Le conte d'un comte
Les contes de fées commencent parfois par “Il était une fois”.
Pas deux, pas trois. Une seule.
La polythéiste fausse et sceptique dit : — Il y a des fois
Le bigot aphone, de manière parasite, râle : — Non, il était une seule foi, c'est sûr. ».
La cirrhose renchérit : — Non, il était un foie, qui fût.
Le masochiste interroge : — Vous êtes sûrs que ce n'est pas, il était un fouet ?
Laissons ici se vider ce débat ras des pâquerettes.
Concentrons-nous sur l’histoire du comte Tchéque courant. Je ne raconterai pas celle du cheikh débité et dépité, son histoire passant à un autre, et je ne veux pas mélanger les contes. Les bons contes font les bons amis.
Il était une fois le comte Tchéque courant. Il est d'abord né comte.
Il est aussi Tchèque du côté de son arrière-grand-oncle par fusion-acquisition (et non par alliance) et de sa cousine germaine Germaine du Maine. Il aime beaucoup son cousin germain Germain du Mans, homme dûment qualifié en gens bons.
Le qualificatif de "courant", lui vint (sans modération) parce qu'il aime faire les courses et se dépenser sans compter. Il aime à ne pas compter les habitants de son comté, qui de toute façon préfèrent le Roquefort. Le comte n'a jamais compris ce goût du Roquefort, lui qui préfère râpé en ad-agio.
Mais les habitants n'ont jamais fait cessation d’activité, ni faillite à leurs tâches. Alors le comte est heureux ou presque. “Pourvu que ça dure.” Voilà sur quoi le comte table :
— Je déposerai le bilan plus tard.
Ce comte aime aussi nager dans le Pactole. Il rend ainsi visite à Midas, pour y vérifier ses niveaux.
Quand il reçoit des invités, il aime à débiter n’importe quoi (mais qu'il juge d'intérêt à 12 pour cent net) et leur servir des financiers. Il pense ainsi, dans un éclair d'Eugénie (une obscure duchesse), être saintement honoré de manière baba, à Rome.
Un beau jour (ou peut-être une nuit), près d’un lac, son ami le Duc-A lui livre de Stirling, des tonnes de remarques, dont une seule qui soit digne d'intérêt pour le comte :
— Vous n'avez pas de sceau, mon cher comte. C'est effrayant.
— De sceau ? Il est vrai que je n’en ai pas ! s’écrie le comte.
Ne débitant aucune idée concernant un sceau, il rentre en dépréciation de sa valeur. Il est proche de krach-er. Il n'a plus d'assurance en lui.
Un serviteur, ayant mandat de se taire, dit malgré tout, au comte :
— Pourquoi ne pas prendre pour sceau le seau ? Vous qui empruntez mais gardez toujours contenance, cela vous sied (cave) à merveille !
— Par (carte)bleu, tu visas juste le vilain. Voilà apparaître ta plus-value, enfin. Je ne veux pas être ton débiteur mais je te fais crédit de cette trouvaille. Puisque bon comte je suis, je mets sur mon sceau, six seaux. (Il avait emprunté la modestie à un ami, à un taux très élevé qu'il venait de rembourser tout juste.)
Ainsi le comte adopte six seaux comme sceau,mais pour les jaloux (au rang duquel Sissi), il devient aussi le comte sot au sceau des six seaux.
Apprenant cela et outragé, plus que des bonds, il fait des sauts à satiété anonyme, dans sa chambre forte.
Il hurle même à débiter immédiatement son indignation, le comte. Il faut dire qu’il a un coffre fort.
Il décide alors de partir en voyage loin, très loin. Il en a assez des Tchèques sans provision d’intelligence. Il en a assez de ces gens qui ne lui accordent aucun crédit. Il espére secrètement aussi trouver femme et dot.
Il manda (postal) son serviteur le plus fidèle, Francisco : “Allons-y, allons à Vatan.” Le comte se retrouve donc seul à suivre la Flèche de direction.
