Crash - Interlude

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Autopsie d'un crash annoncé


Hourtin, 27 février 2024. Vivian, 50 ans.

Quand Vivian entre dans la chambre de sa fille, il est frappé par la musique – surtout par les paroles.


« Ma fille, les hommes dangereux t'aimeront toujours trop, mais jamais bien. (…) Ce fou, il aime qu'on soit seul sur terre. (…) On était beau c'est vrai, mais pas longtemps. On était beau sur cette ambiance de fin des temps. »

Le corps d'Angèle semble avoir quitté la chambre – pure énergie, les yeux fermés, cris sur le refrain. Les pensées de son père s'entrechoquent :

Elle a quatorze ans. Putain. Comme Loreleï quand mes mains la touchaient. Et ces jours, et ces nuits, les premières fois... Putain. C'est trop jeune.

Encore un père qui ravale ce qui monte et risque de le noyer. Plus tard, Vivian demandera à Angèle ce qu'elle écoutait. Plus tard, il se laissera envahir par les paroles. C'est seul, qu'un père peut pleurer.

Je t'aimais trop.
Il le savait.

Jamais bien ?
Il en doutait, parfois. Mais était-ce à lui de le dire ?



*****

Crash, Solann


A 113 sur une route de campagne, t'attends de voir si j'ai peur

L'euphorie accompagne le frisson, le sexe et l'horreur

Tu me testes et t'es si fier, je fixe les bandes blanches quand t’accélères

Je pense à la Lune qui nous suit, qui doit rire de voir deux amoureux se détruire dans la nuit

Et je pense à la Lune qui nous suit, qui doit rirе de voir deux amoureux sе détruire dans la nuit

Ce fou il aime qu'on soit seuls sur Terre, faire l'amour sur la banquette arrière, rédemption dans le kérosène

Le sexe, l'effort, les pleurs, les corps, la rage entre les dents, les doigts dans les cheveux

Doux quand il veut, sort les crocs quand il peut

Et si je l'aimais pas tant je crois que je sauterais en marche

Ouais si je l'aimais pas tant, j'crois que j'sauterais en marche


Et il hurle, hurle, hurle

Le sexe, l'effort, les pleurs, les corps

Mais il m'aime, m'aime, m'aime

La rage entre les dents, l'odeur de kérosène

Et il hurle, hurle, hurle

Le sexe, l'effort, les pleurs, les corps

Mais il m'aime, m'aime, m'aime


A 113 avec 3 grammes dans le sang, violent dans les coups de volant

La main sur la poignée, je reste à l'affut et je rêve de sauter

J'suis ta douce seulement quand je suis ton mouvement quand je dis oui

Et je pense à ma mère qui me prévient "ma fille, les hommes dangereux t'aimeront toujours trop mais jamais bien"

Ce fou il aime qu'on soit seuls sur Terre, faire l'amour sur la banquette arrière, rédemption dans le kérosène

Le sexe, l'effort, les pleurs, les corps, la rage entre les dents, les doigts dans les cheveux

Doux quand il veut, sort les crocs quand il peut

Et si je l'aimais pas tant je crois que je sauterais en marche

Ouais si je l'aimais pas tant, j'crois que j'sauterais en marche


Donnez moi le crash au ralenti

J'l'attends avec un grand sourire

Donnez recours pour sortir de là

J'préfère les éclats de verre aux éclats de voix

Extirper mon corps du brasier

Et ramper sur le pavé

Ça reste plus digne que d'vivre sous les paroles d'un homme paumé

On était beau c'est vrai

Mais pas longtemps

On était beau sur cette ambiance de fin des temps

Donnez moi le crash au ralenti, donnez moi l'crash au ralenti

On se fait aux amours ratées

Je finirai la route à pied

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