Chapitre 47 : Le dîner chez les Makes - Partie 1.

14 minutes de lecture

Une demi-heure de route séparait la famille Dan’s de chez les Makes. Un temps d’itinéraire plutôt pratique, ni trop long, ni trop court. Du moins sur le papier, car pour Kimi, ce trajet rimait avec assez de temps pour commencer à se détendre et pas assez pour arrêter de stresser.

Ce n’était que la troisième fois qu’elle se rendait là-bas. La première fois s’étant produite lorsque Sky et elle-même avaient eu la brillante idée d’échanger de maison. Le mot “maison” lui avait d’ailleurs paru bien trop faible à l’époque.

La deuxième fois arriva deux ans plus tard, au début de l’automne. Kimi s’en rappelait avec amertume. Ils étaient initialement venus rechercher Leroy avant de retourner à l’internat. Dossan avait été invité par Blear à rester prendre le café. Ensuite, il ne fut plus jamais seul. Et voilà qu’elle se mettait à reconnaître le chemin qui les amènerait progressivement jusqu’à la grande demeure.

Au détour de ruelles sinueuses, celle-ci reposait à l’écart du village, à la sortie d’une forêt de sapins.

Dès qu’ils y entrèrent, le ventre de Kimi se noua, avec la sensation d’être engloutie par l’étau que formaient les arbres de part et d’autre de la route. À ses côtés, Leroy tapotait sur son téléphone comme un dingue. La lueur de l’appareil illumina son expression. Heureux, il devait être en train de prévenir Lysen de leur arrivée. Elle imagina parfaitement cette dernière courir hors de sa chambre et débarquer dans le grand hall où elle l’avait rencontré pour la première fois. Elle descendrait les escaliers à toute vitesse dans le seul but de lui sauter dans les bras. Le jeu de lumière qui s’infiltrait entre les sapins accentua la scène cinématographique qu’elle était en train de s’imaginer. Puis vint le bout du tunnel.

En sortant de la forêt, la vérité lui éclata au visage. Alors que la voiture sillonnait l’allée des Makes, Kimi considéra péniblement la maison qui se dressait devant elle. Les murs qui les accueilleraient pour les prochaines vingt-quatre heures ; elle, ainsi que Leroy et Dossan, dont elle trouva le regard au travers du rétroviseur central.

  • Nous y sommes, annonça ce dernier.

Ce bref échange avait poussé Kimi à regarder ailleurs. Elle écouta les bruits de ceinture de sécurité, en s’attardant sur les breloques qui pendaient à son sac. Elle n’aimait pas ça. C’était comme s’il la surveillait.

  • Papa, ouvre le coffre ! cria Leroy, en tapant sur la carrosserie.
  • Un instant… répondit Dossan, qui était occupé à rassembler ses affaires sur le siège passager.

Les bras chargés, il envoya un regard vers sa fille.

  • Allez Kimi, on y va, dit-il simplement.

Cette dernière, acculée, s'exécuta en emportant son tout nouveau sac hors de la voiture. Dossan le lui avait acheté pour Noël. Lorsqu’il se retourna en entendant la portière claquée, Kimi pinça brièvement les lèvres et ramena humblement son sac sur son épaule.

Celui-ci était pratique. Elle avait su y coincer toutes les affaires dont elle aurait besoin pour son séjour chez les Makes. Il lui manquait peut-être un peu de courage, cependant, car dans le dos de Dossan et Leroy, Kimi traînait la patte. Elle jeta un regard vers son frère, qui marchait avec entrain devant eux, si impatient, puis revint à ses propres pieds. Elle portait des Converses noires. Elles allaient de paire avec son sac de la même marque. Et la manière dont celles-ci foulaient le tarmac reflétait parfaitement son état d’esprit.

Mise au pied du mur. Voilà exactement comment Kimi se sentait face à cette porte d’entrée.

***

  • Bonjour ! s’exclama Blear, en ouvrant la porte de chez elle.

Des cheveux soyeux.

  • Entrez-vite, il fait un froid de canard !

Ainsi, qu’un sourire chaleureux. Kimi fixa la Richess tandis que cette dernière les pressa d’entrer dans le hall. Emmitouflée dans sa doudoune, elle se sentit à l’étroit dans le couloir où Leroy et Dossan s'enfoncèrent progressivement. Kimi les suivit avec moins de naturel. Aucune habitude ne lui appartenait dans cette maison. Encore moins celle de voir son père se hisser jusqu’aux lèvres d’une femme.

