19. Paco (Gatita)
Yaretzi se réveilla quand ils rentrèrent.
Al ne cacha pas sa surprise quand il apprit ce que comptaient faire ses amis.
─ Je croyais que c’était contraire à vos principes et qu’il n’y avait que les Mages Noirs qui agissaient de cette façon.
─ Entre faire une mauvaise action et sauver une amie, le choix est vite fait, expliqua Carmen. Ce qui va être compliqué, ce sera d’entrer. Le bâtiment est une véritable forteresse.
─ On a repéré des conduits d’aération à l’arrière, commenta Paco. Par contre, ils sont à deux mètres de haut, ce qui veut dire que seulement une personne pourra entrer pendant que l’autre montera la garde. Et puis, nous avons un autre problème…
Al et Yaretzi se redressèrent, alertés par le ton de Paco. Carmen expliqua :
─ Sur le chemin du retour, on est tombé sur un groupe de malades qui s’organisait pour venir nous prendre le Liquéfieur quand il fera nuit. Ils nous ont demandé de les rejoindre, sans savoir qui on était. Vu comment ils étaient armés, ils ne vont nous le demander gentiment…
─ Carmen et toi, Al, vous irez chercher le traitement. Moi, je reste ici pour protéger Yaretzi. Ça te va ?
Al acquiesça.
─ Tu t’en sortiras seul ? demanda le cuisto.
Paco se redressa et croisa les bras.
─ Ces types ne poseront pas un pied dans cette pièce.
─ Tu veux dire…
─ Tuer n’est pas une option. On a vu à quoi ça ressemblait dehors. C’est du chacun pour soi. Ils seront motivés par le Liquéfieur et ne s’arrêteront pas avant de l’avoir obtenu. La protection du groupe passe en première.
─ Tu fais comme tu veux, Paco. Tu as carte blanche.
Carmen le regardait sérieusement.
─ Trop gentil.
─ Nous, Al, on va se rendre là-bas. Je vais infiltrer le bâtiment et récupérer le traitement. Pendant ce temps, tu vérifies que tout se passe bien dehors.
Paco, qui était parti farfouiller dans son sac, envoya l’un de ses lasers à Al qui le rattrapa de justesse. Sa force seule suffirait à le défendre, mais une arme était toujours la bienvenue. Al et Carmen partirent juste après qu’ils se soient souhaités bonne chance. Paco trouva leurs salutations avec Yaretzi bizarrement longues. D’accord, c’était une mission périlleuse, mais ils n’avaient pas besoin d’en faire autant. Une fois le traitement entre leurs mains, ils repartiraient d’ici rapidement.
La nuit tombait. L’attaque était proche.
Paco partit prendre quelque chose dans son sac. Il se dirigea vers le seuil de la porte et fit un trait rouge avec sa bombe de peinture. Il rajouta « VIE » et « MORT » de part et d’autre de la ligne.
─ Qu’est-ce que tu fais ? demanda Yaretzi.
─ De la dissuasion.
Des bruits résonnèrent dans le bâtiment. Paco sentit l’angoisse électrifier ses membres.
─ Et moi, tu ne me donnes rien à faire ? demanda faiblement Ezi.
─ Toi, tu gardes le Liquéfieur et tu prends ça.
Il lui donna un couteau qu’il plaça dans sa main.
─ Évite de te blesser, l’avertit-il ironiquement, ce qui la fit sourire.
Il se pencha vers elle et l’embrassa amoureusement. Ezi était crispée.
─ Je t’aime.
Des pas mélangés à des voix résonnèrent en crescendo dans l’escalier du bâtiment. Paco ne ressentait aucune peur : il était déterminé à ne laisser passer personne.
Après avoir pris son élan, il se hissa sur la poutre du plafond effondré qui permettait d’accéder à l’étage supérieur. D’ici, il verrait tous ceux qui entreraient dans la pièce sans se faire voir.
Bientôt, des hommes et des femmes s’arrêtèrent à l’entrée de leur pièce. Le premier homme ne sembla pas impressionné par la ligne rouge de Paco qui estimait qu’il s’agissait de la meilleure prévention qu’il pouvait faire. Le pied de l’homme la dépassa à peine que Paco lui tira dans le crâne avec son pistolet à air très comprimé. Un petit trou apparut sur le front de l’homme avant qu’il ne tombe par terre. Une flaque de sang se répandit autour de lui.
Quelqu’un cria : « Regardez ! Elle a la machine qui peut nous guérir ! N’arrêtez pas tant qu’elle n’est pas entre nos mains ! »
Alors ils chargèrent tous dans un chao total. Heureusement que l’entrée était trop étroite pour qu’ils entrent en même temps, ça laissait le temps à Paco d’abattre ceux qui franchissait la ligne rouge. Il visait rapidement et précisément. Il ne manqua aucune cible.
Il ne vit que trop tard le petit malin qui était monté jusqu’à son niveau. Au dernier moment, Paco esquiva la batte qui allait s’abattre sur sa tête. Il perdit l’équilibre et chuta.
─ Paco !! s’écria Yaretzi.
Il lui fit signe de rester à sa place et se remit difficilement debout, un peu sonné. À l’étage, le type qui l’avait pris par surprise se moquait de lui. Pas très longtemps car Paco lui tira dessus. Son corps tomba sur ceux qui rentraient dans la pièce. Il saisit une autre arme qu’il gardait à sa ceinture et pointa les deux sur la foule de désespérés qui lui fondit dessus.
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