50.Gendarmes et voleurs

12 minutes de lecture

Joyce

Sanitaires, rez-de-chaussée du lycée d'Houston Heights, Houston, Texas

20 Novembre 2023

Les minutes passaient comme des secondes.

— 22H54, s’impatienta soudainement la voix de Hart fils, m’extorquant un sursaut.

Depuis l’extérieur, seuls les marmonnements et les ricanements alternés du plus fou de mes ravisseurs brisaient de temps à autre le silence qui régnait en maitre dans la cabine plongée dans la pénombre. Un peu plus tôt, j’avais perçu une discussion d’où seule l’un des interlocuteurs m’avais été audible.

« Puisque je te dis que je vais régler ça…Non, papa, ce ne sera qu’un souvenir…ne t’en mêle pas et fais-moi confiance… ».

Paxton Hart, certainement.

Entravée comme je l’étais, les mains et les mollets respectivement ligotées au réservoir et à la base de l’un des WC, j’avais plus d’une fois tenté de me servir de la bague de cire, du tuyau d’alimentation en eau ou encore du robinet d’arrêt pour desserrer mes liens, sans succès. Evidemment, Duncan n’y est pas allé de main morte. Mes nombreuses tentatives avaient provoqué des frottements de corde sur mes membres, semblables à des lacérations. Aussi, j’avais cessé. Depuis la porte grandement entrebâillée, je ne distinguais qu’une succession d’évier et, avec peine, les contours de ma propre silhouette frêle dans le long miroir mural.

22H54. Plus que quatre minutes avant la fin du temps imparti fixé par Riley. Que va-t-il faire, en fin de compte ?

Parce que j’en était maintenant persuadée. Alec ne viendra pas pour moi. Il arriverait à temps pour exécuter sa vengeance, c’était certain. Mais pour moi… Nous qui oscillons systématiquement entre duo et duel, le serions-nous jusqu’à la toute fin ?

Non, il ne viendra pas.

Des claquements étouffés me parvinrent, lointains, secs. Un feulement rauque. Puis un coup de feu. Je retins ma respiration dans l’espoir que mon ouïe capte le plus de détail possible. Je me suis trompée ?

Un battant cogna, des pas retentirent, pesants et précipités. La porte de la cabine s’ouvrit sur une silhouette encapuchonnée. Je lâchai un cri et me tassai contre le réservoir lorsque j’entrevis ses yeux. Sous la cagoule, ses prunelles aussi obscures que sa folie me toisèrent, menaçantes, alors qu’il levait son bras armé.

— C’est ton moment, ma petite Joyce.

Alec

Lycée d'Houston Heights, Houston, Texas

Quelques minutes plus tôt, 20 Novembre 2023

— Toi et tes plans, Jones, cracha Weaton en me jetant un coup d’œil réprobateur.

Planqués côte-à-côte à plusieurs centaines de mètres de l’établissement, une paire de jumelles en mains chacun, nous évaluions le périmètre. Je décrochai mon attention de la lentille et soutins son regard jusqu'à ce qu'il ne secoue la tête avec lassitude.

— Ils sont deux à l’entrée du bâtiment. J’ai aperçu deux autres schnocks faire une ronde à l’est, côté terrain.

Quatre à l’extérieur. C’est bien peu. Weaton dégaina son portable pour communiquer avec Grayson, posté plus loin à l’ouest.

« Si l’ex-agent veux bien se donner la peine… », suggéra mon iPhone pendant que je me redressais.

— Donne-moi de l’avance, Oh ! s’offusqua mon coéquipier provisoire en m’imitant. C’est comme ça que tu traitres celui qui va couvrir tes arrières ? Tiens-toi prêt, Keanan, Le journaliste ne tient pas en place.

« Quelques minutes, rédigeai-je en hochant la tête. T’es vraiment sûr d’avoir fait ton service militaire ? »

Avec un signe peu accort néanmoins éloquent, il me dépassa. Lorsqu’il fut assez loin pour que ses contours se fondent à ceux des préfabriqués, je pris la direction adjacente, les yeux rivés vers la place centrale du lycée d’Houston Heights.

Aux alentours, les rares habitations étaient plongées dans le noir. Les seuls réverbères encore allumés s’avéraient être ceux appartenant au stade de football, à près de deux cents mètres de l’entrée principale. Leurs lueurs n’étaient pas suffisamment puissantes pour me mettre en évidence, cependant j’entrai dans la zone où le champ de vision put se passer de jumelles et redoublai de prudence. A moins de trois pâtés de maison, entre les arbres qui bordait l’avenue, je pus distinguer l’un des deux hommes, le dos appuyé contre l’une des grilles qui constituaient le portail. Son complice restait invisible mais je le devinais, assis sur l’une des deux tables en bois mitoyennes d’Houston Heights. Mon passé revint me harponner avec force, le temps d’un souvenir.

