Chapitre 28 (Evanna)

12 minutes de lecture

Note de l'autrice :

Contenu sensible

Ce chapitre contient des scènes de violence physique, d'emprise et de détresse émotionnelle.

J’invite les lectrices et lecteurs sensibles à ces thématiques à la prudence et à l’écoute de leurs limites. Si elles sont difficiles pour vous (ou le deviennent au fil de la lecture), n’hésitez pas à passer ce passage.

— T’es prête ?

Fermant les yeux un instant, Evanna prit une profonde inspiration pour calmer les battements rapides de son cœur. Le silence matinal du laboratoire pesait lourdement autour d’elle, accentué par le bourdonnement discret des équipements électroniques en arrière‑plan. Elle expira enfin, libérant l'air de ses poumons dans l’espoir d’évacuer les derniers vestiges de son anxiété.

— Maintenant, oui.

Les lèvres de Caleb se soulevèrent en un sourire amusé, et il relâcha sa main pour attraper un coton sur le plateau qui lui faisait face. Elle sursauta à son contact glacé, avant qu’il ne vienne la rassurer d’une douce caresse sur le pli de son coude.

Le jour fatidique était arrivé. Nichée au creux de l’appareil désormais finalisé, Erin patientait calmement. Même après les explications fournies par le scientifique, Evanna peinait à comprendre comment son amie pouvait se retrouver retenue à l’intérieur de ces quelques morceaux de ferraille magnétisés. Elle n’était pour ainsi dire qu’une sorte de boule d’énergie immatérielle capable de se mouvoir à travers toutes les surfaces, et il lui paraissait inconcevable qu’on puisse la retenir de la sorte. Ainsi pouvait‑elle voir toute l’étendue de l’intelligence de l’Homme. Réussir à rationaliser quelque chose d’aussi spirituel était pour elle un exploit à nul autre pareil, et l’idée l’hypnotisait autant qu’elle l’effrayait.

Son regard glissa sur les constantes de l’entité, qu’elle pouvait lire sur l’écran connecté. Elles bougeaient à un rythme effréné, mais Caleb lui avait affirmé qu’il n’y avait rien d’anormal à cela, les normes régissant son activité « cérébrale » n’étant pas les mêmes que les leurs. Si tout se passait comme prévu, elles se stabiliseraient une fois l’inhibiteur injecté, comme le feraient celles de quelqu’un qui « s’endormirait d’un sommeil paisible ». En revanche, si des pics élevés et soudains venaient à précéder cette stabilisation, cela signifierait que l’entité était en proie à de violentes douleurs.

Le picotement de l’aiguille perforant sa peau la tira de sa rêverie pour la plonger dans une autre. Elle pouvait voir le liquide remonter le long de sa veine et se répandre en elle presque autant qu’elle pouvait le sentir. Rapidement, la tête lui tourna, et elle dut poser son bras valide sur le lit pour s’empêcher de vaciller.

— Evanna, ça va ?!

— Oui… murmura‑t‑elle, les yeux rivés sur l’écran en face d’elle.

Lentement, la présence de l’entité s’amenuisa. Ses constantes se stabilisèrent sans aucun pic, jusqu’à ne tracer qu’une ligne bien droite. Elle dormait. Erin dormait. Paisible. Et un poids énorme se détacha soudain d’Evanna.

— Wow…

— Que se passe‑t‑il ?

Comme une envie irrépressible, elle pouffa d’un rire incontrôlable.

— Caleb, s’esclaffa‑t‑elle. Je m’envole !

— Pardon ?

— Je me sens tellement légère, c’est… wow… Comment ça se fait ?

Elle tenta de se lever, mais la gravité ne semblait plus agir sur elle. Elle tituba, ses bras cherchant désespérément un point d’appui sans jamais en trouver aucun. Ses mains glissèrent dans le vide, se raccrochant in extremis aux bras du docteur qui s’était précipité en avant pour la rattraper.

— Je… Je ne sais pas… balbutia‑t‑il.

