Chapitre 5 : Ainsi arrive l'imprévu

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Tendant l’oreille, le garçon observa discrètement en direction du bruit.

Une branche qui casse. Puis deux. Puis trois.

Quelque chose n’allait pas.

Un bandit sait se montrer discret en toutes circonstances. Là, quelque chose d’autre approchait. Et ils étaient plusieurs.

Une ombre se dessina au loin, intriguant le jeune homme. Il tenta de se redresser quand la main ferme de Vaelar le cloua au sol. Son regard restait calme, mais une lueur de panique y dansait.

Elle lui fit signe de rester là, de ne surtout pas parler.

Il comprit immédiatement : la menace qui arrivait était bien pire qu’une simple troupe de bandits.

La gorge nouée, il se plaqua sur le lit de feuilles mortes et de pommes de pin, priant pour que la végétation le dissimule.

Il fixa avec dégoût les cigüres – ces fleurs annonciatrices de mauvais augure, à l’odeur infâme.

Pendant ce temps, Vaelar contourna la menace pour l’observer. De quoi s’agissait-il ? Fallait-il fuir au plus vite ?

De longues secondes de silence. Puis des minutes.

Chacune accrus le malaise du garçon, déchiré entre sa curiosité et sa peur de gêner la femme à nouveau.

Puis plus rien. Pas un bruit. Pas un craquement. Le temps semblait figé.

Dans un craquement énorme, Vaelar fut projetée contre un arbre, juste en face du garçon.

Elle se releva difficilement, puis fonça droit devant elle. Le garçon découvrit la créature hideuse : un ourglaive.

Ces puissantes bêtes ne sortaient jamais de leur tanière avant l’été. Et jamais aux abords des forêts comme ici !

Le choc de sa lame contre les griffes de la créature résonnait comme un hurlement strident. Elle se défendait bien, mais sans aide, elle ne verrait pas le soleil se coucher.

Un autre choc la fit reculer de cinq pas. Pliant un genou à terre, l’épuisement semblait l’affaiblir. Quelque chose clochait.

Le garçon remarqua sa jambe : elle saignait abondamment.

Il était déchiré. Tant d’émotions se bousculaient : FUIS ! Aide-la ! Reste caché ! Tu n’es pas un héros !

Il se prit la tête. Les pensées tourbillonnaient, sa tête allait exploser.

Un nouveau choc contre l’arbre le tira de sa paralysie mentale. L’ourglaive avait projeté Vaelar si violemment qu’elle gisait au sol, inconsciente. La bête s’approchait.

*Que faire que faire réfléchis non sang !*

Il lança un mélange de cigüres et de pommes de pin sur la créature.

L’ourglaive le dévisagea d’abord. Puis le pollen des cigüres l’atteignit. Paniqué, il détala.

Le silence revint.

Il courut à toute vitesse à son chevet, en pleurs.

Elle gisait là, inconsciente. Lui, le petit garçon perdu.

Il n’était pas un héros, ni un guerrier. Et à cause de lui, elle avait subi tout ça.

Le jeune homme saisit son sac et en sortit quelques herbes médicinales qu’il avait préparées à l’auberge. Il mixa rapidement le tout, les mains tremblantes. Quelques larmes se mêlèrent à la mixture médicinale.

Il confectionna un cataplasme sommaire et l’appliqua sur la plaie. Puis il décida de monter la garde jusqu’à ce qu’elle se réveille.

Les joues rougies par la peur, les yeux larmoyants, le courageux jeune homme voulait faire pénitence pour la vie qu’il avait prise.

**Fin du chapitre 5.**

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