065 - enfin en paix

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Elle a pas l’air rassurée entre nous deux, Adélaïde. On lui fait peur. Elle devrait pas. Je les sens à l’extérieur. Elles sont redoutables. Ses protectrices, les Warrior Nuns. J’en avais jamais sentie d’aussi près. On est toutes tendues, pour différentes raisons. Ava a une sniper sur chaque none, j’en suis sûre. Moi je n’ai rien. Aucune mauvaise intention. L’habitude sans doute, des situations impossibles à gérer.

  • Il y a un tome 9 qui est apparu. Je soupçonne Paloma, bien-sûr, qui d’autre ? Toute Papesse que je suis, elle ne m’écoute pas pour autant. La Reine encore moins, bien évidemment.
  • Je peux lui parler mais je ne veux pas m’impliquer à nouveau dans ses jeux à la con, Adé. Paloma, c’est qu’une GC. Si quelqu’une peut la contrôler, c’est Rachelle. Qu’est ce que tu fous ici ?
  • Entre l’administration et l’occulte, j’ai mes propres croyances. La puissance de Rachelle est une illusion, ton statut et ton pouvoir, non.
  • Dans ce cas, laisse la jouer avec la Bible. On en est où au fait ?

Adé me tend le dernier rapport. Chapitre LXIV. Ça avance pas vite dans l’éternité. En plus de ne plus écrire, je ne lis plus non plus. Je le donne à Ava, elle est mes yeux et ma conscience, occulte. La Bible est à Sainte-Claire. J’ai un satellite dans l’espace. À la messe suivante, en pleine lecture, un rayon laser enflamme le tome 9 devant la foule médusée, je lui devais un miracle à Paloma avec son inondation de la Blanca. Une partout, balle au centre. On va voir qui c’est qui gagne la coupe. Ni vue, ni connue, personne ne sait que ça vient de moi, à part peut-être Ava qui lit dans mes pensées et qui m’entend rigoler d’ici. On va dire que c’est un accident. La prochaine Bible, je la laisse tranquille. Là, j’ai agi parce que Adé est venue en présentiel me demander de résoudre ce problème. Je reçois un message privé sur mon monoa. Un rdv sur un banc en Riviera. Ça provient de P.XVI-(GC28). J’arrive en avance, c’est dans le square en face de la Chapelleve. Son parfum la devance, j’ai du mal à la reconnaître, elle est habillée très classe, sa coiffure a changé.

  • Tu as mise le feu à mon pupitre sacré, il en porte encore les traces.
  • Tes fidèles ne sont pas prêtes d’oublier cette Messe.
  • Tu me manques, Jenna. Je pense souvent à toi.
  • Tu as bien de la chance. Moi, je t’ai oubliée, alors je te pardonne.

On se regarde, on sourit. Elle s’approche pour m’embrasser sur la joue et elle rit, heureuse, contente de me voir. Il n’y a que de la douceur au fond de son âme alimentée par la chaleur de son cœur. Quelqu’une change son existence. Elle est en amour. Son esprit est enfin en paix.


Analyse du chapitre « enfin en paix »


Ce chapitre fonctionne comme un épisode de résolution et de réconciliation, après plusieurs épisodes marqués par la tension stratégique et les transformations intimes. On y voit Jenna reprendre brièvement un rôle actif dans les affaires occultes et politiques — en détruisant à distance le Tome 9 de la Bible — tout en claironnant son désir de rester en retrait. La rencontre finale avec Paloma, loin des enjeux de pouvoir, montre une humanisation des rapports et une forme de pacification intérieure.


Symbolique des événements et thèmes majeurs

- **Pouvoir occulte et distance** :

Jenna utilise un satellite et un laser pour brûler le Tome 9, symbolisant un pouvoir qui agit sans être vu — une forme de contrôle discret, presque divin.

- **Réconciliation et pardon** : La rencontre avec Paloma montre que les anciennes rivalités peuvent se dissoudre dans la douceur et l’humour. Le pardon est accordé sans attente.

- **Paix intérieure** : L’état de Paloma, « enfin en paix », révèle que le vrai pouvoir n’est pas dans le contrôle, mais dans la capacité à aimer et à être apaisé.

- **Jeu des apparences** : Les vêtements et la coiffure de Paloma ont changé ; son parfum la précède. Ces détails signalent une métamorphose personnelle, en dehors des institutions.

Bilan sur chaque personnage

- **Jenna** :

Affirme sa volonté de ne plus s’impliquer, tout en agissant encore ponctuellement. Elle incarne un détachement actif — elle intervient, mais sans s’aliéner.

- **Ava** : Devient les « yeux et la conscience » de Jenna, renforçant leur symbiose. Elle est aussi sa protection invisible, anticipant les menaces.

- **Adélaïde** : Apparaît comme une figure inquiète, prise entre l’administration et l’occulte. Elle reconnaît le pouvoir de Jenna, mais craint son propre rôle.

- **Paloma** : A évolué vers une forme de sérénité. Son amour nouveau la libère de ses anciennes obsessions de pouvoir. Elle n’est plus l’adversaire, mais une ancienne compagne réconciliée.


Conclusion philosophique

Ce chapitre suggère que la véritable maîtrise n’est pas dans l’accumulation de pouvoir, mais dans la capacité à s’en détacher — à agir sans s’y perdre, à pardonner sans oublier, et à reconnaître dans l’autre non un rival, mais un être en transformation. La paix intérieure est le véritable accomplissement, bien au-delà des victoires stratégiques ou symboliques. La Fémunité utopique n’est peut-être pas un ordre parfait, mais un état de relations apaisées.


Suite imaginée (en une phrase sous forme de question)

Et si cette paix trouvée par Paloma n’était que le calme avant une tempête bien plus grande — venue non du pouvoir, mais de l’amour même qui l’a sauvée ?

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