Penchée sur l’un de ses cahiers, je revis le visage sérieux et appliqué de Kara assise sur ce même banc. Son inquiétude se diluant pour laisser place à un sourire en découvrant que je l’observais.

Je clignai des yeux pour rompre cette vision du passé. De la main droite, je soupesai le taser avant de le replacer dans ma poche. Un journaliste et un inspecteur mise-à-pied munis de taser, et un flic avec une arme de service pour seuls stratégie face à quatre gaillards équipés. L’incongruité voire l’insolence de la situation aurait pu m’arracher un sourire, si je n’avais pas été à l’autre bout du pistolet à impulsion électrique. Le SMS que j’attendais arriva.

Weaton « Prêt, c’est quand tu veux, Jones. »

J’empruntai l’allée menant au portail de l’établissement, à découvert, portable en main. A ma vue, l’individu le plus svelte des deux se décolla de la grille et glissa sa main dans sa veste, a fortiori sur son holster. Il est droitier.

« Où es Noah Petterson ? » écrivis-je avant d’être braqué à moins d’une trentaine de mètres.

— Jette ton portable à terre et lève les mains, que je les vois, rétorqua-t-il en scrutant chacun de mes mouvements avec attention.

J’appuyai une seconde fois sur lecture afin que ma question résonne dans le silence pesant et m’exécutai sans résistance, tandis que son compagnon, déjà sur ses pieds me tenait en joue également.

— Tu vas le voir si le boss veut que tu le voies. Syl’, préviens le grand patron.

Sans me lâcher des yeux, le dénommé Syl s’empara d’un talkie-walkie. Une ombre se manifesta dans son dos, hors de vue pour lui et son complice, focalisés comme ils l’étaient sur moi. Il n’eut que le temps de grogner alors qu’un choc sourd retentit, celui de la matraque de Weaton contre son crâne. Il chancela, le communicateur lui échappant des mains, mais ne s’écroula pas pour autant. Maintenant. Alors que son comparse se détournait pour éliminer l’intru, je profitai de l’occasion opportune pour bondir sur lui. Nous nous écroulâmes tout deux sur le chemin caillouteux dans un remous de poussières et je tentai de me redresser, l’écrasant toujours. Son, flingue, je dois lui faire lâcher son foutu flingue ! Plus rapide, il envoya fermement son coup gauche dans son dos à deux reprises en direction de ma rate. Touché, je roulai sur le côté et grognassai sourdement tandis qu’il relevait le bras en direction de Weaton. En pleine lutte contre un assaillant plus coriace que lui, mon acolyte semblait toutefois déterminé à prendre le dessus.

Ignorant la douleur, je m’élançai pour m’écraser une nouvelle fois sur mon tapis humain. M’emparant de sa manchette à temps, je déviai le coup de feu et cognai son poignet à répétition, visant l’une des plus grosses caillasses à portée. Il hurla lorsque son os craqua, certainement imité par ses tendons carpiens. Son arme lui échappa. Je me redressai pour le tirer en arrière, loin de son jouet mortel. Il répliqua en me balançant un coup de talon en plein plexus, m’étalant sur le dos et me coupant instantanément le souffle.

Ahanant avec labeur, je fixai les lézardes rougeâtres qui gouttaient jusqu’au bout de ses doigts, tandis qu’il se redressait. J’étais persuadé qu’il allait se précipiter sur son pétard, mais il n’en fit rien. Il semblait disposé à poursuivre avec ses poings. Il est soit courageux, soit très con. Loin d’être pris au dépourvu, j’eus tout juste le laps de temps suffisant pour saisir mon pistolet à impulsion électrique. Les sondes détachables le touchèrent en plein thorax, et l’arc s’illumina, le figeant. Il s’écroula à mon côté droit, convulsant deux fois avant que je ne relâche la gâchette.

— Bravo la discrétion, renâcla Weaton en époussetant sa veste. Si je t’ai refilé un taser, ce n’était pas pour que tu rameutes les autres aussi vite !

J’aurais bien aimé t’y voir ! Les deux chiens de gardes dorénavant inconscients, nous les dépouillâmes pour s’équiper de leurs armes.

— Ouvre le barillet, m’intima-t-il en faisant de même.

Je m’exécutai. Quatre munitions restantes.

— Tu sais t’en servir ?

Je hochai le menton. Je devrais m’en sortir.

— Galège pas. Tiens ta crosse des deux mains pour viser. Tirer d’une main, c’est un coup à ce que la balle finisse trois ou quatre bons mètres à côté de ta cible. Ton cran mire doit être aligné au guidon, insista Marc en désignant les parties susmentionnées du canon que je tenais. Garde ton bassin aligné et prend appui sur ton pied dominant. Vise les jambes en priorité.

