Chapitre 34 - Partie 4

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Je me réveille plus tôt que d’habitude, le corps encore engourdi par le sommeil. La chambre est calme, la maison endormie, à peine troublée par le souffle du vent contre les volets. Je m’assois sur le lit, m’étire un instant, puis finis par me lever.

En bas des escaliers, je croise mes parents qui s’apprêtent à partir. Mon père ne dit rien, fidèle à lui-même. Il hoche à peine la tête en me voyant, comme si sa présence ici suffisait.

Ma mère, elle, a déjà son sac à main en bandoulière, le manteau à moitié enfilé. Son sourire matinal illumine son visage lorsqu’elle m’aperçoit.

  • Ah, Ceddy, tu es levé ! Parfait. Je pars un peu plus tôt ce matin, je vais aller dire bonjour à Maud avant mon service. D’ailleurs, ça fait un moment que vous ne vous êtes pas vus. Ça lui ferait sûrement plaisir que tu lui rendes visite.

Ça sort tout seul :

  • J’ai pas l’intention d’aller la voir.

Elle a tourné la page – ok, je l’ai forcée à tourner la page –, pas moi. Et si croiser Nate sera une épreuve, je ne suis pas prêt à l’affronter, elle.

Le sourire de ma mère s’efface instantanément. Elle s’arrête, un peu en arrière, et me regarde comme si je venais de dire l’impensable.

  • Oh… D’accord. Je lui dirai bonjour de ta part.

Cette fois, je pèse chacun de mes mots :

  • Non. Pas la peine.
  • Ah… Et bien… D’accord. Comme tu préfères… Euh, je rentrerai ce midi, autour de treize heures, je pense. On mangera ensemble, si ça te va ?
  • Ok.

Son visage se détend légèrement, mais ses yeux trahissent encore un mélange d’inquiétude et de surprise. Ses lèvres s’étirent à nouveau en un sourire fragile.

  • Parfait. A tout à l’heure.

Je me retrouve seul dans la maison. Le silence est presque trop lourd. Je traîne dans la cuisine, ouvre le frigo, sors un yaourt et une bouteille d’eau. Je n’ai pas faim, mais j’ai besoin d’avaler quelque chose, n’importe quoi qui ne soit pas de l’alcool. Pas tout de suite. Je me traîne jusqu’au salon, m’avachis dans le canapé. J’allume la télé, un vieux programme de matinale sans intérêt, mais le bruit fait office de compagnie. Je ne regarde pas vraiment l’écran. Les images défilent, les voix se superposent pendant que je mange lentement, machinalement, le regard perdu dans le vide.

Après ça, je remonte dans ma chambre, déroule le tapis de sol. Baskets, t-shirt. Je commence à bouger. Pompes, abdos, squats… Je m’arrête quand ça brûle juste assez. Douche rapide et je sors mon ordinateur. La page d’accueil de HOTS s’ouvre. Le jeu me vole quelques heures, me coupe de la maison, du passé, des attentes. Le clavier et la souris deviennent une zone de sécurité jusqu’au retour de ma mère et ses questions.

Vers midi et demi, je redescends dans le salon, histoire qu’elle ne me voit pas encore en train de geeker. Je me pose en cuisine, me ressers un café. Et j’attends. Dehors, rien de spécial. Une voiture passe. Un chien aboie. Un train passe aussi parfois.

Et puis, enfin, le bruit des clés dans la serrure me fait relever la tête.

  • Ceddy ?
  • Ouais ?
  • Tu veux bien aller chercher le courrier pendant que je prépare les légumes ? La boite déborde.
  • J’en m’en occupe.

Je la croise dans l’entrée, encore en train d’enlever son manteau, le sac à main posé sur la console. Elle me jette un coup d’œil rapide, pose un baiser furtif sur ma joue.

  • Merci, mon chéri.

Je sors, récupère le courrier dans la boîte. Des enveloppes épaisses, de la pub, un magazine plié en deux. Rien qui presse. Je referme et la rejoins en cuisine. Les légumes sont alignés sur la table, encore mouillés. Elle a roulé les manches de son pull. Elle essuie ses mains sur un torchon avant d’attraper l’économe.

  • Tu peux ouvrir et me dire ce que c’est ?

Je m’exécute, ouvre les lettres une à une et les lis dans ma tête avant de retransmettre les informations à ma mère. Une contravention au nom de mon père. Une carte postale de ma cousine et ses filles parties en vacances au Maroc. Le bulletin de paie de ma mère. Rien de nouveau sous la lune.

Parmi la pile de courrier, une enveloppe attire mon attention. Plus épaisse que les autres, elle est fermée par un autocollant en forme d’appareil photo. Je l’ouvre comme les précédentes.


