Chapitre 5

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Le saut vers Paramat dura trois jours comme prévu.

À bord de l'Enthomos, le temps avait cette texture des longues traversées, ni tout à fait lent ni tout à fait rapide, juste suffisamment suspendu pour que les pensées prennent plus de place qu'à l'habitude.

La salle d’entraînement de l’Enthomos était petite. Quatre mètres sur cinq, un sol en caoutchouc épais, des sangles fixées au mur pour les exercices en apesanteur lors des sauts. Djoké utilisait l’espace comme il utilisait tout, entièrement, sans en perdre un centimètre.

Il était en mouvement depuis vingt minutes quand Fynn passa la tête par la porte.

Il ne dit rien tout de suite. Il observa Djoké travailler, les enchaînements avec les tonfas, lents d’abord, puis de plus en plus rapides, les lames de diverium qui sifflaient dans l’air restreint de la salle. Djoké ne s'arrêta pas.

Fynn se tenait le bras en regardant le sol.

— J’ai une chose à dire, dit Fynn. C’est pas vraiment une question. C’est plutôt quelque chose à laquelle je pense depuis un moment et que j’ai pas dite à voix haute parce que ça sonnait mieux dans ma tête.

— Dis-la quand même.

Fynn entra dans la salle et s’assit sur le sol, le dos contre la cloison, les genoux remontés contre la poitrine.

— Tu te souviens de Vorn ?

— Oui.

— Moi pas vraiment. Des trucs. L’odeur de l’usine de traitement au bout de notre rue. Les fenêtres condamnées au rez-de-chaussée parce qu’on cassait les vitres pour entrer. Le bruit des patrouilles impériales la nuit. Mais les gens, les visages, pas grand chose.

Djoké ralentit son enchaînement. Pas assez pour que ça soit visible. Assez pour qu’il entende mieux.

— J’y pense des fois, dit Fynn. À ce que c’est maintenant. Si c’est pareil ou pire. Les gamins qui grandissent là-bas, s’ils font les mêmes choses qu’on faisait. S’ils volent les mêmes trucs dans les mêmes marchés.

— Probablement.

— Ouais. Probablement.

Il resta silencieux un moment. Djoké reprit la vitesse normale de ses enchaînements.

— Quand tout ça sera fini, dit Fynn. La guerre, les missions, tout. J’aimerais y retourner.

Djoké ne répondit pas tout de suite.

— Pour quoi faire.

— J’sais pas exactement. Pas pour m’installer. Juste pour faire quelque chose d’utile. Y’a des gamins là-bas qui grandissent pour devenir soldats ou travailleurs dans les usines parce que c’est les deux seules options qu’on leur montre. Moi à leur âge j’avais Kael et toi et des systèmes à démonter pour comprendre comment ils marchaient. C’est ça qui m’a sauvé. Comprendre comment les choses fonctionnent.

Il regarda ses mains.

Djoké s’arrêta.

Il resta immobile un moment, les tonfas baissés, la respiration qui se régularisait. Il regarda Fynn assis sur le sol de la salle d’entraînement, les genoux contre la poitrine, les mains ouvertes sur les cuisses.

— Je viendrais, dit-il.

Fynn leva les yeux.

— À Vorn, si tu y vas.

Fynn le regarda une seconde. Puis il hocha la tête, une fois, comme si c’était une évidence qu’il avait eu tort de ne pas formuler plus tôt.

— Ouais. Ce serait bien.

Il se leva.

— Enfin si t’as rien de mieux à faire.

Djoké reprit ses enchaînements.

Fynn resta assis sur le sol encore un moment avant de se lever et de repartir vers le cockpit sans rien ajouter.

La salle d’entraînement reprit son silence habituel, juste le sifflement des lames de diverium dans l’air et le bourdonnement du saut autour du vaisseau.

Kael était sur le pont principal, les cartes du secteur déployées en hologramme au-dessus de la console centrale. Le satellite de Marek, c'est ainsi que les rares explorateurs qui l'avaient cartographié l'appelaient, du nom du premier qui y avait posé le pied et n'en était jamais revenu, tournait autour d'une planète massive dont le champ magnétique rendait toute détection extérieure quasi impossible. Kael avait tracé une demi-douzaine de trajets différents depuis l'orbite de Paramat. Aucun n'était idéal. Tous étaient faisables.

