143 - notre amant préféré
On n’est pas naturellement équipées pour mais avec Ava, ce soir, c’est l’entretien de nos tunnels avec les brisims adaptés pour ne pas trop subir ensuite les assauts de Dimitri qu’on arrête pas de harceler en ligne pour nourrir sa libido. Ainsi, en présentiel, on est ses petites putes soumises et il nous embroche à la chaîne en se retirant à chaque fois qu’il est sur le point de se soulager.
- Ce serait encore plus excitant si il était notre professeur.
- On n’a pas eu cette chance. Il y en a qui en ont bien profitées, de lui.
On fait comme si il n’était pas là. L’est-il d’ailleurs ? Dimitri est en état second, sous le choc, à genoux, exténué devant nos deux petits culs encore suintant de désir. Si il y reste, c’est une belle mort, la petite dans la grande comme sa grande dans nos petits. On le fait basculer à terre et, terrassé, on le laisse tremper dans son jus et dans notre sauce. Sa régulière, Pénélope, va le récupérer dans un sale état. Mais tant qu’il se défoule sur nous et pas sur elle, ça lui va.
- Nous deux ensemble, ça lui fait trop, il n’est pas en mesure de nous combler par tous les trous.
- On a eu ce qu’on voulait, il a assuré, il fait le job.
Et nous le blow job pour le mettre en condition, lui tirer son premier jus à froid avant de nous secouer. Voilà ce qu’on en fait, nous, des autorités mâles fossiles, notre jouet fantasme à disposition. Avant il était professeur de littérature au lycée Russell où il a fini directeur avant de se caser avec l’Amirale à la retraite Pénélope Raymond, la petite sœur de Émilie, madame Vivien, le dictateur de la première vague.
- On est des méchantes filles coquines dépravées de luxures douteuses.
- Heureusement qu’on s’a pour se terminer, Dimitri ne nous suffit pas.
Exigeantes nous sommes devenues, limite dangereuses pour la Morale, de l’Histoire de la Fémunité en nous, les femelles connectées à nos mamelles, prenez et tétez en toutes, ceci est mon lait livré pour vous. Awomen. Ava adore ce genre de messe basse occulte que je murmure à son oreille pendant qu’elle crie sous la vigueur de mon ventre sur le sien. Ses ongles s’enfoncent dans mes hanches pour m’obliger à accélérer le rythme. Je me réveille. J’ai du m’évanouir. Mes blessures me prouvent que ce n’était pas un rêve et quand je m’assois Dimitri se rappelle à moi. Ava est en cuisine, elle prépare une collation avec des crêpes. Le séant encore sensible, on préfère manger debout et notre corps vibre encore de bien-être d’avoir été visitée, possédée, humiliée et souillée de la semence mâle de notre amant préféré.
Analyse
Ce chapitre offre un regard cru et ritualisé sur la sexualité hétéro résiduelle dans un monde féminin, à travers les relations de Jenna et Ava avec Dimitri. Il explore les dynamiques de pouvoir, de soumission consentie et de jouissance transgressante vis-à-vis d’un homme devenu « jouet fantasme ». La scène est à la fois érotique, violente et tendre, mêlant domination féminine (elles orchestrent la scène) et soumission performative (« petites putes soumises »). Le cadre historique (Dimitri ancien professeur, lien avec Pénélope et Vivien) ancre cette sexualité dans un réseau de pouvoir et de mémoire. Enfin, la « messe basse occulte » de Jenna transforme l’acte en un rituel sacré inversé, où le lait et la semence deviennent des offrandes.
Symbolique
1. L’entretien des tunnels et la préparation du corps
L’usage de « brisims adaptés » pour préparer leurs corps avant la rencontre avec Dimitri montre une sexualité technologique et ritualisée. Le corps n’est pas un donné naturel ; il est aménagé, préparé, optimisé pour le plaisir et pour supporter l’intensité (« ne pas trop subir les assauts »). C’est une hygiène érotique.
2. Dimitri comme « autorité mâle fossile » et jouet fantasme
Dimitri n’est plus une figure de pouvoir (ancien directeur de lycée) ; il est un « jouet fantasme à disposition », un vestige masculin utilisé pour le plaisir et la transgression. Son statut de « fossile » symbolise la fin d’une ère patriarcale, où l’homme est désormais un objet sexuel consentant et épuisable.