L’air ahuri de son ami déclencha en elle une nouvelle crise d’hilarité. D’abord hésitant, il ne tarda pas à la rejoindre, son rire timide s’intensifiant jusqu’à ce qu’ils se retrouvent tous deux secoués d’un fou rire incontrôlable. Lentement happée par un bonheur croissant, Evanna se laissa tomber contre lui.

— Alors ça y est, tu l’as fait…

— Il semblerait…

Leur allégresse se dissipa dans le silence, remplacée par une sérénité inattendue.

— Tu l’as fait… répéta‑t‑elle dans un souffle, ses bras enserrant son cou avec poigne. Merci Caleb. Merci pour tout…

Accrochée au col de sa chemise, Evanna resta un moment silencieuse, submergée par une gratitude qu’elle n’arrivait pas à formuler. Les mains du scientifique se crispèrent soudainement sur sa taille, la forçant à relever la tête. D’ailleurs, il la gardait si précieusement contre lui qu’elle aurait été bien incapable de s’éloigner. Mais après tout, en avait‑elle seulement envie ? Caleb était un homme brillant et attentionné. Plus encore, il savait qui elle était vraiment – et ce qu’elle cachait derrière ses sourires. À force de l’étudier, peut‑être la connaissait‑il mieux qu’elle ne se connaissait elle‑même. Alors évidemment qu’il prendrait soin d’elle, lui. Évidemment qu’il l’aimerait. Elle n’avait qu’à le lui demander.

Le visage de Caleb se rapprocha du sien et elle ferma les yeux, accueillant son baiser. La pression était là, et la rencontre de leurs langues arracha au scientifique un gémissement rauque qui vibra contre sa bouche. Evanna, elle, patienta. Elle attendit que quelque chose se produise – une chaleur, un frisson, une minuscule étincelle, même –, mais rien ne venait.

Renforçant son baiser, elle glissa ses mains dans ses cheveux en quête d’une quelconque émotion, mais aucune ne se manifesta. Ni son odeur, ni ses baisers, ni ses caresses, ne lui procuraient le moindre plaisir. Elle demeurait fermée, si hermétique qu’elle n’eut bientôt plus aucune autre envie que de mettre fin à leur étreinte.

Soudainement paniquée, Evanna rouvrit les yeux et le repoussa de toutes ses forces. Caleb la dévisagea longuement, peinant à comprendre ce qui venait de se produire. Puis ses lèvres se pincèrent, la frustration durcissant peu à peu ses traits. Ses iris noisette s’animèrent d’une colère vive, et il frappa violemment dans le plateau posé à côté de lui, lequel vola en éclats contre le mur.

— Non, non, non, non, ce n’est pas comme ça que c’est censé se passer !

— Je… je suis désolée…

Les mots sortirent tout seuls, mécaniques. Le cœur battant beaucoup trop vite, Evanna tenta de lui fournir des explications mais Caleb ne semblait pas l’écouter, déambulant de droite à gauche comme un animal en cage. Il finit pourtant par s’appuyer contre son bureau, inspirant profondément avant de passer une main tremblante dans ses boucles brunes.

— Désolé, lâcha‑t‑il avant de se remettre à gesticuler. Je n’aurais pas dû m’énerver. Tiens, bois ça, ça te fera du bien, t’es toute pâle, ajouta‑t‑il en lui tendant sa tasse de thé.

Evanna l’attrapa d’un geste fébrile et la porta à ses lèvres, déboussolée.

— Tu sais, j’aurais vraiment fait n’importe quoi pour toi, Evanna, soupira‑t‑il.

La culpabilité s’empara d’elle, la forçant à baisser les yeux avant de lamper une autre gorgée. Le liquide brûlant se répandit dans sa gorge, et elle dut bien admettre qu’encore une fois, le scientifique avait eu raison. Mais alors qu’elle allait de nouveau s’abreuver du doux liquide, ses doigts se crispèrent soudain. Puis, elle n’arriva tout simplement plus à les bouger.

— Caleb…

L’intéressé se tourna subitement vers elle, comme surpris qu’elle l’appelle.

— Tout va bien, Evanna, la rassura‑t‑il en lui retirant la tasse des mains. Tiens, je récupère ça, tu vas tout faire tomber sinon.

