12 août - Approche du plateau
Plus haut, la pente devient moins raide. La glace revient par endroits, mêlée à des plaques de roche sombre. Je progresse plus vite maintenant.
La lumière devient étrange. Le ciel est d'un bleu dur, presque métallique. Les ombres sont nettes, découpées au couteau. À cette altitude, la lumière ne se diffuse plus de la même façon. Tout semble plus précis, plus froid, comme si l'air lui-même avait changé de nature.
Je m'arrête encore.
Et je vois une deuxième forme.
Au début, je crois que c'est une arête de roche qui dépasse. Mais en m'approchant, je comprends que la forme est différente.
Les angles sont trop nets. La pierre semble avoir été coupée.
Je passe la main dessus.
La surface n'est pas naturelle. Pas vraiment lisse, mais organisée. Comme si quelqu'un avait travaillé la roche il y a très longtemps.
Je recule d'un pas.
Je regarde autour de moi.
Et je remarque alors que cette pierre n'est pas seule. Plus loin, à moitié pris dans la glace, d'autres formes apparaissent. Des blocs qui ne suivent pas les lignes naturelles de la montagne. Comme s'ils avaient été placés là.
Le vent se lève enfin, très léger, et soulève un peu de neige sèche.
Je regarde vers le haut. La pente se termine bientôt. Juste au-dessus, le relief s'adoucit brusquement.
Le plateau doit commencer là.
Je ne sais pas pourquoi, mais je reste immobile quelques secondes. Comme si franchir les derniers mètres allait changer quelque chose.
Puis je range la gourde, ajuste le sac, et je reprends.
Encore quelques pas.
Encore quelques mètres.
Et j'atteins le rebord.

Annotations