Der Anfang ist das Ende

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Der Anfang ist das Ende — Le début est la fin*

Le E-Werk pulsait. Organisme vivant. Les basses sinuaient le long des jambes de Loreleï. Les stroboscopes syncopaient les mouvements, découpaient les corps en fragments de lumière. La jeune fille bondissait sur place, serrant tour à tour Greta et Anna. Elle repensa à la boum du collège : une hutte écrasée par cette cathédrale de son et de sueur.

Elle observa d’abord la foule, près de Paul qui lui avait commandé un Apfelschorle. Berger satisfait, il hésita quand les cousines entrainèrent son agneau sur la piste.

Elle dansa, d’abord timidement, puis avec abandon. La musique la portait. Elle ferma les yeux, sentit son corps vibrer au rythme des beats. Elle ne pensait plus à rien. Juste au plaisir de bouger. Quand elle rouvrit les yeux, elle croisa le regard d'un jeune homme. Grand, cheveux sombres, sourire en coin. Pas vraiment beau. Mais elle reconnut la carrure familière des nageurs. Il parlait avec un groupe, un peu plus loin. Elle vit ses lèvres bouger. Un des garçons éclata de rire et se tourna vers elle. Elle comprit qu’ils parlaient d’elle.
Celui au regard intense s’approcha, puis se pencha vers son oreille pour couvrir la musique :

  • Ich bin Hannes. Tanzt du mit mir ?

Elle hocha la tête.

Il prit sa main et ils s’enfoncèrent encore plus profond dans la salle. Elle fit signe à ses cousines, avant d’être engloutie par la masse compacte. Les premières notes d’un morceau familier résonnèrent. Elle reconnut le riff de Ice Ice Baby. La piste poussa un seul cri. Ralliement. Des centaines de bras se levèrent. Hannes rit et cria dans son oreille :

  • Passend, oder ? Ça tombe bien, non ?

Elle ne comprit pas. Puis elle sentit ses mains sur ses hanches, son corps contre le sien. Elle se laissa aller. Pas pour lui. Pour elle. Pour sentir ce pouvoir nouveau : faire réagir un corps avec le sien. Leurs regards se croisaient dans les flashs. Après quelques danses, le slow du moment les poussa plus près encore.
La guitare de « Nothing else matters » grimpa le long de la colonne de Loreleï. La voix de James Hetfield répondait aux mains d’Hannes. Pression sur ses fesses, leurs bassins se collèrent. Bouche dans le cou, souffle au creux de l’oreille. Le fil de sa raison céda, il n’y avait plus que ses doigts à lui sur sa peau nue, sous le t-shirt. La cuisse de son partenaire glissa entre les siennes. Braises soufflées dans son ventre. Elle releva le visage pour l’embrasser, empoigna ses cheveux pour mieux le coller à ses lèvres. Ils restèrent ainsi jusqu’à la fin de la ballade.

Elle était en nage. Hannes aussi.

Du bist wirklich heiß, murmura-t-il dans ses cheveux.

Elle comprit alors : il la trouvait heiß. Canon. Chaude. Tout le contraire de la glace. Main dans la main, ils se dirigèrent vers le bar. Loreleï aperçut Paul de dos, trop loin. Hannes lui proposa un verre de vodka orange. Il eut l'air surpris qu'une simple gorgée la fasse grimacer. Il but sans la quitter du regard, sa paume lourde sur le haut de sa jupe, puis l’entraina à sa suite.


Elle ne sut pas exactement comment ils s’étaient retrouvés dehors. L’air frais. Frissons. Il la serra contre lui. L'embrassa contre le mur. Elle répondit. La langue d’Hannes avait un goût brulant d’alcool et de désir. Ses mains savaient où aller. Parce que c’était bon, elle le laissa faire. Quand ses doigts glissèrent sous l’élastique de sa culotte, elle cessa de penser. Juste des sensations. Vives, urgentes, presque douloureuses. Il savait ce qu’il faisait. Mieux que Vivian. Il trouva tout de suite. Elle jouit contre ce mur, les jambes tremblantes, la bouche ouverte sur un long gémissement.

Et puis, il la souleva.

Est-ce que je peux encore dire non ?

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