Cela lui retourna le cœur. Or, lui, s’attarda à glisser des mots doux à son oreille :

  • Salut, dit-il, avec une voix qu’elle ne lui reconnut pas. Je t’ai apporté un petit quelque chose.

Le bouquet qu’il lui tendit refléta toute la tendresse dessinée entre eux. Il raviva la lumière dans les yeux de Blear, qui s’empressa de lui coller un baiser sur la joue.

  • Elles sont superbes, merci.
  • Et j’ai apporté une bouteille ! dit-il en lui exposant le paquet qu’il tenait en main. On va se régaler, c’est Chuck qui me l’a offerte.
  • Celui-là… Il connaît ses priorités !

Son rire glissa dans l’air, débordant de bonheur. Par mimétisme, Kimi les imita en riant, mais elle n’y trouva pas vraiment de raison. Coincée entre le couple et son petit frère, elle ne savait pas comment s’y prendre...

Elle devait aussi la saluer.

Dans une tentative de rapprochement, elle ôta le bonnet qui ornait sa tête, puis fit un pas vers Blear. Leroy fut cependant plus rapide en lui sautant dans les bras.

  • Blear ! Je suis trop content de te revoir !

La façon dont cette dernière le réceptionna lui tordit les tripes ; avec délicatesse, mais en l’entourant complètement. Leroy sembla particulièrement à l’aise à son contact.

  • Tu as vu ? s’en alla, ce dernier, en pointant fièrement son oreille.

Il avait entièrement confiance en elle. Tant qu’il la laissa glisser ses doigts auprès de la barre qui traversait maintenant son cartilage. Les lèvres de Blear formèrent aussitôt un immense O.

  • Cela veut dire... que tu as réussi tous tes examens ? demanda-t-elle, d’un ton prudent.

Leroy émit un suspens auquel il mit rapidement un terme.

  • Même les maths !

Folle de joie, elle le récupéra dans ses bras. Elle envoya ensuite un regard rieur vers Dossan, qui avait dès lors tenu sa promesse. Non pas que ce dernier avait été contre l’idée d’un nouveau piercing, mais cela lui avait permis de motiver son fils dont la seule préoccupation était de batifoler à longueur de journée. Blear l’avait également beaucoup aidé.

  • Il te va très bien ! s’enthousiasma-t-elle, en revenant sur le bijou. Et toi, Kimi ? Comment se sont passés tes examens ?

Un tressaut attrapa la blonde par le bout des lèvres.

  • Euh, bien, lança-t-elle, confuse, lorsque cette dernière la prit par les épaules pour l’embrasser - et qu’elle se laissa faire.
  • Super, répondit Blear, d’un ton qu’elle supposa amical. On va dans le salon ? Nous serons mieux là-bas !

Alors, c’était tout ?

Il lui sembla que la femme venait de mettre un terme aux présentations de la même manière qu’elle entreprit de se débarrasser de sa doudoune. À ses côtés, Dossan l’imita et retira sa veste. Durant ce temps, ils n’échangèrent aucun mot. Seules les frictions de leurs vêtements prirent place dans le silence.

Suite à leur dernier conflit, ils n’étaient pas arrivés à se réconcilier. Une première pour tous les deux, qui avaient vécu de pires situations que celle-là. De la perte de ses parents à l’adoption et à ses histoires de gang, Dossan et Kimi avait toujours réussi à se déjouer de leurs différends. Mais cette fois, voilà qui était bien dit, c’était différent. Kimi avait l’impression qu’il la détestait, car selon lui, elle avait mal agi. Que ce soit en protégeant Laure ou en embrassant des garçons - des amis - elle avait manqué de discernement. Il l’avait réprimandé, puni, reprit sur sa manière de lui parler. Alors, elle n’avait plus essayé. Elle s’était éloignée.

Tout simplement parce qu’elle lui en voulait, et tout de suite, car il l’avait traînée jusqu’ici pour fêter la nouvelle année.

Comment avait-il pu imaginer qu’elle se sentirait à l’aise dans cette maison ? En tirant sur les manches de son haut, Kimi le suivit machinalement jusqu’au salon, où ce dernier poussa un “Waw”.

Un immense sapin décoré reposait au milieu de la pièce. Celui-ci avait été stratégiquement déposé dans l’arrondi de l’escalier et portait finement les couleurs traditionnelles des fêtes.