Je ne suis pas un frimeur. Acquiesçant toutefois, je m’agenouillai pour récupérer mon outil de communication. Aucune casse.

— On sait que vous êtes deux, ne bougez pas, les morpions !

Weaton me fit signe de contourner le bâtiment par la gauche tandis qu’il fonçait à l’opposé. Nous nous séparâmes avant que l’homme à qui appartenait la voix ne franchisse le hall principal. Je m’activai à point nommé tandis qu’une balle siffla pour se ficher dans l’angle du mur derrière lequel je venais de me mettre à couvert.

Tiens bon, Joyce.

Angélina

Pendant ce temps, à proximité d’Houston Heights, Texas

20 novembre 2023

L’agent Keannan Grayson quitta le véhicule en me laissant une consigne unique.

« Ne sortez sous aucun prétexte. Quoique vous entendiez, ne quittez pas cette voiture. »

A la place conducteur, attentive, j’attendais avec anxiété leur retour, scrutant l’horizon. Je ne me trouvais qu’à quelques pavillons de l’établissement scolaire, stationnée à proximité de quatre autres voitures, à ressasser notre discussion.

« Je comprends votre inquiétude, miss Fritzberg, mais votre présence doit rester invisible. Si nous ne revenions pas… »

Je l’avais immédiatement interrompue, ne voulant pas envisager cette probabilité. Hypothèse, pas probabilité, juste une hypothèse ! Alerte, j’étais prête à faire vrombir le moteur au moindre signe du quatuor. J’avais compris pourquoi Weaton avait accepté que je vienne les attendre. Selon l’état dans lequel ils ressortiraient de cette mission, je serais peut-être la seule en capacité physique de conduire. Cette perspective ne m’enchantait guère. Un mouvement capta mon attention et mon sang se glaça dans mes veines.

Au loin, la silhouette de Noah, arme au poing, fouillant l’allée.

Et ses pas le rapprochaient irrémédiablement de la première auto. Avec horreur, je le vis se pencher légèrement pour inspecter l’intérieur du véhicule, place arrière, puis avant. Deux bagnoles nous séparent, et m’allonger à l’arrière ne suffirait pas. Je n’avais pas le choix. Si je ne bouge pas… Je m’abaissai de sorte à demeurer imperceptible et posai le bout de mes doigts sur la poignet interne. Des frissons glacés me traversaient mais je les réprimais. Je ne vais pas garder les bras croisés en attendant qu’il vienne me cueillir ! Priant pour que la porte ne grince pas, je l’entrouvris avec d’infinies précautions. Juste d’une quinzaine de centimètres. Assez pour me permettre de m’extraire de ma place.

Cachée, en position accroupie, je repoussai la portière sans la claquer et avançai jusqu’à la roue avant gauche. Depuis mon emplacement, je ne distinguais que les boots de mon ex-patron, martelant le trottoir. Lorsque je les vis s’immobiliser en face du véhicule suivant, je cessai de réfléchir. Posant les mains sur la route gelée, je me déplaçai à quatre pattes, le plus silencieusement possible jusqu’au coffre de la voiture suivante. Les deux ou trois mètres qu’il me fallut franchir en silence me parurent interminables, mais j’y parvins. Que vais-je faire lorsque j’atteindrai le premier engin de la file ? ça, je ne le sais pas encore. En revanche, j’étais déterminée à m’éloigner, d’une manière ou d’une autre. Lorsque mon nez toucha presque le parechoc, je m’autorisai un sourire victorieux. Je peux le faire ! Alors que je m’apprêtais à le contourner pour rester du côté gauche, à l’opposé de mon ancien kidnappeur, ce dernier changea de direction.

— Puisqu’on n’est pas certain…, murmura-t-il.

Je me figeai, puis penchai davantage mon visage vers les cailloux. Ses pas contournèrent la deuxième voiture. C’est pas vrai ! Je maintins ma position, ratatinée derrière le coffre, tandis qu’une détonation résonna. Je plaquai in extrémis ma main contre ma bouche pour retenir le cri d’affolement qui se préparait à quitter mes lèvres. Une deuxième, une troisième. Je bouchai mes oreilles et serrai les dents. D’autres détonations retentirent, chacune m’extorquant un nouveau tressaillement. A défaut de pouvoir hurler mon effroi, ma vue se flouta. Non !

Le cliquetis distinctif de l’extraction d’un chargeur que l’on remplace. Mes yeux s’écarquillèrent, et je les essuyai de la manche. Ils ne nous laisseront pas nous enfuir ! Huit pneus venaient d’éclater.