Des pas dans le couloir. Pas ceux de l'équipage, trop réguliers, trop contrôlés.

Archibald s'arrêta à l'entrée du pont et regarda les hologrammes un moment avant de s'approcher. Il examina les trajets tracés. Pas en touriste. En stratège.

— Le troisième, dit-il après un moment. Vous longez le champ magnétique avant d'entrer. Ça rallonge mais ça rend l'approche moins abrupte pour les systèmes de navigation.

— C'est celui que j'avais retenu.

Archibald hocha la tête. Il resta debout à côté de la console, les mains dans le dos, les yeux sur les cartes.

Le silence dura assez longtemps pour ne pas être inconfortable.

— Olius était certain que vous accepteriez, dit Archibald sans préambule. Avant même que je vous contacte pour la première mission. Il savait.

Kael ne leva pas les yeux des cartes.

— Je comprends qu'un homme comme toi puisse se demander ce que des mercenaires comme nous peuvent en avoir à faire que la guerre reprenne.

— La question m'a traversé l'esprit.

— On a grandi sur Vorn. Kael fit pivoter une des cartes pour mieux voir le trajet d'approche. Planète frontalière, présence militaire de l'empire depuis qu'on a l'âge de s'en souvenir. On a volé pour manger, on s'est battu pour survivre, et un jour on est partis parce que rester c'était mourir autrement. Il marqua une pause. On fait ce travail depuis vingt ans. On a vu ce que l'empire fait aux planètes qu'il contrôle. On a vu ce que la guerre fait aux gens qui n'ont pas demandé à y participer. Si une bombe peut remettre ça en route à grande échelle.

Il laissa la phrase ouverte. Elle n'avait pas besoin de conclusion.

— Et votre équipage ? demanda Archibald. Ils partagent ça ?

— Ils ont grandi avec moi. Et vous ? Comment on finit à escorter des mercenaires quand on commande un vaisseau de cette taille.

Archibald considéra la question un moment.

— Ma famille est militaire depuis le début de la grande conquête. Il dit ça simplement, sans chercher d'effet. Soldats d'abord, quand il fallait sécuriser les nouvelles planètes et repousser ce qu'on y trouvait. Puis procureurs, gardiens de l'ordre, quand les boucliers d'éther sont apparus et que les armes sont devenues inutiles. Des centaines d'années à faire respecter les règles plutôt qu'à les imposer par la force.

— Ça devait être reposant, de savoir quoi faire. dit Kael.

— À une vie calme, oui. Un silence bref. Il y a cent ans quand Aok a découvert Eden et compris ce que le diverium pouvait faire aux boucliers d'éther, ma famille n'a pas hésité. Du jour au lendemain, des générations de procureurs ont repris les armes. Ils ont été parmi les premiers à contre-attaquer, à ralentir l'avance de l'empire quand personne ne savait encore vraiment comment se battre contre lui. Ils étaient là quand la confédération a pris la moitié d'Eden et stabilisé la situation.

Il se tut un moment. Les hologrammes projetaient une lumière bleutée sur son visage.

— On n'a pas fait ça par goût de la guerre. On l'a fait parce que c'est ce qu'on fait depuis le début, on suit la justice là où elle nous mène. Soldats quand il le faut. Autre chose quand c'est possible.

Kael se redressa et le regarda pour la première fois depuis le début de la conversation..

— Et là ça te mène où ?

— À escorter un équipage de mercenaires jusqu'à la limite de la bordure. Quelque chose dans le ton d'Archibald indiquait que ce n'était pas une plainte. Apparemment la justice a le sens de l'humour.

Kael eut un sourire bref.

Archibald s'écarta de la console.

— Rendez-vous sur mon vaisseau dans deux heures pour le briefing. Les quatre.

Il repartit vers le couloir sans attendre de réponse.

