Chapitre 5 : Un vieil ami

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Anaïs :

19 novembre 2050 — 22 h 30


Emily posa sa main sur mes épaules, elle se pencha doucement vers moi.

— Anaïs... Réveille-toi. Il faut qu'on descende.



Je clignai des yeux, encore engourdie par le someil. Nous traversâmes dans l'allée centrale du bus en silence. En mettant le pied dehors, une bourrasque glaciale nous saisit. Je frissonnai aussitôt.

Emily retira sa veste en cuir rouge et la posa sur mes épaules.

— Tiens, garde ça. Ça t'évitera d'avoir froid.

Les lampadaires diffusaient une lumière blafarde et orangée sur l'abri de bus désert. Je resserrai la veste contre moi.

— Où est-ce qu'on va dormir ? chuchotai-je, la voix tremblante.

La rue était vide. En face, des d'immeubles aux fenêtres noires, sans la moindre lumière.

— Je n'en ai aucune idée, Anaïs.

Christopher se retourna vers nous, son visage restait ferme. Mais sa voix fendit le silence.

— Je connais quelqu'un qui peut nous aider. Suivez-moi.

Je hochai la tête sans poser de questions. Je glissai ma main dans celle d'Emily et nous emboîtâmes le pas à Christopher.

La rue était déserte. Nos pas résonnaient sur le trottoir humide. Après quelques minutes, Christopher bifurqua dans une ruelle sombre. Il s'arrêta devant une petite supérette encore éclairée.

— Attendez-moi ici. Je reviens. Dit-il en franchissant les portes automatiques.

Christopher :

30 octobre 2050 — 22 h 58

La porte de la supérette se referma derrière moi. Je marchai droit vers le comptoir. L'homme à la caisse, leva les yeux en interrompant sa conversation avec un client, puis contourna le comptoir sans un mot.

Il m'emmena à travers les rayons jusqu'à une porte dissimulée au fond de réserve. Il tira une corde. Une ampoule pendue au plafond s'alluma dans un cliquetis, jetant une lumière tremblotante sur les cartons entassés .

— Christopher... Ils sont entrés dans le manoir ?

— Oui. Et j'ai besoin de ton aide, Youssef.

Un léger sourire se dessina sur son visage.

— Bien sûr, mon frère. Rappelle-toi... Je t'ai fait une promesse. Et je suis homme de parole.

Youssef m'avait toujours appelé "mon frère." C'était sa façon de dire qu'il ne me lâcherait pas. Lui aussi avait quitté l'UEAA depuis longtemps.

Je le remerciai d'un signe de tête. Nous quittâmes la réserve. Youssef termina d'encaisser le dernier client, puis éteignit les lumières du magasin.

En sortant de la supérette, je rejoignis Anaïs et Emily d'un pas rapide. Derrière moi, j'aperçus Youssef fermer le rideau métallique de son magasin. Anaïs leva aussitôt les yeux vers moi tout en jetant un regard à Youssef.

— C'est qui ? Tu le connais ? On peut lui faire confiance ?

Je croisai les bras et soutins son regard.
— C'est un vieil ami. Tu peux lui faire confiance. Il peut nous aider.

Elle hocha la tête, mais je perçus encore le doute dans ses yeux.

Youssef nous rejoignit en jetant un coup d'œil nerveux à la rue.
— Vous pouvez dormir chez moi. Mais il faut se dépêcher. L'UEAA commence déjà à installer des caméras un peu partout en ville. Ils savent que vous êtes dans le coin. Ne traînons pas.

— Merci… infiniment, murmura Emily.

Nous traversâmes la rue. Youssef ouvrit la porte d'un vieil immeuble. L'escalier grinça sous nos pas. Arrivés au troisième étage, une porte s'ouvrit brusquement derrière nous. Une vieille femme en robe de chambre apparut. Cheveux grisonnants, regard perçant.

— Youssef... C'est qui, ces gens ? J'espère que ce ne sont pas des androïdes. Sinon, je serai obligée d'en informer le commandant Vraster.

Youssef la fixa, d'un air glaciale son regard fut remplit de colère dans les yeux.
— Tu n'es qu'une raciste, Irina. Et tu le sais très bien. Heureusement qu'on n'est plus en quarante. Sinon, tu aurais déjà dénoncé tout l'immeuble. Bonne soirée. Elle claqua sa porte en grommelant.

Nous entrâmes dans son appartement. Youssef referma derrière nous. L'endroit était modeste, mais chaleureux. Dans le salon, un vieux canapé en cuir occupait presque tout l'espace.

— Vous êtes en sécurité… pour l'instant, dit-il. Mais ce n'est qu'une question de temps avant qu'ils comprennent que vous êtes ici. Vous ne pourrez rester qu'une nuit.

Je m'effondrai sur le canapé. Je sortis mon arme de son holster et la posai sur la table basse en verre.
Anaïs, était toujours accrochée à d'Emily, elle s'allongea sur le matelas que Youssef venait de dérouler. Il la recouvrit d'une vieille couverture.

Emily s'assit près d'elle et lui caressa doucement les cheveux jusqu'à ce qu'elle s'endorme.

Youssef s'installa près de moi, un verre à la main. Son regard se posa sur Anaïs.
— C'est une gamine courageuse… Elle mérite mieux que ce monde de merde. Je vais vous laisser.

Il disparut dans le couloir et referma la porte de sa chambre. Emily s'installa à côté de moi, en s'allongeant sur moi en mettant sa tête sur mes jambes. Tandis que moi, je resté en alerte. La nuit promettait d'être longue.

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