Presque à plat ventre, à moins d’une dizaine de mètres de Noah, je guettai attentivement ses chaussures, prête à contourner la caisse dans le sens inverse. Il avança jusqu’au troisième véhicule derrière lequel je tremblai malgré moi comme une feuille. Allez Angie, ce n’est pas le moment de craquer ! A l’instar de deux aimants aux polarités contraires, je gagnai à quatre pattes la roue arrière droite de la carrosserie tandis que notre ennemi s’approchait de la portière avant gauche. La tentation de rouler à plat ventre pour me planquer dessous me tirailla, mais je chassai la pensée. Rien ne m’assure qu’il ne va pas vérifier sous les roues. Je n’aurai pas d’échappatoire s’il décide de pointer son flingue sur moi !

La carcasse de métal, ultime bouclier entre nous, n’atténuait aucunement les sons. Même mes inspirations courtes me parurent bruyantes, aussi je retins mon souffle, m’autorisant un faible filet d’air à intervalle vital. Je calquai le rythme de mes « pas » sur les siens. L’un après l’autre, les pneus latéraux gauche furent mis hors d’usage, m’arrachant à mes réflexions et me poussant à progresser. L’homme armé se déplaça jusqu’au coffre pendant que j’atteignais les phares avant, le cœur battant. Un regard bref à l’auto suivante me permis de comprendre que jamais je n’aurais le temps de l’atteindre sans être repérée. Patientons. J’allais devoir continuer à tourner autour de la même carrosserie, face à Noah Petterson. Aussi silencieuse que la nuit, je rampai sur le flan droit de la machine pour m’interrompre au nouveau coup de feu. Troisième pneu. Lorsque le quatrième tir retentit, adjacent à mon emplacement, je me recroquevillai malgré moi, bien que concentrée. Ses boots s’attardèrent quelques secondes dans ma direction avant de se diriger vers le dernier véhicule. Une sonnerie de portable teinta dans le silence. Une voix masculine à fortiori échauffée me parvint, en dépit de la portée téléphonique.

— …gnal de Syl’, débarrasse-toi du flic !

Maintenant ! Je repris prestement ma saillie inaudible en redressant légèrement mon buste pour prendre de la vitesse. Quelques mètres ! D’un point de vue extérieur, ma démarche devait approximer celle d’un crabe alors que je prenais appui sur les portières pour garder mon équilibre. Je l’ai ! Mes doigts s’agrippèrent enfin au phare avant droit. D’une impulsion de la main, je me tractai hissai vers l’avant en priant pour que ma réception fut couverte par le bruit des pas de l’antagoniste de mon boss. J’atterris face à la calandre, hors de portée et de vue. Nous fûmes de nouveau à une automobile d’écart. J’ai réussi ! Mon enjouement succinct fut instantanément remplacé par une bouffée d’angoisse à l’entente du silence.

Trop de silence.

D’instinct, je cherchais du regard les chaussures de Noah. Je les trouvais, fichés en face de la place conducteur entrouverte de la voiture d’emprunt de Grayson. Merde ! Dans ma hâte, j’avais négligé un détail immanquable. Personne ne laisserait sa voiture non verrouillée et entrouverte, par-dessus le marché ! Si…

— Riley a eu tort, en fin de compte, n’est-ce pas ? Angélina ?

Mon prénom, lancée d’une voix tonnante, fit s’emporter mon pouls déjà irrégulier. Non, non, il sait que c’est moi ! Il avait certainement repéré ma veste sur le siège.

— Rends-toi… Ne m’oblige pas à te tuer.

Sur ce mot aussi sinistre que lui, un pneumatique éclata, puis un second. Bien qu’engourdie par le froid et la peur, je n’attendis pas le troisième. D’un bond, je me relevai à moitié et me mis à courir. Un impact métallique trop proche de moi m’incita à plonger. Je me remis sur mes pieds dans la seconde, provisoirement à l’abri derrière le capot de la première voiture. Je le distançais d’une bonne vingtaine de mètres dorénavant, mais la cadence lente de ses chaussures ne demandait qu’à la combler.

— Angélina, ne…

Décanille maintenant ! Cours !

Sans réfléchir, j’écoutais mon intuition. Probablement surpris par ma fuite immédiate, il prit plus de temps à la visée. Le footing régulier, ça paye ! Je ne fus plus qu’à quelques pas des grilles d’entrée. En quête d’un refuge, je m’abaissai pendant ma cavale, passant derrière le bas muret le plus proche. Oui ! Bien qu’éclipsée par le rempart, je ne suspendis pas mon rush. Mon ancien chef de projet ne se laissa pas complètement distancer. Sur mes talons, il avait ponctuellement cessé de tirer. Une issue ! il me faut une issue, n’importe laquelle !

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