Kael regarda le troisième trajet. Puis il effaça les cinq autres.

Le pont principal était vide.

Fynn était dans la salle d'entraînement, Siana dormait dans sa cabine. Djoké avait rejoint sa cabine.

Kael s’installa à la table de navigation avec un jeu de cartes.

Il le sortit de la poche intérieure de sa veste, là où il le gardait depuis assez longtemps pour que les bords des cartes soient usés et que certaines aient cette légère courbure qu’on ne peut plus corriger. Il les battit trois fois, par habitude, même si l’ordre n’avait aucune importance pour ce qu’il allait faire.

Il étala les cartes.

Le jeu s’appelait quelque chose dans la langue d’une planète frontalière dont il avait oublié le nom. Un jeu solitaire, sans adversaire, sans hasard véritable une fois qu’on en connaissait la mécanique. On posait les cartes dans un ordre fixe, on suivait les règles, et si on avait bien suivi les règles on arrivait toujours au même résultat. Pas de surprise. Pas de variable inconnue. Juste la progression logique d’une séquence vers sa conclusion.

Kael aimait ça depuis l’âge de quinze ans.

Il posa la première carte.

Il pensait à Archibald pendant ce temps. La conversation sur les cartes du satellite. La famille d’Archibald, les générations de soldats et de procureurs, la façon dont il avait dit soldats quand il le faut avec la certitude affirmée de quelqu’un qui n’a jamais douté de la catégorie dans laquelle il se trouvait.

La deuxième carte. La troisième.

Il avait fait confiance à Archibald parce que la logique le demandait. Pas parce qu’il le connaissait, pas parce qu’il avait des raisons personnelles de lui faire confiance, mais parce que dans les circonstances données, avec les informations disponibles, c’était la décision qui tenait. Kael prenait des décisions comme ça depuis vingt ans. La plupart du temps elles tenaient.

La quatrième carte. La cinquième.

Siana n’était pas convaincue. Il le savait. Il savait aussi qu’elle avait grandi dans le même monde que lui, sur la même planète, avec les mêmes raisons de ne faire confiance à personne par défaut. Son instinct à elle n’était pas moins valide que sa logique à lui. C’était juste différent.

Il continua à poser les cartes.

Le jeu avançait comme il avançait toujours, chaque carte à sa place, la séquence qui se construisait vers la même conclusion inévitable. Il n’y avait rien à décider ici. Rien à anticiper. Juste les mains qui posaient et le reste qui suivait.

C’était reposant.

La dernière carte tomba à sa place.

Kael regarda le résultat un moment. Puis il rassembla les cartes, les battit trois fois, et recommença depuis le début.

Le vaisseau d'Archibald était deux fois plus grand que l'Enthomos.

Kael le remarqua en montant à bord, pas avec admiration, juste avec le sens pratique de quelqu'un qui évalue les espaces. Des couloirs plus larges, des plafonds plus hauts, un éclairage uniforme qui ne laissait pas de zones d'ombre. Un vaisseau fait pour travailler, pas pour s'y installer. Les membres d'équipage croisés dans les couloirs les regardèrent passer sans s'attarder. Quatre civils escortés jusqu'à la salle de briefing, rien qui méritait plus qu'un coup d'œil.

La salle elle-même était sobre. Une table longue, des sièges fixes, une projection holographique au centre qui montrait déjà les cartes du secteur. Archibald était debout en bout de table. Il n'attendit pas que tout le monde soit assis.

— Un des transporteurs d'Olius a été attaqué pendant notre saut.

Il laissa l'information s'installer.

— L'empire sait que c'est lui qui a commandité le vol du disque. Ils essaient de le ralentir, de l'empêcher d'intervenir avant qu'ils puissent atteindre le laboratoire. Il fit pivoter la projection. Une carte du secteur frontalier apparut, avec un point rouge clignotant de l'autre côté de la limite.

— Ce matin, une flotte impériale a été détectée en orbite autour de Kethara. Planète sous contrôle de l'empire, à deux heures de la limite.

Fynn se redressa légèrement sur son siège.

— Deux heures.

— Deux heures. Ce qui nous laisse peu de marge.

