Chapitre 1 - 5
- Range tes crocs. Convaincs-moi.
Obéissante, la vampire explora de sa langue l’extrémité des doigts puis les accueillit dans sa bouche. Solène piquée dans son orgueil maintint le regard intense de la jeune femme alors qu’elle suçait profondément son index et son majeur. Elle les baigna de salive, jouant de sa langue d’une manière qu’elle espérait satisfaisante et laissa ses yeux quémander en silence l’approbation de leur propriétaire. La proie les courtisa avec passion, usant de toute l’amplitude de ses capacités pour satisfaire Noa, puis elle recula son visage afin d’épouser de ses lèvres la longueur des doigts. Elle détacha son regard des yeux obscurs de la vampire et entreprit alors de pencher la tête pour caresser de sa langue les côtés, déterminée à prouver sa dévotion.
Noa lui accorda quelques instants de baisers fougueux, d’adoration langoureuse, lui offrant même la grâce de son sourire satisfait lorsque les yeux de la soumise cherchèrent son approbation. Mais son expression se ternit sournoisement lorsqu’elle en eut assez. Solène sentit une pression intense écraser un de ses tétons et glapit de douleur, les yeux cherchant en vain dans ceux de sa partenaire la raison de son échec. Elle plaida en silence pour sa compassion mais sa tortionnaire se délecta de l’expression douloureuse qu’elle affichait alors qu’elle l’attirait un peu plus vers elle. Dangereusement.
- C’est tout ce que tu peux faire ?
Solène gémit.
- Je pensais que tu voulais me convaincre ?
Elle attrapa sa mâchoire.
- Alors ?
La femme tenta tant bien que mal de répondre.
- J.. Je suis désolée, je peux… je peux faire mieux, je vais faire mieux !
- Trop tard, annonça Noa avec un plaisir sadique.
D’un geste rapide, elle libéra le sein de sa proie pour un soulagement qui fut de courte durée car elle se dirigea immédiatement vers ses cheveux, tirant sa nuque en arrière. La main offerte quelques instants plus tôt à l’adoration de ses lèvres se fit pressante, cruelle, insistante dans l’entrée de sa bouche. Elle en viola bientôt les confins.
- Pathétique créature… jubila la prédatrice. Pas même capable de satisfaire une tâche aussi simple, pas même de plaider… sa… cause… martela-t-elle en enfonçant ses doigts au rythme de son humiliation.
Elle ne reçut en réponse qu’un gémissement entrecoupé de bruits humides.
La prédatrice profita jusqu’à satisfaction de la vulnérabilité de sa proie puis elle retira sa main du visage, essuyant ses doigts négligemment contre ses joues. Le regard déférent de Solène chercha le sien, elle n’osa pas parler.
- Voilà qui est mieux, ronronna Noa en libérant la poigne qui maintenait sa chevelure.
Avec une immense précaution elle fit glisser le haut de sa protégée par-dessus sa tête, Solène docile se laissa manipuler. Elle se fit ensuite diriger au sol au son d’un « viens » prononcé avec tendresse. La vampire se réceptionna aussi gracieusement que possible à genoux. Immergée dans un nuage cotonneux de soumission, elle leva des yeux transis vers la souveraine de ses désirs. Noa lui rendit un regard amoureux.
La jeune femme agenouillée observa patiemment son amante défaire sa ceinture et se débarrasser de son pantalon et de sa culotte. Le temps lui parut suspendu, sa nature impatiente visiblement corrigée, tandis que Noa pliait soigneusement son habit et s’installait, confortable, les jambes de part et d’autre des siennes. D’un mouvement doux, elle fut encouragée à se rapprocher de son sexe, le feu logé dans son bas ventre plus fort que jamais.
- Viens, petite proie, je peux sentir ton excitation d’ici.
