Chapitre 4 — Une union, quelques dettes, et beaucoup d’ardeur
Les informations qui nous parviennent — à la fiabilité, disons, fluctuante — évoquent une vie commune modeste, pour ne pas dire dénuée de fortune, mais non dépourvue de passion.
Car si le mariage avait uni deux noms honorables, il n’avait pas, semble-t-il, immédiatement garni les coffres.
Le marquis, dont les finances se montraient anémiques, prit alors une décision que l’époque jugeait à la fois naturelle et courageuse : partir à la guerre.
Pourquoi ? Comment ? Les récits divergent.
Mais l’explication la plus flatteuse — et donc, à ce titre, parfaitement suspecte — veut qu’il cherchât à remplir ses caisses afin d’offrir à Françoise-Athénaïs un train de vie plus conforme à son rang, qu’il estimait aussi nécessaire que mérité.
Preuve, s’il en fallait une, de l’attachement sincère — voire généreusement exagéré — qu’il lui portait.
Parallèlement, certaines sources laissent entendre qu’il tenta d’obtenir du roi quelques secours financiers : pensions, charges ou faveurs diverses, ces monnaies discrètes dont Louis XIV savait user avec autant de parcimonie que d’efficacité.
Les résultats, eux, semblent avoir été… variables.
Car à défaut d’enrichir durablement son existence, ces entreprises contribuèrent surtout à maintenir le marquis dans cet état singulier où l’on espère beaucoup, dépense davantage, et rembourse rarement.
C’est dans ce contexte, où l’espérance rivalisait sans cesse avec les créanciers, que naquit leur première fille, Marie-Christine.
Naissance heureuse, comme il sied aux unions que l’on souhaite solides, et qui apporta au foyer une joie sincère — accompagnée, bien entendu, de quelques obligations supplémentaires, dont la nature matérielle ne saurait être ignorée.

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