Ceci n’est pas une déclaration (2/2)
2 juin 1992, Pau. Lettre de Vivian.
Dortoirs du centre de formation omnisport. Loreleï, 15 ans. Vivian, 18 ans.
Loreleï,
J’espère que t’es contente que je t’écrive, mais moi je n’ai qu’une parole. Et pourtant, tu sais pas ce que j’endure rien que pour t’écrire.
1 - Je peux pas faire mon travail, car moi je suis un élève sérieux !!!
2 - Je suis dans la cordonnerie, là où tout le monde fout ses merdes, je te raconte pas l’odeur. Enfin bref, ça me permet de rêver, alors…
Normalement, je serais là samedi soir pour aller au cinéma avec toi, si tu veux bien, car tu désires peut-être y aller avec un ou deux « copains ». Je délire, excuse-moi. Enfin j’espère quand même que c’est qu’un délire.
Est-ce que mon petit, mignon et adorable suçon est toujours là ? C’est peut-être la seule chose qui te reste de moi et peut-être même que je suis cocu. J’arrête de dire des conneries en espérant que ça en est. Je vais être sérieux.
Il est tard, je sais pas quelle heure, car j’ai pas de montre, mais il est tard ! Tous les mecs qui sont dans ma situation dorment, récupèrent des forces, alors que moi je surmonte l’effort avec l’énergie du désespoir, en me disant que ça te fera plaisir d’avoir un petit quelque chose de moi. Après, tu douteras de la sincérité de mes sentiments.
Même si je baratine beaucoup, au fond il y a quelque chose et je tiens à toi. Tu crois peut-être que tout ce que je veux, c’est tirer mon coup avec toi, mais il n’y a pas que ça. C’est sûr que j’aimerai faire l’amour avec toi, particulièrement avec toi, car je me sens bien quand t’es là. Je trouve aussi qu’on s’entend bien. C’est sûr qu’on n’a pas les mêmes amis et pas toujours le même humour, mais c’est pas catastrophique, je crois que ça marche.
Je vais encore m’endormir en pensant à toi.
Vivian

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