Solène tressaillit en répondant à l’invitation. Timide d’abord, puis de plus en plus ambitieuse elle explora l’intérieur des cuisses de sa partenaire en baisers et mordillements. Le contact de la peau contre ses crocs embrasait le peu de raison qu’il lui restait. Elle traça un chemin du bout de la langue jusqu’au pénis à moitié durci par l’ivresse de pouvoir. Une main vint l’accueillir, les doigts sur sa nuque, la pressant de continuer. Comblée, elle baigna le membre de salive avant de le courtiser de ses lèvres.
Plus bas, elle sentit un pied de Noa caresser sa cuisse puis s’aventurer avec une lenteur délibérée sous sa jupe. La vampire couina lorsqu’elle endura la sensation de frottement délicieux contre son sexe avide. Elle leva les yeux, les prunelles couvertes d’un voile sensuel. L’expression innocente de sa partenaire la fit baisser le regard, honteuse d’oser présumer des intentions de sa souveraine.
- Distraite ? s’amusa Noa en jouant de la sensation qu’elle provoquait.
Une pression plus insistante arracha un gémissement obscène en réponse. Le rouge monta aux joues de Solène qui s’efforça de le masquer en retournant à son devoir. Elle prit le sexe dans sa bouche, chercha à jouer de la pression de ses lèvres et du mouvement de sa langue pour satisfaire sa propriétaire.
La femme agenouillée jubila intérieurement lorsqu’elle obtint un grognement ravi pour ses efforts. L’action conjointe d’un léger mouvement de hanches et de pression sur sa nuque l’incitèrent à poursuivre. Elle entreprit un va-et-vient plus arrogant, entrecoupé de soubresauts incontrôlés quand le frottement sur son clitoris lui provoquait des décharges mordantes de plaisir.
- Ma petite proie va-t-elle jouir contre mon pied ?
Le sourire cruel de Noa colorait sa voix d’une tonalité dangereuse. Solène supplia d’un petit cri étouffé alors que le rythme entre ses cuisses s’intensifiait, et que les mouvements de son bassin devenaient de plus en plus fiévreux.
- Alors ?
Solène recula la tête, juste assez pour articuler un « s’il te plait » confus. Elle décora le gland de sa partenaire de baisers destinés à prouver sa dévotion. La sensation contre sa vulve la déserta brutalement, elle poussa un souffle plaintif. Lentement, et en prenant bien soin d’avoir son attention, Noa dirigea un doigt fin vers son pubis, à la base de son sexe. Une vague de soumission percuta la vampire qui comprit immédiatement l’implication.
Docile, elle s’exécuta, approchant à force d’efforts ses lèvres gonflées de désir de l’ongle carmin. Elle s’étouffa légèrement mais persévéra lorsqu’elle sentit la sensation douce, humiliante, addictive, du pied de sa partenaire retrouver son intimité. La vampire approchait, du pubis luxueux, de l’orgasme. Elle redoubla de conviction, galvanisée par de déplaisir exquis du membre au fond de sa gorge, par la contraction fébrile des abdos de sa partenaire, par l’humidité franche de sa culotte coincée entre son sexe et les gestes indélicats de son amante.
Cette dernière fit grimper une main ferme sur l’arrière de son crâne. Elle lui empêcha tout recul une seconde, assez pour qu’une peur viscérale grimpe dans sa poitrine ; si proche du but. Puis dans une dernière exigence sadique elle lui déroba sa victoire, forçant le geste libérateur qui la fit s’étouffer sur les derniers centimètres.
L’impulsion sur son clitoris devenu hypersensible suffit à la faire basculer dans un sommet de plaisir. Son corps parcouru de légères convulsions ne lui fut rendu qu’après que Noa ait surmonté sa propre extase. Elle extirpa sa tête du bassin de sa souveraine. La rémanence des signaux nerveux et de son fantasme exaucé firent tressaillir ses paupières. Elle déposa amoureusement sa tempe contre une cuisse à sa portée et poussa un soupir de contentement.
- Je t’aime, expira-t-elle presque inaudible.
Une main rejoignit sa joue pour la couvrir de caresses.
- Je t’aime aussi petite proie, ronronna Noa tout bas, et je prendrai soin de toi.

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