La petite sirène
Périgueux, 15 décembre 1993. Loreleï, 16 ans. Vivian, 19 ans.
Vivian passait la plupart des week-ends chez Loreleï maintenant, quand il ne devait pas rester sur Bordeaux, pour ses cours de STAPS.
Ils avaient dîné avec Ingrid, qui appréciait la vie que ce jeune couple apportait. Elle était partie dans sa chambre depuis longtemps.
Dans la leur, Vivian avait laissé la lampe de chevet allumée, pour mieux voir Loreleï.
Il la trouvait si belle quand elle jouissait. Les paupières closes, sa petite bouche ronde ouverte sur ses gémissements qui devenaient chant, ses seins qui palpitaient, ses épaules qui s’offraient. Il vibrait en suivant son plaisir. Appuyé sur ses mains, il la contemplait.
Paupières qui s'écartent lentement. Dans cette lumière couleur d'algue, le souffle de Vivian se prend. Les bras de la jeune fille rejoignent ses cheveux épars, au-dessus de sa tête. Il se souvient alors d’un sourire dans l’océan, d’un baiser sous-marin. Sur le drap, elle semble couler et l’appeler. D’une main, il saisit ses poignets. Elle se tend vers lui. Il serre encore plus fort. Le bassin de Loreleï le prend plus profondément.
Son regard ne le lâche pas. Ses lèvres laissent échapper :
— Je suis à toi.
Il se fige, pense : « Ma sirène noyée. Je veux être sûr d’avoir compris. »
Sans lâcher ses poignets, il descend son torse vers elle et glisse son autre main sous ses fesses. Sa bouche contre sa nuque, il en veut encore :
— Redis-le.
Elle crie presque.
— Je suis à toi.
Il appuie d'un coup de rein.
— Tu m’appartiens.
Elle le chavire :
– Tout. – Elle gémit plus fort.- Mon corps. – Sursaut brutal de ses hanches. – Mon amour. Tout. Toujours.
Il la mord violemment. L'orgasme de sa sirène le serre si fort qu’il sombre avec elle.

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