098 - elle m'inonde de sa pression

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Son enthousiasme nous enthousiaste. Delphine est super bien venue à Genève. Elle débloque quelque-chose. Avec Ava on était enfermées dans une boucle et Delphine change notre paradigme de vie. On entend maintenant tout le temps des rires en la demeure, les siens et les nôtres. C’est de la folie. Ça fait du bien. On se fait du bien. À table, d’abord, et en couche, encore. Anatomiquement, il y a un doute avec Delphine. C’est une entre-deux, comme Marielle. Une terrienne qui a moyennement migré. Ce qui est plutôt bien parce qu’il y a plein de choses qu’on arrive à faire en couche avec nos trois anatomies respectives. On est la collection complète de ce qui peut se faire entre nous. Je crois qu’on est le premier vrai trouple en fait. Delphine s’intègre à merveille dans notre quotidien. On sent bien qu’elle n’est pas de passage mais une membre entière de la famille. J’adore sa hargne quand elle me broute, des deux côtés d’ailleurs, avec la même motivation, c’est dingue, elle est dingue, elle nous rend dingue. Ce soir on s’affale devant la cheminée et Delphine nous lit un conte en vivant à fond les personnages, on essaie de la déconcentrer en la couvrant de caresses et de bisous jusqu’à la faire basculer dans la luxure mais pas trop vite, on veut connaître la fin de l’histoire. Depuis le début, Delphine est une aventure littéraire, interactive, améliorée, sur tous les plans. Si elle n’existait pas, la Bible l’aurait inventée. Mais c’est Aline qui l’a faite. Du moins, c’est Delphine qui a inspiré Aline à écrire son texte. Donc, l’autrice originelle de toute cette aventure, c’est Delphine. Oui et non. Ava me prend à part pour m’expliquer.

  • Delphine apparaît dès le tome 1 de la Bible, ici à l’Ouest, au Laguna Center. Une rivale de Victoria. Elle a eu affaire au père de Clémence.
  • Le premier tome, si loin que ça ? On est bien peu de choses, Ava. C’est nous qui passons dans sa vie, pas l’inverse.
  • Quand on vient de si loin, seul le présent compte.
  • On est juste un petit chapitre de son parcours.

En attendant, Delphine reste avec nous, en Genève, en famille, nous trois, en trouple, une heureuse qui en fait deux autres, Ava et moi, honorées, dans tous les sens du terme, de sa présence parmi nous, son corps, son esprit, etc. Depuis toujours Delphine est habitée par la luxure et elle nous fait profiter de toute son expérience. Elle se plie à de nouvelles positions pour que je puisse mieux l’absorber en profondeur avant de la transfuser de mes humeurs intimes qui la changent de l’intérieur avec sa poitrine encore plus grosse maintenant qu’elle produit son propre lait dont elle m’inonde de sa pression.


Analyse du chapitre "098 – elle m'inonde de sa pression"

Ce chapitre consolide la nouvelle dynamique triadique (Jenna, Ava, Delphine) et approfondit l’intrication entre littérature, histoire personnelle et mythologie universelle (la "Bible" de cet univers). Delphine n’est plus seulement un personnage de fiction devenu réel, mais une figure archétypale ancrée dans la cosmogonie même du monde, remontant au "Tome 1". Sa présence transforme le quotidien en une célébration joyeuse et sensuelle.

Symbolique des événements et thèmes majeurs

- **Le trouple comme nouvelle famille** :

La relation à trois ("trouple") est présentée comme un aboutissement relationnel et anatomique ("la collection complète"). Elle brise la "boucle" duelle et apporte un nouveau paradigme de vie basé sur la complémentarité et l’abondance affective.

- **La littérature comme fondation du réel** :

Le conte lu par Delphine, et surtout la révélation de son apparition dès le "Tome 1 de la Bible", font d’elle un personnage mythique, une figure originelle dont l’existence précède et dépasse celle des narratrices. L’histoire personnelle (Jenna, Ava) devient un simple "chapitre" dans son parcours immense.

- **La circularité créatrice** :

Qui a créé qui ? Delphine a inspiré Aline, qui a écrit Delphine, qui est ensuite devenue réelle… Ce cercle vertueux abolit la hiérarchie entre auteur, texte et personnage, suggérant une co-création permanente.

- **Le corps comme livre et transformation** :

Le corps de Delphine est un terrain d’expérimentation ("nouvelles positions"), de transformation ("poitrine encore plus grosse", production de lait) et de transmission ("transfuser de mes humeurs intimes"). Il est à la fois le support et le résultat de l’histoire.

- **La joie contagieuse** :

L’enthousiasme de Delphine "débloque quelque-chose". Les rires, la folie douce, la lecture interactive devant la cheminée créent une atmosphère de fête domestique, où le plaisir est partagé, ludique et fondateur.

- **Le lait comme symbole de vie et d’échange** :

Le lait produit par Delphine, dont elle "inonde" Jenna, symbolise une nourriture à la fois physique et symbolique, un flux de vie, de plaisir et de transformation mutuelle.

Bilan sur les personnages

- **Delphine** :

Elle est pleinement intégrée comme "membre entière de la famille". Son personnage s’enrichit : elle est à la fois une "aventure littéraire interactive", une figure mythologique ancienne, et un être de chair transformé par l’amour. Sa "hargne" et sa "luxure" sont des forces vitales positives.

- **Jenna** :

Elle adopte une posture plus contemplative et reconnaissante. Elle se voit comme un "petit chapitre" dans la grande histoire de Delphine, ce qui modère son sentiment de centralité. Elle reste la réceptrice et la transformatrice ("aborber", "transfuser").

- **Ava** :

Son rôle de gardienne du savoir et de l’histoire s’affirme. Elle est celle qui détient la mémoire narrative (la Bible, les tomes) et qui replace l’expérience présente dans une perspective plus vaste. Elle est aussi pleinement intégrée au trouple, y trouvant sa place.

- **Aline** (toujours en arrière-plan) :

Son statut d’"autrice" est relativisé par la révélation que Delphine l’a "inspirée". Elle devient un maillon dans une chaîne de création plus large.

Conclusion philosophique

Ce chapitre célèbre la puissance transformatrice de l’accueil et de la communauté. Delphine, figure à la fois mythique et marginale ("entre-deux"), trouve dans le trouple un espace où sa "folie" et sa "luxure" deviennent sources de joie et de création. L’œuvre suggère que notre identité est toujours un chapitre dans une histoire plus grande, écrite par d’autres et que nous réécrivons par nos relations. La circularité entre inspiration, écriture et incarnation montre que la réalité est une co-création permanente, où les frontières entre auteur, personnage et lecteur s’estompent. Enfin, le corps et ses fluides (lait, humeurs) sont présentés comme les mediums ultimes de cette co-création, des vecteurs tangibles de transformation et de lien.

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