  • Il est magnifique, dit Dossan, en balayant l’arbre de bas en haut.

Kimi aussi trouva l’arbre joli. Il réchauffait l’endroit qu’elle avait trouvé si froid autrefois, mais elle décida de ne rien dire, sa fierté relevé vers l’étoile qui ornait le sommet du sapin.

Jusqu’ici, tout se déroulait comme elle l’avait imaginé.

Sur le palier à l’étage, Lysen apparut en trombe. Accrochée à la rambarde de l’escalier, le regard de cette dernière s’illumina avec la même intensité que les guirlandes. Elle l’avait prédit, la jeune fille descendit les marches à toute allure pour foncer dans les bras de son amoureux. Leroy lui rendit la pareille en la serrant de toutes ses forces. Ensuite, il la contempla :

  • Tu es trop belle, lui dit-il, amoureusement.

Déjà apprêtée pour la soirée, Lysen joua fièrement des pans de sa robe. Le vieux rose était sa couleur. Il allait parfaitement avec les rougeurs qu’elle essaya de dissimuler sur ses joues.

  • Et toi, alors ? J’espère que tu as pris une chemise !
  • Je n’ai pas oublié. Elle est là-dedans, répondit Leroy, en montrant son sac à dos, d’un petit air malin. D’ailleurs,...

Alors qu’il se mit à fouiller à l’intérieur, Kimi plissa les yeux. Elle se remémora qu’avant de partir, elle l’avait vu y glisser un petit paquet.

Il le sortit, en effet, pour le tendre à Blear.

  • C’est pour toi.
  • Un cadeau… dit-elle, avec surprise et en réceptionnant l’objet qui tenait dans le creux de ses mains.
  • J’ai essayé de l’emballer du mieux que je pouvais, mais… bon. C’est pas mon fort.
  • Je vois ça, gloussa Blear en analysant le papier froissé.
  • Hé ! J’ai fait de mon mieux…
  • Je peux l’ouvrir ? lui demanda-t-elle, d’un ton déjà comblé.

Timidement, Leroy lui accorda d’un signe de tête. Il la regarda s’appliquer à déchirer l’emballage en se triturant les doigts.

Blear fit face alors à une petite boîte en velours qu’elle ouvrit d’un coup :

  • Oh ! Comme c’est beau !

Kimi dut étendre le cou pour voir ce qu’elle contenait. Des chouchous ? Blear en attrapa un entre ses doigts. Ils étaient en soie et d’un bleu aussi clair que ses yeux.

  • Je sais que tu en portes le soir avant d’aller dormir, s’expliqua Leroy, tout en piétinant. Je me suis dit que tu aimerais… Est-ce que c’est le cas ?
  • Je les adore, lui répondit-elle, avec la main sur le cœur. C’est une très bonne idée.

Le nez de ce dernier se tortilla de bonheur.

Il se tourna alors vers Lysen.

  • J’ai aussi un cadeau pour toi. Tu viens avec moi ?
  • … Comment ça, où allez-vous ? leur lança Dossan, en le voyant l’attirer vers l’étage. Hé ! Pas de bêtises les jeunes !

Ils étaient déjà à la moitié de l’escalier quand Leroy s’appliqua à lui tirer la langue. Lysen pouffa de rire avant de disparaître avec lui, ce qui amena Dossan à pousser un large soupir. Les mains sur les hanches, il croisa le regard de sa chérie. Il ne put alors s’empêcher de lui sourire.

  • Il est plein d’énergie, dit-il, d’un air résolu.
  • Tu étais au courant pour ceci ? lui demanda Blear, en lui adressant son présent.

Le regard qu’il lui convia lui donna satisfaction. Oui, il était au courant. Ils avaient été les chercher ensemble. Plantée au milieu du salon, Kimi pressa ses lèvres ensemble. Ils étaient pleins de bonnes intentions les uns envers les autres.

En les détaillants tour à tour, son sac toujours à bout de bras, elle tenta une approche qui n’avait pas pour but d’être subtile.

  • Hum, fit-elle, dans l’espoir d’attirer leur attention.
  • Kimi ! lança Blear, qui, piqué par la réalité, dégagea une de ses mèches de cheveux derrière son oreille.
  • Où est Sky ? demanda-t-elle, de façon abrupte.

Loresque l'énergie autour de Blear changea, Kimi comprit qu’il n’était pas là.

