5 : Au numéro 59
Je franchis alors le portail avec ma voiture et m'engage dans la petite allée, les graviers crissent sous les roues de ma petite voiture.
Je suis garée devant une immense maison bourgeoise ou plutôt dirai-je un hôtel particulier.
Les lumières brillent à l'intérieur tamisées par de grands rideaux.
L'allée fait comme une cour devant la maison. Elle est quelque peu éclairée par les lumières placées de part et d'autre de la grande porte d'entrée.
C'est une porte en fer forgé agrémentée d'un verre poli épais qui filtre la lumière du vestibule de cette masure.
Mon homme m'attend sur le perron en souriant.
Il a ce regard brillant que je lui connais tant et qui m'amène si souvent au delà de mes limites.
Il descend les quatre marches et vient m'accueillir comme le portier d'un grand palace.
Je sors timidement mon pied gauche et sentant l'air frais me caresser le mollet, je le dépose sur le gravier pour prendre appui. Comme au ralenti je m'extrais de ma petite voiture en tentant de retenir l'inexorable ouverture de mon manteau fin.
En me tendant la main, il me glisse tendrement :
- Tu es magnifique.
- Tu es un salaud.
- Je t'aime.
- Mouais... Moi aussi... T'es un salaud quand-même.
- J'ai hâte de voir ta tenue, me dit-il avec un sourire entendu.
- Tu as peut-être deviné que ça va être compliqué... Répondis-je gênée.
- Je crois avoir deviné ce qu'il y a dessous... ou pas... et je pense que nos hôtes vont être ravis.
- Ah...
Une étrange sensation me traverse soudainement le corps... Je dois être rouge comme une pivoine, mon cœur se met à tambouriner violement dans ma poitrine... Et reconnaissons-le une nuée de papillons s'est mise à virevolter dans mon ventre annonçant une excitation sans nom...
- Viens, rentre vite.
Je marche lentement sur les gravillons pour grimper les quatre marches menant à la porte.
J'essaie de prendre une grande bouffée d'oxygène mais je ne suis pas sûre que celle-ci va suffire pour les dix secondes à venir.
Mon homme pousse la porte et nous entrons dans un grand vestibule, une porte en bois à ma droite est fermée, devant moi un escalier grimpe à l'étage et à ma gauche, je perçois des voix
et de la musique. Le sol de l'entrée est recouvert d'un épais tapis qui étouffe le son de nos pas et adoucit la transition.
- c'est la pièce de gauche. Dit-il en me précédant, il se retourne et poursuit :
- Une chose importante maintenant, je sais que tu me fais confiance mais si tu veux arrêter à n'importe quel instant. Tu me le dis, ok ?
- Euh, oui, ok.
- Bien. Tu te sens de -un temps- participer ?
Comme dans un état second, je ne dis rien, je ne fais que hocher la tête en signe d'approbation.
-Parfait. Deux petites choses maintenant. Je vais te mettre ça -il me montre un collier en cuir- et puis après avoir franchi cette porte... tu vas enlever ta culotte.
Surprise, le seul mot qui sort de ma bouche est :
- quoi ?
- ben je vais te passer ce collier au cou.
C'était un joli collier type BDSM en cuir noir avec de belles coutures de couleur rouge. Sur le devant un bel anneau en metal. Il devait faire à peine 2cm de largeur mais le cuir semblait épais.
- Et quand tu vas rentrer dans la pièce après avoir franchi le seuil, je veux que tu retires ta culotte et que tu la gardes en main.
Mais où est ce qu'il était en train de m'amener, ce fou ?
je suis littéralement en train de flipper mais, le défi qui s'annonce réveille mon côté joueur. Pendant qu'il se penche pour glisser le collier à mon cou, je vois son regard brillant, et il me glisse à l'oreille :
- Je t'aime.
Un je t'aime pas vraiment chuchoté mais glissé doucement de sa voix grave qui me transcende.
- On y va ?
- Ok.

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