Madame,

Nous avons bien reçu votre notification d'annulation pour le mariage. Nous sommes sincèrement désolés d'apprendre la raison médicale derrière cette décision. Nous espérons de tout cœur que la jeune femme se rétablira rapidement.

Conformément à nos conditions, nous vous remboursons intégralement le montant de votre acompte par le biais du chèque ci-joint.

Si vous avez des questions ou pour de futurs évènements, n'hésitez pas à nous recontacter.

Nos meilleures pensées vous accompagnent dans cette période.

Cordialement,

Moments Magiques Studio

Annulation. La lettre parle d’annulation pas d’un report. Le chèque susmentionné tombe de l’enveloppe. Mon cœur s’accélère. Mes mains se crispent sur le papier. Je sens un goût métallique dans ma bouche alors que je croise le regard de ma mère.

  • C’est quoi ces conneries ?
  • Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiète-t-elle.
  • Tu as reçu un chèque pour l’annulation d’un mariage. Pourquoi Nate a fait ça ? Ce n’est pas parce que M… Parce qu’elle est à l’hôpital qu’il peut faire n’importe quoi. Il faut reporter le mariage, pas l’annuler.
  • Non, mon chéri. Ce n’est pas ce que tu crois, dit-elle en grimaçant. Comme tu as l'air de lui en vouloir, je pensais que tu savais…

Que je savais quoi ?

Elle se fige. Puis, d’un geste lent, elle lâche son couteau et la carotte qu’elle coupait. Ses mains se rejoignent dans un petit geste angoissé, comme si elle savait déjà qu’elle allait me dire quelque chose que je ne veux pas entendre.

Que je savais quoi, putain ?

Elle reste silencieuse pendant quelques secondes qui me paraissent être des heures.

  • Ton frère et Maud sont séparés.
  • Quoi ? Mais pourquoi ? Depuis quand ? Qu’est-ce que… Je pige plus rien là.

Ton frère et Maud sont séparés.

Les mots tournent en boucle dans ma tête. J’ai l’impression que tout ce qui est autour de moi s’effondre. Ma mère soupire et pose doucement une main sur la mienne.

  • C’est arrivé très vite. Je ne te l’ai pas dit mais le lendemain de mon anniversaire, elle est partie précipitamment. Nate et elle ne m’ont toujours pas expliqué pourquoi. Ce qui est sûr c’est que lorsque je l’ai revue, quelque chose avait changé. Elle était extrêmement nerveuse et irritable. Il y avait autre chose que la préparation du mariage. Et puis un jour ses parents ont appelé. Ça été la goutte de trop. D’après ton frère il ont été atroces.
  • Oui, je la coupe avant qu’elle ne me rappelle les horreurs qu’elle a vécues. Ça, Nate m’en a parlé.
  • Oh. Je vois… Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé depuis qu’elle a été admise à l'hôpital. La seule chose que Nate nous ait dit c’est qu’après quelques semaines, ils se sont rendus à l’évidence : leur relation n’était plus possible. Ça a été dur, surtout pour Nate, mais le mariage a été annulé d’un commun accord. Ils sont officiellement séparés depuis… un peu plus d’un mois.

Je reste sous le choc, pétrifié, incapable de comprendre, de digérer. Le bruit de la cuisine, l’odeur du déjeuner qui mijote… Tout m’oppresse.

  • Ils sont restés en bons termes, cela dit, s’empresse d’ajouter ma mère face à ma réaction. Avec nous également, bien sûr. La pauvre chérie, ça a dû être épouvantable. Elle sait qu’elle sera toujours la bienvenue. Elle le mérite et elle en a besoin. Non mais, quelle honte ses parents. Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes font des enfants si…

Ma mère continue de parler. De chanter les louanges de celle qu’elle considère presque comme sa propre fille, de la plaindre et de maudire ses parents. Je ne l’écoute que d’une oreille. Mon esprit ne pense qu’à une chose : ils sont séparés. J’ai du mal à y croire. Je n’arrive pas à concevoir comment ça a pu ne plus marcher.

C’est comme si le temps s'était suspendu.

Ils sont officiellement séparés depuis un peu plus d’un mois.

Je sens la chaleur monter en moi. Je suis furieux. Pourquoi j’ai encore une fois l’impression d’être le dernier au courant ? Ils étaient séparés quand j’ai appelé Nate. Et il n’a rien dit. Pourquoi personne ne m’a rien dit ?

Ils sont officiellement séparés depuis un peu plus d’un mois.

C’était censé être le couple parfait. Je l’ai repoussée de la pire des façon parce qu’ils étaient le couple parfait ! Tout mon plan, toute la souffrance que je lui ai infligée — que je nous ai infligée —... Tout ça pour ça ?