— Je… Je ne peux plus bouger mes…

Elle tenta une nouvelle fois de les faire danser, sans jamais y parvenir. Même lever ses mains lui parut fournir un effort considérable, jusqu’à ce qu’elles finissent elles aussi par se figer à hauteur de son visage. Bientôt, c’est tout son corps qui ne lui répondit plus. Les larmes emplirent ses yeux paniqués, ne s’en libérant que lorsqu’elle vit les lèvres de Caleb s’étirer.

— Tu connais le syndrome de verrouillage ? demanda‑t‑il.

La faisant délicatement basculer sur le lit derrière elle, il attrapa ses jambes pour les allonger puis aligna ses mains avec le reste de son corps.

— Oh, suis‑je bête, tu ne peux pas répondre.

Il inclina sa tête vers lui et l’admira un instant, fier du résultat.

— Magnifique. Tu ressembles à une poupée.

Evanna eut envie de hurler, mais aucun son ne s’échappa de sa bouche. Elle eut envie de détourner le regard, mais son corps ne lui obéissait plus, l’obligeant à contempler celui qu’elle ne reconnaissait plus.

Caleb sortit de son champ de vision et y réapparut quelques secondes plus tard, tenant dans ses mains un flacon qu’il secoua légèrement devant ses yeux.

— J’adore la science, reprit‑il. C’est fou ce qu’un simple produit peut faire. Une petite dose de ce produit, et hop ! Te voilà incapable d’effectuer le moindre mouvement. C’est un petit mélange de ma création. Ça se marie très bien avec le thé, apparemment.

Il se mit à rire avec entrain, amusé par sa propre remarque avant de venir poser le flacon à côté d’elle pour dégager une mèche de son visage.

— Ton cerveau est en train de penser que tu subis un dysfonctionnement neurologique, lui expliqua‑t‑il comme il avait si souvent pris l’habitude de le faire.

À la différence près que cette fois‑ci, toute bienveillance avait disparu de son être.

— Incapable de bouger, mais condamnée à tout ressentir…

Il lui caressa délicatement la joue pour prouver ses dires, son contact glacé la brûlant aussi vivement que l’aurait fait un tisonnier.

— J’aurais préféré ne pas avoir à m’en servir, mais tu ne m’as pas vraiment laissé le choix. Il aurait pourtant suffi de te laisser faire… soupira‑t‑il.

Sa main glissa jusqu’à son cou, qu’il empoigna fermement. Evanna tenta désespérément de bouger, mais rien n’y fit. Elle fut bientôt submergée par un sentiment d’impuissance qui la terrifia plus que tout ce qu’elle avait pu vivre jusque‑là. Condamnée à voir posé sur elle le regard d’un homme à qui elle avait fait toute confiance, elle pria le ciel pour que sa folie s’arrête ici.

— Tu crois qu’ils me laisseront jouer avec toi… ?

Les lèvres du docteur s’étirèrent en un sourire avide. Une peur brute remonta le long de sa colonne vertébrale, ne laissant que peu de doute quant aux personnes auxquelles il faisait référence et aux jeux auxquels il voulait s’adonner. Un sentiment de dégoût vint se mêler aux autres. Elle ferma les yeux pour tenter d’échapper à ce cauchemar, mais il la gifla violemment.

— Regarde‑moi ! hurla‑t‑il si fort qu’elle obtempéra. C’est bien… reprit‑il d’un air plus doux. Désolé, je n’aurais pas dû. Mais ce n’est pas si terrible, d’accord ? Et arrête de pleurer.

Il essuya les larmes qui coulaient le long de ses joues, lesquelles tentaient vainement de fuir comme elle le faisait elle‑même. Une sonnerie retentit soudain, forçant le scientifique à se détourner. Elle tenta une nouvelle fois de bouger, mais elle en était toujours incapable.

— Oui, oui, toutes les communications ont été coupées et les données sont en cours de transfert. Bien entendu, le temps qu’ils découvrent ce qui s’est passé, vous l’aurez déjà récupéré.