Siana regardait la carte. Ses bras s'étaient croisés à un moment que personne n'avait vu venir.

— Vous avez combien de vaisseaux disponibles ?

— Suffisamment pour bloquer le passage à la flotte impériale. Pas assez pour vous escorter jusqu'au satellite et tenir la position en même temps. Archibald recentra les cartes sur Marek.

— L'Enthomos y va seul.

Le silence qui suivit fut bref mais pesant.

— Et si la flotte passe quand même, dit Siana.

— Elle ne passera pas.

— Vous en êtes certain.

— Je vous donne ma parole.

Siana l’observa un moment. Archibald soutint son regard sans difficulté.

— Le vaisseau clandestin qu'on a intercepté il y a trois jours nous a fourni ce qu'il vous faut pour approcher le laboratoire. Il fit apparaître une nouvelle projection. Un vaisseau de taille modeste, des codes d'identification en surimpression.

— Des livraisons de matériel et de vivres se font régulièrement depuis la limite. Le laboratoire ne peut pas se ravitailler autrement. Vous transférez la cargaison à bord de l'Enthomos, vous utilisez leurs codes, vous vous posez. Mission identique à celle prévue au départ. Un vol, peu d'affrontement direct.

— Sauf qu'on a une flotte impériale dans le dos, dit Siana.

— Que je bloque.

Siana se tourna vers Kael.

Kael était devant la carte. Le satellite de Marek. Le trajet qu'il avait tracé. Le point rouge de la flotte impériale de l'autre côté de la limite.

— La mission ne change pas, dit-il. On entre, on prend la bombe, on ressort. Archibald tient la flotte à l'écart pendant qu'on travaille. C'est plus serré que prévu mais la logique reste la même.

— La logique, dit Siana.

— On a fait pire avec moins.

— On avait pas une flotte de l'empire qui nous collait aux basques à ce moment-là.

— Non. Mais on avait d'autres problèmes.

Siana resta silencieuse encore un moment. Il ne détourna pas les yeux.

Elle déplia les bras. Lentement.

— Très bien.

Archibald hocha la tête et se retourna vers la projection.

— Vous partez dès que le transfert de cargaison est terminé.

Djoké, qui n'avait pas dit un mot depuis le début du briefing, se leva et s'étira.

— J'espère que vous avez prévu des rafraîchissements.

Le transfert avait pris moins d'une heure.

Des caisses de matériel médical, des réserves alimentaires sous vide, deux générateurs portables. Djoké avait supervisé le chargement en silence, vérifié chaque arrimage, puis était allé chercher Fynn.

Il le trouva dans le cockpit, les pieds sur la console, à observer Paramat par le hublot. La planète était grisâtre, sans relief, un endroit qu'on traverse et qu'on oublie. Une colonie de départ vers l'extérieur. Rien de plus.

— Archibald met ses vaisseaux en route, dit Djoké. On part dans leur sillage jusqu'à ce qu'on se sépare.

Fynn hocha la tête sans bouger.

— Tu penses à quoi ?

— À la bombe. Fynn regardait toujours Paramat. Une arme capable de désarmer une planète entière en quelques secondes. Si on la ramenait à Olius et qu'il la gardait au lieu de la détruire…

— Non.

— Je dis juste qu'il pourrait sans s'en servir comme arme de dissuasion, comme moyen de stabiliser la bordure.

— Non. Djoké posa une main sur le dossier du siège. Cette bombe ne peut rien apporter de bon. Ni à la confédération, ni à l'empire, ni à personne. Olius a raison là-dessus. On la prend, on la détruit.

Fynn tourna la tête vers lui.

— Et Léopold ?

— Ça ne plaira pas à Kael et Siana, mais c'est trop dangereux de le laisser en vie.

Fynn n'ajouta rien. Il connaissait ce ton.

Des pas dans le couloir. Siana apparut à l'entrée du cockpit.

— Kael vous attend sur le pont.

Ils étaient tous les trois devant la carte holographique quand Fynn arriva. Kael fit glisser son doigt le long du trajet tracé.

