Chapitre 3 : Leçon de vie

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Alors que les deux compagnons insolites finalisaient leur plan à l’abri des regards, au fond de l’auberge, le soleil commençait à tomber derrière les arbres.

Ils profitèrent de cet instant pour rejoindre le tunnel. Situé à quelques lieues du village, son entrée restait indétectable sans connaître le secret.

La nuit assombrissait le chemin. La route se faisait menaçante ; les chants d’oiseaux avaient cédé la place aux hululements lointains des chouettes.

« Là ! » pointa l’adolescent vers un éboulement des plus banals.

Mais en y regardant de près, il s’agissait d’une porte déguisée en glissement de terrain.

« Habile, je dois l’admettre. Comment avez-vous découvert cet endroit ? »

« C’est un secret de famille, transmis de père en fils. Tous les cueilleurs le connaissent. »

Ils empruntèrent le passage, refermant la lourde porte avec précaution pour ne pas attirer les curieux.

Le tunnel menait à un abri souterrain, vestige des grands hivers éternels ayant frappé le village. L’humidité ambiante dégageait une odeur rance, mais supportable.

Quelque chose inquiétait pourtant Vaelar : ce calme n’était pas naturel. Il pesait, presque oppressant.

L’adolescent avançait sans méfiance quand elle le tira brusquement en arrière, plaquant une main sur sa bouche.

« Chut… Regarde. »

Elle désigna un fil tendu d’un mur à l’autre.

« Un piège. Nos bandits connaissent ce passage. Évidemment, c’était trop facile. »

Tapis dans l’ombre comme un chat à l’affût, elle observa la caverne. De longues minutes s’écoulèrent avant qu’un bruit ne brise le silence artificiel.

« Putain… Toujours moi qui me tape les trucs les plus chiants. »

Son instinct ne l’avait pas trompée. Le calme n’était qu’un leurre. Par chance, le bandit ne les avait pas repérés.

Mais il barrait la sortie. Dilemme : le tuer ? L’assommer ? Le distraire ?

Sa réflexion détendit sa prise. Le jeune homme, bouillant de rage, fonça vers le bandit.

Plus le temps de réfléchir – sinon, c’était la mort du gamin à expliquer au chef.

D’un geste vif, elle dégaina sa lame et chargea. Le bandit, voyant l’adolescent, tira son épée pour frapper.

Profitant de l’humidité du sol, Vaelar glissa jusqu’à lui. De justesse, elle intercepta la lame visant le crâne du garçon.

L’adolescent frappa le genou du bandit, qui hurla de douleur. Vaelar acheva d’un coup sec, silencieux, précis.

L’homme s’effondra, gisant sur le sol humide.

Le jeune homme tomba à la renverse devant ce spectacle. Il eut peine à retenir son vomi, effrayé, horrifié. Tout se bousculait en lui. Haletant, les yeux écarquillés.

Vaelar le fixa droit dans les yeux. D’un ton incisif, froid : « Voilà ce qui arrive quand on joue les héros des contes de fées. Quelqu’un paie le prix. Sois heureux que ce ne soit pas toi, idiot. »

Le garçon ne pouvait détacher son regard de la scène morbide.

Vaelar le saisit par le bras et le traîna vers la sortie. Le jeune homme, encore incapable de détourner les yeux, trébuchait derrière elle.

**Fin du chapitre 3.**

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