Ein perfektes Bild
Après leur retour à Fribourg, la meute se prépara pour une journée en pleine nature. Au son de « The Power » de Snap !, Loreleï et Anna jetaient leurs affaires de plage dans leur sac. Toute la tribu se rendait au Schluchsee. Il y avait d’autres lacs plus près de Fribourg, mais la famille avait besoin d’espace. Les plus jeunes ne seraient pas collés à leurs parents, ce qui convenait à tout le monde.
En deux-pièces rouge, Anna se trémoussait en pliant son drap de bain. Elle poussa des cris en voyant Loreleï enfiler son bikini.
- Tout le tissu est passé dans les ficelles !
- Mon deux-pièces était devenu trop petit. J’allais pas mettre un maillot de natation ! Et le bikini était à ma mère, je l’ai trouvé en fouillant. Donc si ça allait pour elle, ça ira pour moi !
- Évidemment, tu lui as demandé ?
Loreleï tira la langue à sa cousine. Elle se regarda dans le grand miroir de la chambre. Pour une fois, sans critiquer ce qu’elle voyait, sans bloquer sur les détails. Visage souriant entouré de boucles souples, poitrine ronde en apesanteur dans le triangle du maillot, épaules de nageuse, hanches rondes sur lesquelles oscillaient les ficelles, longues jambes… En dansant, elle enfila une robe facile à enlever. Anna fit de même.
Loreleï grimpa dans la voiture de Paul, serrée entre Anna et Greta. Elle réclama le droit de monter devant au retour, à la place d’Aleksander. Celui-ci promit… à condition que Loreleï ne fasse aucune bêtise. Après lui avoir balancé un coup sur l’épaule, elle demanda :
- Il n’y aura que nous ?
Dans le rétro, elle vit le sourire de son cousin.
- Non, des potes nous rejoignent. Je pense donc que je vais rester confortablement installé à l’avant au retour.
La tape de protestation ne se fit pas attendre. Après quarante minutes de route, les voitures des cousins et cousines se garèrent dans un secteur isolé. Ils attendirent leurs amis avant de gagner une plage tranquille par un petit sentier.
Courses dans l’eau, foot sur la plage, rires et cris… Les libellules n’en pouvaient plus de tout ce raffut et s’en allèrent chasser plus loin.
Quelqu'un sortit un paquet de son sac et s’exclama :
- Faut manger les toffifee avant qu’ils fondent !
Loreleï déboula en hurlant :
- Toffifee !
Elle pila devant le garçon, se rendant compte qu’il ne s’agissait pas d’un de ses cousins. Assis à côté d’Aleksander, il la regarda avec un sourire malicieux qui monta jusqu’aux yeux :
- Tu fais une crise d’hypoglycémie ou t’es juste gourmande ?
- Y’a pas de toffifee en France !
- T’es la cousine française ? Okay, par compassion, prends.
Tout en lui tendant la boite, il plongea ses yeux noirs dans les siens. L’expression de sa cousine n’échappa pas à Aleksander, qui chantonna : « Qui va s’assoir devant ce soiiir ? »
Loreleï s’assit à côté du jeune homme, qui se présenta :
- Luka. Tu es Loreleï ?
Celle-ci prit le temps de mâcher la coque de caramel, chocolat et noisette. Un délice qu’une Bretonne ne pouvait qu’apprécier. La bouche un peu collante, elle demanda :
- Dis, les toffifee, c’était une offre unique ou t’en donnes encore ?
- Ça dépend. Tu restes pour le chocolat ou pour autre chose ?
- J’hésite. Le chocolat, ça fond vite. Il est prioritaire.
- Les gens, ça peut fondre aussi. Faut peut-être revoir tes priorités.
Aleksander poussa un soupir sonore et partit rejoindre l’équipe de foot de plage.
Tout en faisant des ravages dans la boite de sucreries, Luka et Loreleï discutaient de leurs études, des différences entre l’Allemagne et la France. Il avait 17 ans, lycéen lui aussi. Il lui posait des questions, son regard sur elle était curieux. Le soleil commençait à taper fort. Ils décidèrent d’aller nager.
La suite fut faite de rires, confidences et rapprochements. Jusqu’à ce que Loreleï lance ses bras autour de son cou et l’embrasse. Elle apprécia son goût, son rythme, la douceur de sa bouche et ses mains légères sous l’eau. Ses jambes autour de la taille du garçon, elle lécha ses épaules et son cou. Il frissonnait encore quand il demanda :
- On va se trouver un coin plus tranquille ?
- Ja… mais j’ai pas envie de… trop.
- Tu veux quoi ?
- Des caresses. Juste des caresses.
Il sourit.
- Beaucoup de caresses.
Elle posa ses lèvres contre les siennes et murmura :
- Beaucoup… beaucoup…
En passant prendre leurs serviettes, elle prévint Anna qu’elle partait dans la forêt avec Luka.
Sa grande cousine acquiesça :
- Il est gentil. Et sinon… tu cries et je lance Paul et la meute sur lui !
Luka, qui avait entendu, répondit :
- Ich werde ganz brav sein. Je serai sage.
