Chapitre 2 : La ferme et l’objet

2 minutes de lecture

Courbés sur le sol, glissant silencieusement dans la cour de la ferme, comme les adeptes de cultes anciens, avec déférence. Ils trouvèrent une porte rongée par le temps et les insectes. À l’intérieur, le jeune homme s’arrêta net devant un squelette assis contre un mur, rongés par l’horreur. Plus surpris qu’effrayé, ce qui fit sourire tendrement sous son masque sa compagne.

La pièce avait depuis longtemps été retournée, fouillée, dévastée par des centaines de passages. Les deux jeunes gens contemplaient l’histoire figée dans ces lieux.

Dav s'arrêta devant un autre squelette couché contre un radiateur rouillé, les os blanchis par les décennies. Maintenu miraculeusement en place par les restes de vieux vêtements. Dans ses mains osseuses, il tenait un petit boîtier de métal noirci, muni d'un cercle de verre fendu en son centre. Un morceau de sangle s’accrochait désespérément à l’appareil, tenant sur le côté par un anneau rouillé. Le jeune chasseur ramassa l’objet mystérieux. Il tourna une bague grippée, qui produisit un cliquetis mécanique, un son venu d'un autre âge.

Klair pencha la tête par le trou dans le mur de brique qui donnait dans un jardin en friche. De maigres pousses d’une herbe drue tentaient de survivre encore un peu, avant qu’elles ne soient rongées jusqu’aux racines par l’avalanche de dents acérées qui venaient.

Elle cherchait à dissocier les différents sons venant de l’extérieur du grondement lointain. Elle se concentra, supprimant un à un le crissement de verre sur lequel avait posé le pied son compagnon, la fuite dans un battement d’ailes d’un quelconque oiseau, le souffle du vent dans les branches.

— Qu’est-ce que c’est ? Un piège ? Une arme de l'Ancien Monde ?

La jeune femme jeta un regard distrait à l'objet. Pour elle, née après la chute, ce n'était qu'un débris inutile.

— Laisse ça, Dav. Ça ne se mange pas, trancha-t-elle sans quitter l'ouverture du regard. La caravane a deux jours, peut-être trois d’avance. Nous devons retrouver les traces de ce matin. Nous sommes très proches, je le sens... dit-elle calmement.

— Je l’embarque pour Joh, il doit savoir à quoi ça sert... non ?

— Si tu veux... On n'a plus qu'une heure avant que le rideau de poussière ne nous aveugle complètement. On y va dans cinq minu...

Alors qu’elle tournait la tête, une quinzaine de cerfs surgirent des fourrés en contrebas de la route, à l’arrière d’une grange effondrée. Ils ne couraient pas, ils bondissaient dans une fuite éperdue, les flancs battants. Leurs sabots claquaient sur l'asphalte avec un bruit sec.

Ils n'ignoraient pas les chasseurs, leur attention était ailleurs. La harde fuyait simplement quelque chose de bien plus mortel. Une marée organique qui s'apprêtait à déferler sur la vallée...

Annotations

Vous aimez lire Goupil ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0