Je serre les poings sur mes genoux. Je lève les yeux vers ma mère, qui continue de parler, mais ses mots ne sont qu’un bruit de fond. Tout ce que j’entends, c’est cette phrase qui résonne dans ma tête.

Ils sont officiellement séparés depuis un peu plus d’un mois.

Attends… Mais… Si je calcule…

Ça me tombe comme une pierre sur le crâne. Ils se sont séparés peu de temps après son retour en France. Je me redresse brusquement. Une question fuse, brûlante, avant même que je ne le réalise :

  • Elle est où ?

Ma mère s’arrête net, interloquée.

  • Quoi ?
  • Elle est où ? Quel hôpital ?

Son regard vacille un instant, quelque chose passe dans son regard : un mélange de soulagement et d’une pointe de tendresse. Elle ne met pas longtemps à répondre :

  • A Saint-Joseph.

Je ne prends même pas le temps de la remercier. Je quitte la pièce, attrape les clés de ma voiture et me dirige vers la porte.

Sur la route, mes nerfs sont à vif. Je roule trop vite. Mais pas encore assez vite à mon goût. Chaque voiture est un obstacle. Chaque feu rouge me nargue.

Ils sont officiellement séparés depuis un peu plus d’un mois.

Mes mains agrippent le volant, mes phalanges blanchissent sous la pression. Je revois son visage et le mélange d’émotion qui a défilé dans ses yeux. La douceur, l’incompréhension, l’agacement et la douleur. Je me rappelle les mots cruels que je lui ai jetés à la figure. Des mots que je voudrais oublier. Ou effacer.

  • Merde ! je crie en frappant le volant.

J’entre sur la rotonde. La voiture devant moi ralentit au lieu d’accélérer pour s’insérer. Ma colère monte d’un cran. Je la dépasse brusquement, passant par la bande d’arrêt d’urgence, déclenchant une flopée de klaxons.

  • Mais avancez, bordel ! je grogne, frustré par la lenteur de certains conducteurs.

Je slalome entre les véhicules, pour ne pas ralentir. Il faut que je me calme, sinon je vais finir à l'hôpital mais pour une autre raison.

Chaque minute est insupportable. Une partie de moi craint ce que je vais trouver : elle pourrait très bien ne pas vouloir me voir. Une autre brûle d’espoir : je n’ai qu’à lui montrer que je n’ai pas l’intention de la laisser. Plus jamais.

J’arrive enfin à l'hôpital et je me gare en vrac sur un des parkings visiteurs. Je sors de la voiture en trombe, traverse le parking en courant, ignorant les regards agacés ou terrifiés des conducteurs que je dérange. Mon coeur tambourine dans ma poitrine.

Je scrute les environs en me dirigeant vers l’accueil. Mon regard se pose sur le parc adjacent. C’est là que je la vois.

Ma Maud.

Cette fois son nom explose dans ma tête. Les souvenirs défilent. Sa manière de rire, sa voix qui appelait mon surnom, le goût de ses lèvres et de sa peau, son parfum d’amande et de pivoine qui devenait yuzu lorsqu’elle était excitée. Tous ces détails que je chéris et que j’ai refoulé sous des litres de Gin. Tout remonte à la surface. Ma tendresse, ses regards si révélateurs, ma possessivité, ses baisers et ses caresses, ma confiance, sa facilité à se faire une place dans mon coeur, mon affection…

Non. Mon amour.

Mes jambes tremblent sous le poids de cette vérité. C’est comme si je me prenais un mur de glace en pleine face. Je l’aime. Je l’ai toujours aimée. Même avant qu’on couche ensemble, avant qu’elle me retrouve en Grèce, avant de l’embrasser, avant qu’elle ne m’appelle pour me confronter.

J’ai utilisé plein de tournures, plein de mots pour cacher ça. Pour éviter de mettre ce mot sur ce que je ressentais. Pour nous préserver. Mais ça n’a rien changé.

Elle est là, assise sur un banc, les épaules légèrement voûtées. Ses cheveux tombent en mèches désordonnées autour de son visage. Même de loin, je remarque qu’elle a maigri. Quelque chose en elle me semble différent, cassé. Une boule se forme dans ma gorge. Je veux courir vers elle, mais mes pieds restent ancrés au sol.

Et puis, je remarque à ses côtés, un jeune homme que je ne reconnais pas. Il parle doucement, son corps penché vers elle, protecteur. Je m’arrête net.

Elle est séparée de Nate. Alors qui c’est, lui ?

Maud lève la tête. Nos regards se croisent. Son visage semble s'illuminer une fraction de seconde, avant de se refermer. Elle reste figée sur moi encore quelques instants puis tourne la tête vers le type à côté d’elle. Il suit son regard, me voit et fronce les sourcils. Je le vois poser un baiser sur la tête de Maud avant de se lever et de venir vers moi. Chaque pas qu’il fait me met un peu plus sur les nerfs.

