MA LOUISA N’EST PAS EN FORME

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Quelles émotions ! Et moi qui n’ai dormi que douze heures en plus…

Il est largement temps de rentrer, la suite de l’enquête attendra bien demain. Je sais déjà que Minette et Idéfix ne seront pas servis en sushis ce soir et je me contenterai de ça pour trouver le sommeil.

Oh mon joli muret ! Comme je suis content de te retrouver. Et toi, petite fenêtre, quel plaisir de te revoir ! Ventre serré, je rentre à la maison.

J’ai encore l’estomac trop noué pour avaler la moindre croquette, je me glisse sur le canapé tel un phoque sur la banquise. Pas de résistance, mes yeux se ferment aussitôt et je plonge dans un doux sommeil réparateur.

19h sonnent au carillon de la salle à manger, une clé tourne dans la porte, voici Louisa qui rentre.

Je me précipite dans ses jambes :

- Oh, ma belle Louisa, si tu savais toutes ces émotions fortes aujourd’hui, j’ai cru voir ma dernière heure arriver ! Tu m’as tellement manqué, j’ai craint de ne plus te revoir ! Oh, câline-moi, ma gentille Louisa !

Mais contre toute attente, elle me caresse négligemment, ôte son manteau, ses bottes, jette un coup d’œil à son portable qu’elle pose sèchement sur le petit meuble de l’entrée.

Elle part à la cuisine, revient avec une grosse brioche, de la pâte à tartiner et un bol de lait, le tout sur un plateau.

Elle allume la télé, se pose sur le canapé et m’appelle.

Ah, enfin !

- Oh, ronron, ronron, que je t’aime !

Mon gentil Popeye, heureusement que tu es là.

Sa voix s’étouffe un peu, je la regarde, ses yeux sont bouffis comme quand elle vient de pleurer.

Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Elle a tout pour être heureuse : la télé, le canapé, le chocolat et moi !

Elle reprend :

- Toi au moins, tu es toujours là quand j’ai besoin de toi.

- Ça c’est bien vrai, toujours là !

- Toi, tu ne me laisserais pas sans nouvelle.

- Mais quelle idée ! Je suis fidèle au poste matin et soir et parfois même le midi.

Et tout à coup, elle s’effondre en larmes.

- Pourquoi me laisse-t-il sans nouvelle ?

- Ah, j’y suis ! C’est de Gabriel dont il s’agit ! Mais tu vas t’en passer... il était lourdaud ce gars. Ton Popeye est quand même de meilleure compagnie.

Bon, après le vidage de la boîte de mouchoirs, j’ai l’impression que mes ronrons ne sont pas d’un grand réconfort, c’est vexant !

Elle se lève d’un bond et déclare :

- Oh, et puis c’est un idiot ! Je ne comprends pas ses manières ! Je ne vais pas m’écrouler à cause d’un gars comme lui !

Je me lève aussi.

- Oui, c’est ça, oublie-le ce Gugus ! Voilà, c’est bien, c’est un peu difficile mais c’est comme le sparadrap, ça pique un peu quand on tire dessus mais quand c’est fait, c’est fait ! (enfin je dis ça mais je n’ai jamais mis de sparadrap...)

Comme Louisa se dirige vers sa chambre, je la suis. Mais là, vlam, elle referme la porte devant mon nez comme si je n’existais pas.

Je gratte un peu la porte mais je l’entends pleurer si fort que le combat auditif “grattements/gros sanglots” est perdu d’avance.

Bon bah, ce soir, ce sera canapé ! Et puis avec la fatigue de la journée, je ne vais pas tergiverser des heures. Tant pis, ça ira mieux demain... avec le sparadrap aussi ça va mieux le lendemain… enfin, je crois…

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