tu es à moi.” Il descend ses mains sur mes hanches et les approche de son bas ventre. “Je vais laisser ma marque en toi pour que personne d’autre que moi ne puisse t’avoir. Tu es ma possession.” Je ne vois rien, mais je sens quelque chose de chaud et dur au niveau de mon bas ventre. J’ai peur. Je hurle. Je me débats. « Garde ton calme, tu sais ce qui arrive quand on me résiste. » Je continue à essayer de me libérer. Je vois son bras armé prêt à s’abattre sur mon visage. Je me réveille en hurlant et vois Galahad à mes côtés. Il me tient la main. Je la retire instinctivement et m’éloigne de lui. Je sens mes joues mouillées. Il tend sa main vers moi.

  • Elena, c’est Galahad. Je ne te ferais rien, je te le promets. Tu es en sécurité.

J’ai besoin de réconfort. Je me jette dans ses bras et pleure sur son t-shirt. Il pose sa tête sur la mienne et caresse mes cheveux.

— Je suis là, Elena, je ne laisserai personne te faire du mal.

Il me serre fort contre lui. Sa chaleur m’apaise. Ses mots me réconfortent. Doucement, je me calme. Quand il voit que je suis rassurée, il commence à partir. Je le retiens par son t-shirt.

  • Ne pars pas, s’il te plaît.

Je le regarde les yeux humides. Je vois dans ses yeux de la douleur. Me voir ainsi ne doit pas être plaisant.

  • Je reste jusqu’à ce que tu t’endormes.
  • Non, dors ici, le lit est assez grand pour deux, s’il te plaît.

Je le vois légèrement rougir et s’installer à côté de moi. Il est un peu tendu, les yeux fixent le plafond. Je pose ma tête sur son torse et écoute son cœur. Je me laisse bercer par ses rapides battements de cœur. Des caresses dans mes cheveux me réveillent. Je tourne ma tête vers Galahad. Il rougit en regardant par la fenêtre .

  • Pardon, je ne voulais pas te réveiller. Est-ce que ça va ?

Je repose ma tête sur son torse en écoutant son cœur qui bat la chamade.

  • Oui, grâce à toi. Merci d’être resté. Quand tu es près de moi, je n’ai plus peur.

Je sens son cœur ralentir et il caresse à nouveau mes cheveux.

  • Je serai toujours là pour toi. Si tu as besoin, tu peux rester ici pendant un certain temps. Je peux travailler ici et être avec toi. Je peux m’occuper de toi.

Je relève une nouvelle fois la tête et pose mon menton sur sa poitrine. Je souris.

  • Merci Galahad.

Il rougit encore plus, mais cette fois, il ne détourne pas le regard. Il entrouvre la bouche et je sens la chaleur de son souffle sur mon visage. Il pose sa main sur ma joue et la caresse avec mon pouce.

  • Tu es vraiment magnifique quand tu souris. C’est la plus belle chose que j’ai vue.

Je rigole et me redresse pour m’asseoir à côté de lui.

  • C’est quoi cette phrase de beau parleur ? Tu as trop lu de roman. Haha!

Il me regarde en souriant. Avec la lumière du matin qui traverse la fenêtre et illumine son visage. Il ressemble à un ange. Je tends ma main sans réfléchir. La douceur chaleur de sa joue sous mes doigts me rassure. Ce n’est pas un rêve. Il est vraiment là à mes côtés. J’étudie en détail ses traits, la variation de couleur de ses pupilles, la manière dont sa peau rougit à mon contact. Je veux garder en mémoire chaque détail. Il pose sa main sur la mienne et l’éloigne de son visage pour la poser sur le lit.

  • Elena, je te dis ça parce que c’est ce que je ressens quand je te vois sourire. Je ne cherche pas à te baratiner avec de belles paroles. Tu ne sais pas à quels points mes sentiments sont forts envers toi.

Il est vrai que les sentiments pour Galahad sont bien différents qu'auparavant. Mais j’ai tellement peur que tout ce que je vis actuellement disparaisse demain. Je n'avais qu’un seul objectif: survivre face à ces monstres. Je n’ai jamais cherché à obtenir du pouvoir, des richesses ou même l’amour. Je ne me suis jamais posé la question de ma place dans cette société. La survie était mon seul but. Est-ce que je peux maintenant espérer vivre ? Mais comment ? Je sens les doigts de Galahad ramener mon visage vers lui.

  • À quoi penses-tu ?

Je cherche une réponse dans son regard, passant d'œil à l'autre. J’ouvre la bouche et la referme sans savoir comment formuler toutes ses questions. Je dois réfléchir et trouver les réponses par moi-même.

  • À rien. Tu devrais y aller. Je suis sûre que tu as beaucoup de choses à faire et moi aussi.

  • Je sais que ça ne va pas forcément te plaire, mais après ce qui s’est passé, j’ai demandé à Paul de rester avec toi.

Je fronce légèrement les sourcils, mais je suis rassurée d’avoir Paul pour me protéger.

  • Tu as raison, merci.

Il remonte ses doigts sur ma joue et replace une de mes mèches de cheveux derrière l’oreille. Je sens son visage se rapprocher du mien. Je serre la mâchoire. Il dépose un doux baiser sur ma joue. Son contact me fait sourire et je dessers les dents. Il me regarde souriant aussi et me prend dans ses bras. Il me murmure à l’oreille.

  • Je suis là pour toi, Elena. Appelle-moi dès que tu en ressens le besoin.

Il s’éloigne et pose ses mains de chaque côté de mon visage.

  • D’accord ?

Je hoche la tête.

  • Elena, avec des mots.

J’éclate de rire.

  • Oui.

Il se lève et j’en fais de même. J’étire mes membres engourdis et me prépare pour la journée.

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