  • Qu’est-ce que tu veux ? demande-t-il en arrivant face à moi, son ton glacé.

Je le fixe, tentant de maîtriser ma jalousie.

  • Je suis venu voir…

Le mot reste coincé. Je ravale ma salive.

  • … Maud.

Il rit, un rire sans joie, tranchant. Il croise les bras sur sa poitrine, le regard inflexible, puis il assène :

  • Non.

Je fronce les sourcils. Je sens mes poings se serrer et je lutte contre l’envie de lui casser la gueule. Il est plus petit que moi, plus frêle. Ce serait facile. Mais je suis venu pour la voir, pas pour me battre.

  • Pardon ? Tu penses que tu peux parler pour elle ?
  • Oui. Je sais comment elle pense. Je la connais depuis toujours. On partageait nos lits bien avant que tu n'entres en scène.

Ses épaules restent droites, son ton ferme. Il est presque possessif. Au moins autant que je pourrais l’être. La jalousie et l’incompréhension me tordent les boyaux.

  • T’es qui toi au juste ?
  • Quelqu’un qui, contrairement à toi, a toujours été là et sera toujours là. Elle n’a pas besoin de toi ici, enchaîne-t-il.
  • Écoute, tu ne me connais pas…
  • Tu es Cédric. Mais je sais que Maud t’appelle Zed, me coupe-t-il.
  • Oh bravo ! je raille en applaudissant. T’as mon nom et tu crois que tu sais tout…
  • C’est le cas, m’interrompt-il. Maud me raconte tout depuis le début. Je sais qui tu es, ce que tu représentais pour elle, ce que vous avez vécu… et ce que tu lui as fait.
  • Oh… Euh… ok, je balbutie pris de court. Bon, je sais que j’ai merdé, je reprends. Mais c’est pas ce que tu crois… Il faut qu’on parle !
  • Non. Elle ne veut pas te parler.
  • Elle peut juste m’écouter. C’est important…
  • Pour toi ! me coupe-t-il encore. Pas pour elle.

Laisse-moi parler, connard !

J’inspire un grand coup pour me calmer.

  • J’ai le droit de la voir.
  • Elle a le droit de refuser.
  • J’ai au moins le droit de lui parler ! je lâche d’une voix tremblante que je ne reconnais pas.
  • Pas après l’avoir traitée comme tu l’as fait.

Les choses que je lui ai jetées au visage me reviennent. Son regard brisé et furieux aussi. Comme une mauvaise blague. Je détourne les yeux vers elle pour chasser ce souvenir. Elle est toujours assise. Mon regard croise le sien, elle resserre ses bras autour d’elle et baisse la tête.

  • C’est ma meilleure amie, reprend-t-il. Je m’efforce, depuis tout petit, de la protéger, malgré elle, de ce qui n’est pas bon pour elle. Et toi, tu n’es pas bon pour elle. Elle commence enfin à le voir. Elle ne veut pas de toi ici, conclut-il.

Mon cœur se serre. Ce qu’il dit est faux. Forcément. J’ai fait une énorme connerie mais on est bon l’un pour l’autre. Je l’aime. Il n’a pas à la protéger de moi. J’avance vers elle.

  • J’ai besoin de lui dire…
  • CASSE-TOI ! hurle-t-il tout à coup en me repoussant si fort que je trébuche.

La puissance de sa voix, bien plus que celle de son geste, me déstabilise. Comment ce mec, si calme, peut avoir explosé comme ça ? Des voix s’élèvent au loin. Je vois à ses yeux plissés et ses poings serrés qu’il serait prêt à en venir aux mains. Moi aussi. Je me prépare à riposter. Je ne laisserai plus personne se mettre entre Maud et moi. Pas même moi. A peine ai-je eu cette pensée qu’une autre me saisit : si je frappe son meilleur ami, sous ses yeux en plus, je ne ferai que l’éloigner encore plus de moi. Je serre les dents, modère mes ardeurs et lève les mains en reddition.

Deux agents de sécurité se dirigent vers nous. Le meilleur ami de Maud m’adresse un dernier regard, chargé d’une rage protectrice. Une menace muette. Parfaitement inutile. Je finis par tourner les talons, écrasé par la honte et le regret. Pourtant, une certitude ne me lâche pas : je dois lui faire entendre que je l’aime. Que je ne suis pas le salaud indifférent que je lui ai montré en la renvoyant de chez moi. Je ne peux pas laisser cette histoire — notre histoire — finir comme ça.

Reste à trouver comment l’atteindre.

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