— On suit la flotte d'Archibald jusqu'ici. Il désigna un point à mi-chemin entre Paramat et la limite. Là on se sépare. On longe le champ magnétique par le nord, on entre dans l'orbite du satellite par ce côté, ça rend l'approche moins abrupte pour les systèmes de navigation.

— Et Archibald, dit Siana.

— Il tient la limite.

— Il tient la limite ? Un homme qu'on connaît depuis quarante-huit heures tient notre seule voie de sortie.

— C'est lui qui nous a mis dans cette situation, Siana. Et c'est lui qui nous en sort.

— C'est ce qu'il dit.

— Tu lui fais pas confiance ?

— Je ne confie pas mes arrières à un inconnu, non. Pas d'habitude.

— On n'a pas le choix.

— Tu lui fais confiance parce que tu as passé une heure à regarder des cartes avec lui.

— Je lui fais confiance parce que si la flotte passe, on meurt tous les deux. L'empire et la confédération. Ça ne lui laisse pas beaucoup de raisons de nous trahir.

Siana ne répondit pas. Elle regardait la carte, le satellite de Marek, le point rouge de la flotte impériale, le trajet entre les deux.

— Fynn, dit Kael. T'es prêt ?

Fynn était déjà aux commandes.

— J'attendais que ça.

L'Enthomos quitta l'orbite de Paramat dans le sillage de la flotte confédérée, ses feux de navigation perdus parmi les dizaines d'autres qui filaient vers la limite.

Le saut durait trois jours et Fynn prit la première veille.

Il l'avait demandée. Kael n'avait pas posé de questions. L'équipage dormait, les couloirs s'étaient assombris automatiquement, et il ne restait dans le cockpit que la lumière basse du tableau de bord et les reflets bleus de l'éther qui passaient contre le hublot sans jamais se répéter tout à fait.

Il posa les pieds sur la console. Enleva son manteau. Le jeta sur le siège à côté, ce manteau qui l'avait suivi depuis toutes ces années et qu'il n'avait jamais remplacé.

Les instruments tenaient le cap sans lui. Pendant un saut il n'y avait pas grand-chose à faire, juste surveiller les lectures, intervenir si quelque chose dérivait. C'était un métier calme, le pilotage en saut, à condition qu'on aime être seul avec une machine qui respire.

Il aimait bien.

Il pensa à la bombe dans la soute du laboratoire qui les attendait à Marek. Pas à la bombe en elle-même, à l'idée. Une arme qui pouvait désarmer une guerre entière en quelques secondes. Les gamins du district sud ne deviendraient pas soldats parce qu'il n'y aurait plus besoin.

Ce n'était pas une idée si simple que ça.

Djoké avait dit non. Non sans hésiter, avec cette voix qu'il prenait quand il avait déjà décidé. Olius avait raison là-dessus. On la prend, on la détruit.

Peut-être.

Mais Fynn connaissait son frère. Djoké avait dit non parce que Djoké disait non aux choses qu'il ne pouvait pas contrôler. Une bombe dans les mains de la confédération, c'était une chose qu'on ne contrôlait pas. Une bombe détruite, c'était une chose qui ne pouvait plus rien faire. Djoké préférait comme ça.

Fynn lui n'était pas sûr.

Sur Vorn les nuits étaient sèches et les étoiles étaient visibles depuis les toits des immeubles quand les lumières du district industriel s'éteignaient vers trois heures du matin, ce qui n'arrivait pas souvent. Il y était monté une fois avec Djoké pour voir. Ils n'étaient pas restés longtemps parce que Djoké avait eu peur de la chute et Fynn n'avait pas voulu rester seul là-haut.

Depuis il regardait les étoiles dans le cockpit.

Ce n'était pas la même chose. Dans un vaisseau on allait partout. Mais il n'y avait pas d'endroit où rentrer.

Il aurait aimé remonter sur un toit, une fois. Avec Djoké peut-être. Pas sur Vorn, ailleurs. Un endroit où les étoiles apparaissent.

Il reposa la tête contre le dossier du siège.

Deux jours et demi encore avant Marek.

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