Chapitre 1 : Stèle
/// Bonjour à toutes et à tous,
Ceci est le tout premier roman que j’écris.
Je suis actuellement en pleine phase d’écriture et de construction de l’univers. Le texte contient probablement encore des fautes d’orthographe ou de grammaire, qui seront corrigées au fur et à mesure de l’avancement du projet.
Vous suivrez ici les aventures d’Ehra, une jeune Amazone vivant dans un monde de fantasy entièrement original. Réfugié loin du reste du monde, son peuple cache de nombreux secrets que vous découvrirez progressivement au fil de l’histoire.
L’univers abordera des thèmes de fantasy et de dark fantasy, avec de l’aventure, des créatures, des conflits politiques et des peuples marqués par leur passé.
Je reste ouvert à tous les retours et commentaires.
Merci d’avance à celles et ceux qui prendront le temps de me lire.
Bonne lecture !///
Elle courait droit devant elle. Son rire allait plus vite que ses pas, porté par le vent chaud de la place principale. Derrière elle, quatre enfants qui essayaient de la rattraper avec leurs petites jambes frappant les pavés de l’allée centrale. L’objectif était simple, atteindre en premier le monument des Partis Trop Tôt. Cette stèle en pierre de granit rose se dressait en forme d’épine de plusieurs mètres de haut, large de deux bœufs avec quatre côtés parfaitement lisses. Celle-ci était construite au centre du village peuplé de plusieurs centaines de familles sur laquelle était écrit le nom de milliers de personnes. Les bruits de ses pieds claquant au sol à vitesse régulière, elle se rapprocha de la stèle. Encore trois pas. Deux. Un. Elle plaqua ses petites mains sur la pierre.
— J’ai gagné !
— Mais… Tu as triché Ehra ! Se plaignit un des enfants arrivant peu après, .
— Pas du tout ! Je suis juste plus forte et plus rapide que vous mes petits loubards ! D’ailleurs, Jahmy a tout vu, n’est-ce pas Jahmy !?
- Bien entendu ! Je confirme. J’ai vu que tu avais triché ! Tu ne cesseras donc jamais de faire des filouteries ma petite Ehra ?
Comme elle courait avec un handicap pour équilibrer la course, elle avait pris un raccourci en pensant que les autres enfants ne la verraient pas. Mais Jahmy, l’adjoint à la Blaktala, la cheffe du village, avait tout vu. Elle sentit une chaleur lui monter au visage, et sa joue commença à rougir. Afin de ne pas paraître couleur tomate, elle se gratta les oreilles. Une légende raconte que lorsqu’on se gratte les oreilles, ce sont celle-ci qui deviennent rouge, et non pas les joues. Ehra baissa les yeux sur la base de la stèle, sur laquelle elle passa ses doigts sur des écritures, des noms d’Amazones. Elle sentit la chaleur du soleil emmagasiné par la pierre se dégager et lui donner une sensation agréable au doigt. Ce bout de granit, rugueux et usée par le temps l’a complètement absorbé. Prise d’émotion et d’une voix douce, elle demanda :
— Dis Jahmy… Pourquoi il y a des noms sur la stèle des Partis Trop Tôt et pas celui de tante Pokuem ?
Jahmy ne souriait plus.
— Ehra.
Le silence. Les enfants cessèrent aussitôt de rire, on n'entendait plus que leur souffle.
— On te l’a déjà pourtant enseigné… Tu ne dois pas poser ce genre de questions.
— Oui, je sais… Mais on ne nous dit rien à ce sujet, c’est vraiment barbant !
Jahmy retira lentement sa pipe.
— Tu sais Ehra, le renouveau est un moment apaisant et de fête. Cette stèle est là pour nous le rappeler.
— Oui je le sais très bien, mais ça ne me dit pas pourquoi on n’ajoute pas tante Pokuem sur la stèle. Elle n’est plus là, on devrait y voir son nom comme tous les autres !
— Comment ça elle n’est plus là ? Et le renouveau alors ? Arrête de dire des sottises pareilles, c’est agaçant Ehra. Pokuem est déjà repartie dans les beaux chemins de la renaissance ! Tu pourrais très bien la revoir demain !
— Ah, je vois ! Donc tous ceux qui sont inscrits sur cette stèle sont ceux qui ne sont pas dans le renouveau c’est ça ? Questionna Ehra, les yeux brillant d’ingéniosité.
— ÇA SUFFIT ! Hurla Jahmy. Je te demande de respecter ce lieu et cette œuvre ! Tu n’as que dix-huit ans, t’es beaucoup trop jeune pour parler de ça, et tu sais très bien qu’il n’est pas correct de parler des Partis Trop Tôt de la sorte ! Allez-vous-en vous cinq, que je ne vous revois pas aujourd’hui !
Ehra est les quatre enfants sont partis en courant, effrayés par le barbu, sa pipe en bois et sa carrure imposante pour un amazonien de quatre-vingt-dix-huit ans.