3. La soumission performative et le contrôle féminin
Jenna et Ava jouent les « petites putes soumises », mais elles contrôlent entièrement la scène : elles harcèlent Dimitri en ligne, l’« embrochent à la chaîne », le laissent « tremper dans son jus ». Leur soumission est une mise en scène érotique, un jeu de rôles où le pouvoir réel reste entre leurs mains.
4. La « belle mort » et l’épuisement comme accomplissement
Dimitri, « à genoux, exténué », vit une « belle mort » symbolique. Son épuisement est le signe de sa réussite en tant qu’amant et de sa subordination complète. La « petite dans la grande comme sa grande dans nos petits » est une formule cryptique qui pourrait évoquer une fusion des échelles et des puissances.
5. La messe basse occulte et la sacralisation du lait
Jenna murmure une « messe basse occulte » à l’oreille d’Ava, transformant l’acte sexuel en liturgie privée. Les paroles — « prenez et tétez en toutes, ceci est mon lait livré pour vous. Awomen. » — parodient et sanctifient l’eucharistie, remplaçant le vin par le lait, et « Amen » par « Awomen » (jeu de mots sur women). Le lait devient un sacrement distribué par la déesse.
6. Le réveil et les blessures comme preuve de réalité
Jenna s’évanouit pendant l’acte, puis se réveille avec des blessures (marques d’ongles) qui prouvent que « ce n’était pas un rêve ». Cette corporéité marquée ancre l’expérience dans le réel charnel, malgré son intensité quasi mystique.
7. La collation debout et le corps qui vibre encore
Manger debout parce que s’asseoir réveille les sensations : cela montre que le plaisir persiste dans le corps au-delà de l’acte, transformant le quotidien (manger des crêpes) en prolongement de l’extase. Le corps reste un lieu de mémoire sensorielle.
8. Les liens historiques : Pénélope, Vivien, Russell
La mention de Pénélope (régulière de Dimitri), sœur d’Émilie, femme de Vivien (dictateur de la première vague), inscrit cette scène dans une trame historique et politique complexe. Cela rappelle que les relations intimes sont toujours enchâssées dans des réseaux de pouvoir anciens.
Bilan
- Jenna (narratrice)
Est à la fois participante extatique et prêtresse ritualisatrice. Elle orchestre la scène avec Ava, invente une liturgie lactée, et assume pleinement la dimension transgressive (« méchantes filles coquines dépravées »). Elle reste consciente des enjeux historiques (Dimitri, Pénélope, Vivien) et célèbre la puissance féminine même dans la soumission jouée.
- Ava
Est la complice active et exigeante. Elle participe à la préparation, au harcèlement en ligne, et à la scène. Ses cris, ses ongles, montrent qu’elle vit l’expérience avec intensité physique. Elle partage avec Jenna le goût de la transgression et du contrôle.
- Dimitri
Est l’objet érotique et historique. Son rôle est d’assurer le service sexuel et d’incarner le fantasme de la masculinité dominée. Son épuisement est à la fois une victoire (il a « assuré ») et une défaite (il est « terrassé »). Il est le lien vivant avec un passé patriarcal révolu.
- Pénélope (mentionnée)
Est la régulière qui tolère et bénéficie de ces escapades. Son attitude pragmatique (« tant qu’il se défoule sur nous et pas sur elle, ça lui va ») montre une conception ouverte et utilitaire du couple.
Conclusion
Ce chapitre propose que dans un monde où le pouvoir masculin est devenu fossile, la sexualité hétéro peut être réinventée comme un jeu de domination féminine consentie et ritualisée. Dimitri n’est pas un oppresseur, mais un instrument de plaisir et de transgression, un moyen pour Jenna et Ava d’explorer la soumission comme performance et de sacraliser leur propre puissance (par la messe lactée). Le corps masculin épuisé devient le symbole d’une victoire érotique et historique. Enfin, la persistance du plaisir dans le quotidien (manger debout) montre que l’extase n’est pas un moment isolé, mais un état qui se prolonge et transforme la perception du monde. La véritable révolution sexuelle n’est peut-être pas l’abolition des genres, mais leur recomposition en rôles érotiques librement choisis et ritualisés, où même le « fossile » masculin trouve une place et une gloire.
Suite générative
Et si Pénélope, en venant récupérer Dimitri, découvrait sur son corps des marques non seulement de leurs jeux, mais aussi des résidus de lait de Jenna — et que ce lait, analysé, révélait des propriétés génétiques capables de régénérer les cellules masculines vieillissantes, ouvrant la voie à une nouvelle ère de symbiose biologique entre les genres ?

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