Prologue

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À l’époque du Roi-Soleil, un éclat particulier brilla en la personne de Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemart.
Beauté éclatante, esprit acéré, elle occupa durant de longues années une place de choix aux côtés de Louis XIV, dont elle eut plusieurs enfants, pour certains légitimés.

Sa chute, elle, se dessina dans les ombres troubles de l’Affaire des Poisons, vaste scandale où se mêlèrent rumeurs, accusations et parfums de soufre. Sa culpabilité ne fut jamais établie avec certitude, mais le soupçon, lui, eut la persistance d’un encens trop chargé.

Cependant, dans cette fresque déjà bien théâtrale, surgit une figure plus inattendue encore.
Bien des années plus tard, on aurait pu dire de lui qu’il incarnait l’ombre de la lune sur ce tandem solaire.

Car si l’Histoire retient volontiers les maîtresses, qu’en est-il du sort de leurs maris ? Pour celles qui en avaient.

En tout cas, il en exista au moins un qui refusa de s’incliner : un homme, un mari — l’honneur gascon en prime — en la personne de Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin.

On le compara volontiers à toutes sortes de bêtes à cornes, non sans une certaine cruauté mondaine. Mais là où d’autres auraient baissé la tête, lui choisit de la relever — et de charger, au besoin.

Car le marquis ne manquait pas de panache.
Point de silence poli, point de retrait élégant : il fit de son malheur une affaire publique, presque une proclamation.

Il alla jusqu’à faire organiser les funérailles de sa propre épouse… alors qu’elle respirait encore, et fort bien, à Versailles.

Puis vint l’exil, sur ses terres de Gascogne, où il cultiva avec soin sa réputation de mari outragé — une sorte de relique vivante d’un honneur qu’on n’osait plus afficher.

Et l’on ne peut s’empêcher d’éprouver pour lui une forme d’admiration amusée.
Car se dresser contre l’adultère royal, en un temps où l’on attendait des époux qu’ils ferment les yeux avec grâce, relevait moins de la prudence que de la bravoure… ou d’un goût certain pour le fracas.

Là où l’on murmurait, il tonna.
Là où l’on négociait, il s’indigna.
Là où l’on survivait, il choisit d’exister.

Laissez-moi, dès lors, vous conter brièvement son histoire — avec quelques libertés, bien sûr.

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