— Il est effrayant Jahmy…
— Oui, mais c’est un homme bon. Bien qu’il m’agace à ne pas répondre à mes questions…
— Et bien moi, j’ai vu Jahmy porter les sacs de trente-cinq kg de blé et les ranger par pile de quinze dans la réserve ! Fit remarquer le plus jeune des enfants enthousiasmés d’avoir aperçu l’adjoint travailler aussi dur.
— Bien sûr, il n’est pas si vieux notre Jahmy. Mais moi, j’aimerais bien changer certaines choses. J’aimerais pouvoir parler librement de cette stèle dont personne ne sait rien ou ne souhaite pas en parler. D’ailleurs, lorsque je serais Draktala, je changerai ça !
— Draktala ? N’importe quoi ! C’est que pour les adultes !
— Oui mais je suis une adulte aussi, et crois moi que je songe bien à changer les choses. Et vous, les loubards, vous serez mes plus proches conseillers !
— Vraiment ? Pour de vrai ? Tu ne mens pas hein !
— Bien sûr que non je ne mens pas. Je compte sur vous ! Mais on n’a jamais vu les Partis Trop Tôt être ajouté sur la stèle, et ça, je ne comprends pas. Le renouveau, c’est une façon de ne pas être triste et de souhaiter un bon voyage vers l’au-delà. Mais moi, je ne pense pas qu’il existe un renouveau après. On n’a jamais vu un des notre revenir.
— Stop Ehra, on n’a pas le droit de parler de ça, on va se faire prendre encore par ta faute !
— Oui bon, j’ai compris… Que dites-vous d’aller voir ce qu’il se passe derrières les arbres géants ?
Ces mots ont figé les enfants sur place. Ils la regardaient, bouche béante, les yeux écarquillés et bloqués sur son visage. Ehra était perturbée. Elle ne comprenait pas pourquoi ces jeunes enfants qui avaient pourtant tout pour avoir un esprit critique être aussi aveuglé par le discours de leurs parents.
— Ehra, tu es bizarre aujourd’hui. Nous on ne veut pas d’ennuis avec les parents, on rentre.
Disait le plus grand des enfants du manière très mature et formelle, en prenant le plus petit sous son bras.
— Mais… Pourquoi vous partez… ?
C’est la première fois que les enfants avaient cette réaction.
— De toute façon, j’ai plein de trucs à faire ! C’est ça, partez !
En regardant les enfants partir au loin, elle eut un peu de remords. Elle comprit que sa soif d’aventure n’est pas forcément celle des autres. Elle décida de partir, où le vent l’emportera.
Elle marchait les bras ballants et la tête en l’air. Le vent faisait bouger ces cheveux. Sa tresse bleue lui caressa le milieu du dos, ce qu’elle trouvait agréable. Ses longs cheveux noirs avec une coiffure un peu tribale la gênaient parfois lorsqu’elle courait, mais elle les trouvait tellement doux et agréable au toucher qu’elle ne voulait pas les couper. Sa longue mèche noire retombait légèrement sur ces yeux, ce qui lui avait donner un toc de remettre en permanence cette fichue mèche sur le côté. Elle finit par arriver auprès d’une petite étendue d’eau. Elle s’arrêta près du bord. Elle s’observa. Dans l’eau troublée, son reflet se déforma. Ses yeux vert pomme accrochaient la lumière entre deux rides à la surface. Les peintures blanches sur ses joues avaient déjà commencé à s’effacer avec la sueur. Elle soupira. Il faudrait encore les refaire ce soir. Sous ce soleil tapant, elle eut envie de plonger dans l’eau. Mais n’ayant rien pour se sécher, elle se ravisa. Elle décida d’aller s’allonger sur un gros rocher non loin de là au plus proche du rebord de l’eau afin de se perdre dans ses pensées. Plusieurs longues minutes passèrent. Elle se mit à penser à voix haute.
— Qu’est-ce que j’aimerais aller au-delà de nos terres. Découvrir ce qu’il s’y cache… Des trésors peut-être ! J’irais dans les montagnes enneigées à la recherche de trolls et je les étudierais. J’aimerais combattre des monstres et me fabriquer une nouvelle tenue avec leur pelage ! Bon pour ça, faudrait déjà savoir se battre… Mais j’apprendrai ! Rien ne m’arrêtera. Je veux parcourir le monde ! Mais à quoi bon me dira-t-on. Après tout, ce village de Calomia a déjà tout. Une agriculture suffisante pour le village, des températures chaudes mais pas trop froide. Quoique, parfois frisquet quand même, les Amazones préfèrent la chaleur je le sais. Avec les manteaux de fourrures récupérés sur les gloutres* élevé par les palefreniers on est serein. On a vraiment tout ici, qu’est-ce qui pourrait bien me pousser à quitter mon confort…
— Et bien c’est très simple jeune fille. L’aventure !
Ehra sursauta en poussant un cri. Devant elle se tenait un homme qu’elle n’avait jamais rencontré.
*Gloutre : une loutre géante, loyale envers les amazones pouvant servir de gardien comme de monture ou de compagnon de pêche.

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