Saison 1 - Épisode 3 - Black Tide

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Les lumières du parking restèrent éteintes.

Silence.

Puis : un “cling”.

Le bruit métallique d’une douille qui roule sur le béton.

Alex soupira immédiatement.

— Ohhhh… ça sent la soirée de merde.

Emmanuel ne bougeait plus.

Son regard balayait l’obscurité.

Calme.

Trop calme.

Le grognement du pitbull résonnait quelque part devant eux.

Bas. Animal. Prêt à exploser.

Puis : la voix de Joe.

— Cerb… assis.

Le chien se tut instantanément.

Une cigarette s’alluma dans le noir.

Petite braise orange.

Joe apparut lentement entre deux piliers du parking.

Immense. Noir de cambouis. Fatigué. Comme si les ténèbres l’avaient fabriqué elles-mêmes.

— Vous êtes suivis depuis trente minutes.

Alex leva les mains.

— Salut à toi aussi Schwarzy dépressif.

Joe ignora complètement la remarque.

Il regardait Emmanuel.

— Qui t’a envoyé la photo ?

— Je sais pas encore.

Joe tendit la main.

Emmanuel lui donna la photo du container rouge.

Joe la regarda deux secondes.

Et pour la première fois depuis longtemps… son visage changea.

Très légèrement.

Mauvais signe.

— Putain…

Duarte remarqua immédiatement.

— Tu connais ce symbole ?

Joe tira sur sa cigarette.

Long silence.

Puis :

— Je pensais que ce truc avait disparu après Marseille.

Silence total.

Même Alex ne plaisantait plus.

Nicky fronça légèrement les sourcils.

— Marseille ?

— Oublie.

Joe rendit la photo à Emmanuel.

Mais Emmanuel le connaissait trop bien.

Le vieux soldat venait de mentir.

Triplex de Diana.

Trois heures du matin.

Les écrans illuminaient tout l’appartement comme un aquarium cyberpunk.

Diana tapait à une vitesse inhumaine.

Café froid. Musique techno industrielle. Trois fenêtres de code ouvertes. Deux téléphones démontés sur la table.

Et au milieu : la voix d’Alex dans les enceintes.

— Tu crois qu’un jour elle va mourir normalement ou branchée à un grille-pain ?

— Statistiquement, répondit Diana, tu vas mourir avant moi parce que tu manges comme un raton laveur sous crack.

Alex sourit.

Emmanuel observait les écrans.

Des ports. Des routes maritimes. Des containers.

Puis : une image apparut.

Freeze caméra surveillance.

Un homme.

Capuche noire.

Grand. Mince.

En train de marcher sur les docks de Lisbonne.

Luna entra doucement dans la pièce.

Encore mouillée. Cheveux attachés. Sweat noir. Le chapelet tournant lentement autour de sa main.

Elle regarda l’écran.

Et immédiatement : son regard changea.

Instinct.

— Lui…

Silence.

— Je l’ai déjà vu.

Emmanuel tourna légèrement la tête vers elle.

— Où ?

Luna hésita.

Rare.

— Colombie.

Même Joe releva les yeux.

Luna fixa l’écran.

— On l’appelait… El Cuervo.

Le silence qui suivit devint lourd.

Très lourd.

Puis Alex :

— OK. Le nom est stylé. J’aime pas ça.

Diana zooma l’image.

Le visage était presque invisible.

Mais le regard…

Vide.

Mort.

Joe murmura presque pour lui-même :

— Je croyais qu’il était mort.

Luna continua de fixer l’écran.

— Moi aussi.

Même moment.

Quelque part dans le port de Lisbon.

Un container rouge s’ouvrit lentement.

À l’intérieur : pas de drogue.

Pas d’armes.

Des serveurs.

Des dizaines.

Lumières rouges. Ventilation. Machines.

Et au milieu : un homme en costume beige observait calmement les écrans.

Viktor Arseniev.

Un de ses hommes approcha.

— Elga est revenu à Caparica.

Viktor resta silencieux quelques secondes.

Puis : un très léger sourire.

— Bien.

Il regarda les serveurs tourner.

Comme un cœur mécanique dans l’obscurité.

Puis murmura :

“Les fantômes reviennent toujours près de l’océan.”

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