Sang et chocolat (Annette Curtis Klause)

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Résumé : Vivian est une jeune lycanthrope qui supporte difficilement les lois des siens. Son père, le chef de la meute, vient de mourir. Le clan se prépare à l’Épreuve, afin d’élire un nouveau chef. Gabriel, un loup-garou autoritaire et viril, est pressenti pour ce rôle et, comme tous les mâles de la meute, il fait de l’œil à Vivian, qu’il aimerait bien voir devenir sa compagne. Mais Vivian n’a d’yeux que pour un lycéen humain, avec qui elle partage une complicité étrange...

Ce roman jeunesse marque mon baptême dans un style que je pensais détester : l’urban-fantasy « loup-garou ». Oui, ce genre qui a explosé après Twilight, au point de devenir une catégorie à part entière sur les plateformes d’écriture et de voir les étals des librairies spécialisées envahies par des couvertures arborant pectoraux musclés et jeunes femmes en cuir sur fond de pleine lune. J’avoue avoir des à priori sur ce genre, en doutant, notamment, de sa qualité littéraire et de son intérêt. Mais c’était avant de lire Sang et Chocolat...

Beaucoup voient en Annette Curtis Klaus l’un des auteurs précurseurs de la bit-litt : elle a en effet écrit deux livres de romance fantastique s’adressant à un public jeune adulte. Ce roman est l’un de ceux-là (l’autre est une sublime histoire de vampires dont je vous parlerai très prochainement). On y retrouve certains des tropes du genre : des lycanthropes bikers qui vivent « en meute » en se mêlant plus ou moins à la société des humains, un ancrage urbain et scolaire (l’héroïne est une lycéenne), une protagoniste qui veut sortir de sa condition, etc. Sans oublier, bien sûr, les codes de la romance loup-garou, avec les sentiments passionnés, l’amitié et le soutien mutuel entre congénères érigés en valeurs fondamentales, mais aussi l’implacable hiérarchie de la meute, gouvernée par un « alpha » (qui n’est jamais nommé comme tel) à la fois violent, autoritaire, compréhensif et protecteur.

Les loups-garous en littérature sont intéressants car ils permettent de questionner certaines choses, comme la domination masculine. Ici, les « louves » bénéficient d’une plus grande liberté sexuelle que les humaines de leur âge, mais elles sont tout de même soumises à la « loi de la meute ». Une scène assez intense au milieu du roman (celle de l’Épreuve, qui est sans doute la meilleure du livre) nous le fait comprendre. Pour avoir défendu sa mère (la compagne de l’ancien chef) contre l’attaque d’une rivale désireuse de s’affirmer à la suite du combat des mâles, Vivian se retrouve littéralement obligée de se soumettre au nouvel alpha. Le problème : elle n’est pas intéressée par ce mâle sûr de lui et plus âgé qu’elle, et n’a d’yeux que pour un lycéen un peu « emo » (si vous me pardonnez cet anachronisme), à qui elle aimerait bien parler de sa condition. Or, chez les loups-garous qui furent longtemps pourchassés par les hommes, se dévoiler à un humain est puni de mort...

J’ai moins été charmée par l’écriture dans cet opus. Si elle était sublime et coupée au cordeau dans La Solitude du Buveur de Sang, ici, je l’ai trouvé un peu bâclée. La narration est également menée sur un pas de course qui reflète bien le caractère impétueux de Vivian et ses échappées folles dans les bois. On aime ou on n’aime pas ! Bien que le roman soit court, il se passe beaucoup d’évènements par chapitre et on est parfois essoufflé à la lecture. On retrouve également l’usage de la poésie et de la peinture comme média pour transmettre ses sentiments, procédés qui tenaient une place non négligeable dans La Solitude du Buveur de Sang. L’auteure maitrise parfaitement l’insertion poétique et nous fait passer beaucoup d’émotions par ce biais, sans que cela paraisse lourd et ridicule. Au contraire, les poèmes apportent ici une dose de lyrisme et de rêve qui manque peut-être au texte narré du point de vue, très pragmatique et direct, de Vivian.

Bilan

J’aurais aimé avoir lu ce livre ado. Je pense que je suis (malheureusement) un peu trop vieille maintenant pour véritablement m’identifier au personnage de Vivian et à ses aventures d’ado rebelle (bien qu’elle fasse très adulte), ou encore, pour m’intéresser à Aiden, le poète du lycée dont elle tombe amoureuse. En revanche, j’ai beaucoup aimé le personnage de Gabriel, le futur alpha pressenti ! L’importance qu’il prend dans la seconde partie de l’histoire et le fait qu’il soit brossé par petites touches discrètes le rend mystérieux et intrigant. Je ne peux pas pousser plus loin mon analyse comparée de ces deux personnages pour ne pas spoiler le roman, mais j’ai apprécié leur évolution, et la décision que prend finalement Vivian les concernant.

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