Loreleï appuya, mutine :
- Wir werden ganz brav sein.
Elle marqua une pause :
- Wie ein Bild ! Nous serons sages. Comme une image !
Anna afficha un air méfiant :
- Encore une expression française ?
- Oui.
Je ne précise simplement pas quelle image j’ai en tête, pensa Loreleï
Après avoir marché une dizaine de minutes dans une nature de plus en plus sauvage, le jeune couple se trouva un refuge, entre arbres et buissons touffus. Ils posèrent leurs serviettes côte à côte et reprirent leurs baisers en se souriant joyeusement. Ils étaient à genoux quand Luka écarta le haut du bikini de Loreleï. Il attendit pour vérifier sa réaction. Elle se retourna. Dos à lui, la jeune fille lui demanda de tirer sur les ficelles. Après avoir délié ses seins, leurs caresses et baisers se firent brulants. Le torse de Luka contre son dos, elle entendit son murmure :
- Des caresses. Juste des caresses.
Loreleï bougea ses fesses contre son sexe en érection et tourna son visage vers lui :
- Viel. Mehr. Wieder. Beaucoup. Plus. Encore.
Luka respirait avec difficulté, ses mains crispées sur les hanches de Loreleï.
— C'est la première fois que je... enfin, pas la première fois, mais la première fois que c'est aussi... – Il chercha le mot. Intense.
Il recula. Ils se regardèrent, hésitants et impatients à la fois. Il lui demanda de s'allonger. Puis, défit le bas de son bikini, comme on déballe un cadeau. Il vint près d’elle et glissa ses doigts entre ses cuisses. Elle se cambra et soupira. Loreleï fut surprise : il la doigtait et caressait son clitoris en même temps. Elle se tourna un peu sur le côté pour le caresser à travers son short, qu’elle finit par baisser en partie. Haletante, elle retomba sur le dos, les yeux du garçon ne la quittant pas.
Elle veut le regarder aussi. Ne rien manquer de la langue humide de Luka passant sur ses lèvres. De sa main bougeant entre ses cuisses à elle. Il se penche pour lécher la pointe de ses seins. Morsures. Gémissements. Paupières qui se ferment. Qui se rouvrent sur la nuque de Luka courbée sur sa poitrine, son bras qui va et vient. Elle gémit plus fort. Respiration suspendue. Cri animal. Décharge dans tout le corps. Elle sent ses contractions par vagues autour des doigts de Luka. Il a ce geste — lécher ses doigts humides d’elle. Son ventre se contracte presque douloureusement — elle gémit encore.
Quand les vagues refluèrent, elle le regarda et fit un signe vague vers son sexe toujours dur :
- Tu n’as pas… Tu veux que…
- T’es obligée de rien.
Elle réfléchit sans le quitter des yeux.
- Tu peux… enlever ton short et me montrer ?
- T’es sûre ?
- Oui, j’ai envie de voir.
Allongés côte à côte à nouveau, Loreleï suivait la main du jeune homme qui montait et descendait. Elle se mit à califourchon sur lui, se caressa les seins avant de se pencher vers la bouche de Luka. Elle mêla sa langue à la sienne alors qu’il continuait à se branler. L’excitation de Loreleï grimpait, grimpait… C’était trop beau. Sexy. Cru. Elle n’avait pas le bon mot. Elle se redressa avant de descendre vers .. vers lui. Elle n'avait jamais trouvé le bon mot pour ça non plus. Luka relâcha sa prise et Loreleï glissa sa langue sur le gland. Elle goûta, regarda Luka qui se mordait les lèvres. Il soupira :
- Encore !
Elle murmura « non » en souriant et s’allongea près de lui. Écarta légèrement les jambes :
- Mets-toi là. Caresse-toi. J’ai envie… que tu viennes sur moi, sur mon ventre.
Quand il gicla sur sa peau bronzée, Loreleï admira l’image qu’elle avait créée. Ein perfektes Bild. Une image parfaite.
De retour sur la plage, les jeunes s’étaient rapprochés pour partager leur pique-nique. Il faisait encore bon. Après avoir posé leurs draps de bain, Loreleï et Luka entrèrent dans l’eau. Il caressa doucement le ventre de sa compagne pour laver les traces de leurs jeux. Elle se blottit contre lui. Les paumes du garçon étaient enveloppantes et tendres. Il la gardait entre ses bras. Elle posa sa tête au creux de son cou.
- Les amoureux, il ne restera plus rien à manger !
Ce cri les sortit de leur bulle.
Loreleï partagea sa serviette — l’autre étant désormais d’une propreté douteuse. Elle eut la chair de poule. Luka alla chercher sa veste pour la lui poser sur les épaules. Ils ne se quittèrent pas du reste de la soirée.
Quand vint le moment de se séparer, le jeune homme lui demanda combien de temps elle restait encore à Fribourg.
- Trois jours.
Il accusa le coup.
- C’est court. Je peux venir te voir ?
- Ça me ferait plaisir. Beaucoup. Beaucoup.
Un dernier baiser et elle monta en voiture.
Loreleï prit place à l’arrière sans ronchonner.

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