Allant à Sète par Troyes, il s'arrête faire une partie de 421. Repartant à pied et non à Vion, il tente de lire Descartes. Mais notre cher comte courant n'a pas une once de compréhension de ce qui est écrit là. Pas étonnant alors qu’il se trouve à Villeperdue. Là-bas, personne pour le renseigner. Les habitants ne sachant pas eux-mêmes où ils sont.
Il passe à Mer sans même la voir mais tente des Paris, sur la Seine du zoo de Lyon sur les lions du zoo. À Rome, sans saveur, il trouve la ville. À Rio, il arrive en plein festival de l'humour gras. Ce qui était loin d'être Marans.
Le détour par Loches Angeles est agréable mais sans Francisco pour l'aider dans sa quête, il se perd encore une fois.
— J'erre dans les rues de Salem, assez !
Pour lui, ce n'est pas Bénin. Le York étant cher et le Cher étant ce qu'il est, il décide de faire une pause et commence à avoir pâle estime de lui-même.
Assis à Californie plutôt qu'à califourchon car c'est moins douloureux, sur une pierre, il songe.
Il songe à acheter un animal pour lui tenir compagnie dans son voyage et en société. Mais le loir est cher. Rats, Daim le convainc mais finalement, jamais il ne Sancerre.
Débité de sa bonne humeur proverbiale, le comte se demande quelle est cette étrange contrée et où poursuivre son voyage.
— Je dois partir au car de Tours assurément.
Là encore, il se trompe. Il pense à nager vers Lille mais les courants sont trop fort Boyard.
— Bon sang, quelle Angoisse, je ne suis pourtant pas à Bourré. Je ne me sens pas non plus en d'Angers même si des imbéciles ont essayé de me mettre Anjou”. Il implore les blancs saints sur le bord du chemin.
— Être à Plurien pour un riche comte comme moi, c’est Trécon. Aller à Delhi m'initier pourrait être une idée.
Il y renonce, par crainte de mettre à mal sa Santé. Il ne Rillé vraiment pas de cette situation.
Il s’arrête encore, au feu vert, rouge de colère. Il est prêt à y prendre une prune mais finalement se jette sur une orange. Prêt à tomber dans les pommes, il ne veut pas en faire une salade, de ce voyage. Il opte pour un café.
— Par tous les diables, ce Café brûle, mais il est excellent. Son taux de plaisir connaît alors une inflation soudaine et continue. Il retrouve un peu de valeur.
Finissant sa boisson, il vérifie son portefeuille qui ne contient que mille-feuilles.. Un passant lui montre un nom sur la carte : — Allez là-bas, Gévaudan. Le comte les ayant toutes, ne comprend pas.
— Je vais entreprendre des actions même si je dois encore gravir décotes. Ce voyage manque vraiment d'intérêts compensatoires à ma peine. Si je continue à marcher sans parvenir à me repérer, c'est la banque route assurée et cela serait Troo pour moi.
Spéculant sur la suite de son voyage, il tente de lire de nouveau la carte :
– À l’homme, passe la Veuve, y trouverais-je mon bonheur ? Je pensais que la Veuve passe sur Le Cercueil mais si elle passe bien à Lhomme, c'est sans doute une Vilaine.
Il finit par aller à la “Ville aux Dames” et notre comte tchèque courant y trouve une demoiselle à son goût, habillée dans une belle livrée, dotée d’une forte dot et d’un beau livret A(ussi).
Il se dit qu'il peut livrer un développement durable à cette histoire sans avoir besoin de PEL.
Il veut vivre à Monnaie. Sous le charme, elle préfère Montrésor.
Ils nagent malgré tout dans l'Amour.
— J'ai du Pô estime le comte, qui ne souhaite pas faire tapis pour autant.
— Même si je suis heureux, cette histoire m'a coûté un Rhin.
Les contes de fées se terminent parfois par « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ».
Mais c’est le conte d’un comte alors permettez-moi de dire, qu’ils se marièrent et firent encore plus de petits comtes courants.
À suivre…
NB : Tous les noms en italique correspondent à des noms de villes, rivières, régions, lieux existant réellement.

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