  • Il ne te l’a pas dit ? Sky est chez Jena. Ils arriveront ensemble tout à l’heure, expliqua-t-elle, en joignant les mains.

L’adolescente ne put cacher ce qui traversa son visage : ses traits qui s’affaissèrent sous la déception. Elle essaya de contenir celle-ci entre des murs invisibles, car Kimi ne voulait rien ressentir de l’enfer qui régnait sous sa poitrine.

Le ton particulièrement soigné de Blear en menaçait l’ouverture des portes.

  • Mais ne t’inquiète pas, en attendant, je vais te montrer ta chambre pour ce soir. Tu y seras en toute intimité. Tu viens avec moi ?

Avait-elle le choix ?

À contre-coeur, elle suivit la Richess et grimpa l’escalier principal, elle-même suivit par son père. Son ventre effectuait des tours, tel le tambour d’une machine à laver. Penser à Sky et Jena la rendait malade. Naïvement, elle avait imaginé que ce dernier l’aurait au moins accueillie. Il avait préféré passer du temps chez sa petite amie.

  • Je t’ai installé dans l’ancienne chambre de Billy.

En serrant la lanière de son sac, Kimi observa les longues jambes de Blear la guider jusqu’à la dite chambre. Celle-ci était à l’opposé de celle de Sky. Elle le savait, car la dernière fois, elle avait dormi dans sa chambre à lui.

  • J’espère que ça ne te dérange pas ?

D’un mouvement de tête, Kimi balaya sa question, alors que cette dernière avait déjà enclenché la poignée. Blear lui ouvrit la porte de manière à ce qu’elle puisse s’y enfoncer en première, ce qu’elle fit sans hésiter. Tel un groom prêt à l'emploi, la Richess entra ensuite, tandis que Dossan prit appui dans l’entreporte. Il l’écouta en silence.

  • J’ai changé les draps. Tu as ici tout ce qu’il te faut pour prendre ta douche, dit Blear en désignant le bureau où reposait du linge de bain. Si tu as besoin d’en prendre une aujourd’hui, n’hésite pas. Je pense que tu trouveras ton chemin, tu es déjà venue une fois, après tout !

Ces mots plus légers étaient-ils une manière pour elle de détendre l’atmosphère ? Elle avait remarqué sa nervosité dissimulée. Kimi avait toujours été doué pour déceler ces choses-là. Par exemple, elle remarqua comme Dossan sembla se transformer en bloc de béton dans son coin. Même s’il ne parlait pas, elle comprit à son air qu’il attendait quelque chose d’elle.

Kimi n’avait jamais manqué de politesse, mais la sur-vigilance de son père l’énerva. Quant à Blear, cela lui plut un peu trop de la voir s’étendre dans un silence questionnable.

En cet instant, Kimi détenait le pouvoir.

  • Merci, dit-elle, en regardant Blear dans le fond des yeux.
  • Avec plaisir !

Elle devait admettre, cependant, que Blear possédait une élégance sans faille.

  • Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas. Tu peux me demander à moi ou à Charles.

Charles. L’évocation du vieux monsieur mit du baume au cœur à Kimi. Avec lui, elle serait à l’aise.

  • Où est-ce que je peux le trouver ?
  • Il est en bas, à la cuisine. Nous allons l’aider à préparer le repas avec Dossan.
  • Ah oui ? lança ce dernier, d’un ton plaisantin.
  • Oui ! appuya Blear. Tu mettras aussi la main à la pâte ! Si tu veux nous rejoindre, Kimi…

Kimi hocha plusieurs fois de la tête en signe d’acquiescement, espérant que Blear ait perçu, au-delà de ses mots, qu’elle pouvait encore courir. Vint ensuite la tranquillité qu’elle avait tant espéré obtenir. Blear quitta la chambre et Dossan la suivit, accompagné de ces œillades incessantes.

Son premier réflexe fut de balancer son sac sur le lit. Son corps suivit naturellement le mouvement. Elle plongea la tête en première dans les draps, soulagée d’être libérée de ces commodités.

Puis, elle se redressa, la chevelure en pagaille. En s’asseyant au bord du matelas, elle analysa la pièce. Celle-ci était grande. Peut-être un peu trop pour s’y sentir complètement chez soi. Seule une guitare, coincée entre l’armoire et le bureau, témoignait de la présence passée de Billy. Depuis tout ce temps, l’instrument devait être désaccordé. Tout comme sa présence ici, qui sonnait faux.

En provenance du couloir, Kimi entendit des rires. Lysen et Leroy devaient être en train de s’y pavaner. Pourquoi tout le monde devait être heureux à part elle ? En grognant, elle appuya ses paumes contre ses yeux.

Il fallait qu’elle pense à autre chose. Une douche serait la bienvenue.

***

Alors qu’ils descendaient jusque dans le hall pour rejoindre la cuisine, Blear s’attarda sur l’expression durcie de son compagnon. Celui-ci descendit les escaliers d’un air taciturne et qu’il ne portait pas à son arrivée. À hauteur du sapin, elle hésita à l’interpeller. Elle ne voulait pas l'assommer de questions avant le début des festivités, mais elle avait aussi envie de le réconforter.

Ce fut plus fort qu’elle. Avant que ce dernier ne s’enfonce dans la cuisine, elle attrapa sa main. Dossan se retourna instinctivement en lui lançant un sourire construit de toute part. Mais elle n’était pas dupe.

  • Est-ce que ça va ?

Cette simple question fut suffisante à Dossan pour qu’il abaisse ses barrières. Il soupira lourdement.

  • Ha… Je ne peux rien te cacher.
  • Non, tu ne peux pas, lui répondit Blear, avide de connaître ce qui le poignardait de cette manière. Je t’ai trouvé bien taiseux avec Kimi, tu veux en parler ?
  • On s’est beaucoup disputés ces derniers temps dit-il, d’un ton désolé.

Blear l’écouta avec attention, imaginant ce qui avait pu tourmenter l’adolescente dernièrement.

  • … et depuis, on ne s’est plus vraiment… parler, avoua-t-il, difficilement. J’ai essayé plusieurs méthodes pour tenter de communiquer avec elle, mais… ça a été plutôt un échec, à chaque fois. À vrai dire, elle est…

Dossan hésita à s’exprimer honnêtement, car il ne voulait pas faire peur à Blear. Seulement, cette dernière semblait préparer à tout.

  • Elle est ingérable, en ce moment, souffla-t-il. Je suis inquiet pour le dîner de ce soir. Inquiet qu’elle ne t'apprécie pas… Je sais que c’est bête et qu’il lui faudra du temps, mais…
  • Ce n’est pas bête, ça me fait plaisir, répondit Blear, qui comprenait trop bien la douleur que pouvait infliger ce genre de conflit avec son enfant. Par contre, il lui faudra bel et bien du temps. On ne peut pas la forcer à m’aimer, ce serait la meilleure façon de la pousser à me détester.

Nerveusement, Dossan repoussa ses cheveux en arrière. Il n’y avait pas que ça. La relation de Sky et Kimi était catastrophique. Il ne savait pas comment l’expliquer à Blear.

  • Moi aussi, je suis inquiète pour ce dîner, lui avoua-t-elle, à son tour.

Il fut surpris.

  • Premièrement, parce que j’ai eu la bonne idée d’inviter les Solaires il y a très longtemps.
  • Ce ne sont pas des gens agréables ? J’ai le souvenir que…

Blear lui avait en effet raconté que du bien sur les Solaires.

  • Oh, si, ils sont charmants, mais si j’avais su qu’on se serait remis ensemble, j'aurais fait les choses autrement. Nous aurions passer les fêtes en intimité.
  • … Ce sapin est magnifique, répondit Dossan, en attardant son regard sur les décorations.
  • Tu vois, dit-elle, en attrapant ses deux mains, j’espère que l’année prochaine nous monterons le sapin ensemble.

Elle déposa doucement son front contre le sien. Dossan se sentit apaisé, instantanément. Heureux, il lui chuchota :

  • Nous le ferons.

Il l’embrassa ensuite. Longuement. Blear attarda ses mains sous ses mâchoires, puis glissa ses pouces sur ses joues.

  • J’ai conscience que ce doit être dur pour Kimi de se retrouver ici… C’est une ado. Avec tout ce qui lui arrive en ce moment, elle doit en vouloir au monde entier.

Blear avait vu juste. En cet instant précis, Kimi en voulait au monde entier. Elle n’avait pas idée, cependant, du nombre de querelles qui avaient existé entre elle et son fils. Dossan, lui, pensait le savoir.

  • Merci, Blear, lui souffla Dossan.
  • On va faire de notre mieux, et tout va bien se passer !
  • Oui, dit-il, en lui serrant la main. Tout va bien se passer.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 8 versions.

Vous aimez lire Redlyone ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0