Evanna ferma brièvement les yeux, avant de les rouvrir quand Caleb raccrocha pour revenir vers elle. Comment avait‑elle pu se laisser aveugler de la sorte ? Plus de cinq mois qu’elle connaissait cet homme, et pas une seule fois s’était‑elle montrée suspicieuse. D’un autre côté, il ne lui avait jamais rien montré d’autre qu’une gentillesse pure et désintéressée. Bien sûr, il lui avait à plusieurs reprises laissé comprendre qu’elle le passionnait, mais jamais, ô grand jamais, elle n’aurait pu imaginer qu’il travaillait en réalité pour l’ASU.

« Personne sur cette planète n’a bon fond. Où que tu ailles, les gens attendront toujours quelque chose de toi, ou se serviront de toi. C’est comme ça que ça fonctionne, et tu ferais mieux de t’y faire dès maintenant. »

La voix d’Eliott résonna tristement dans son esprit.

— Ils viennent te chercher, annonça Caleb avec un enthousiasme non dissimulé. On va enfin pouvoir rentrer chez nous. Mais j’ai une bonne nouvelle pour toi. On a encore un peu de temps, tous les deux, avant qu’ils n’arrivent…

Le regard du scientifique se fit plus intense, une lueur inquiétante s’y déversant tandis qu’il s’allongeait à ses côtés. La moindre cellule de son corps tenta de s’en éloigner, avant de réaliser qu’elles n’en avaient jamais eu aucune chance.

— J’ai vraiment failli tout abandonner pour toi, tu sais… murmura‑t‑il dans le creux de son oreille, avant de venir grossièrement humer une mèche de ses cheveux. Tu t’es montrée si compatissante, si compréhensive… Mais tu t’es évertuée à ne pas me voir, pendant tout ce temps… C’était tout simplement insupportable. Te rends‑tu seulement compte à quel point, Evanna ?

Il effleura ses lèvres du bout des doigts, jouant distraitement avec l’une d’elle avant de se lover dans le creux de son cou pour y déposer des baisers piquants et désagréables.

— Toujours gentil, toujours attentionné, le bon copain… Si tu savais le nombre de fois où j’ai eu envie de te toucher… de te…

Un sourire avide se dessina sur ses lèvres. Il déboutonna les boutons de son chemisier avec une lenteur insupportable, son regard alternant entre les yeux horrifiés de sa victime et la naissance de ses seins. Terrifiée, Evanna ferma les yeux dans l’espoir naïf de le faire disparaître. Il se mit à rire avec entrain, ses caresses empreintes d’une délicatesse cruelle.

— Arrête un peu ton cinéma, Evanna…

Incapable de sortir, les sanglots s’accumulaient au fond de sa gorge, l’étouffant toujours plus. Elle entendait le suçotement de ses lèvres sur sa peau, aussi insupportable que son plaisir grandissant pressé contre sa hanche.

C’est à ce moment précis que la combativité d'’Evanna se mua en résignation. Après plusieurs minutes de torture aussi bien physique que mentale, elle rouvrit les yeux pour les laisser errer dans le vide. Une force soudaine s’éveilla en elle, bientôt suivie par des tambourinements puissants. Elle émanait d’Erin, qui, sortie de son sommeil, tentait désespérément de s’échapper de sa prison dans l’espoir de lui venir en aide.

— Tiens, intéressant, constata le scientifique en se redressant légèrement. Une forte concentration d’adrénaline réveille le sujet de sa transe.

Il se mit à rire doucement, avant de lui attraper le visage pour la forcer à le regarder.

— Mais ce n’est pas comme si elle pouvait t’aider, n’est‑ce pas, Evanna ?

Caleb repoussa son visage sur le côté, reprenant sa tâche là où il l’avait laissée. Derrière lui, les parois de la machine tenaient bon malgré les assauts répétés d’Erin. Mais si la rage de l’entité grondait encore, elle ne parvenait pas à supplanter la résignation de son hôte.

— Oh, Evanna…

Evanna garda les yeux fixés sur la tasse de thé devant elle, ignorant les caresses de plus en plus intrusives du scientifique. Le monde se rétrécit jusqu’à n’être plus qu’un enchaînement de sensations floues, qu’elle laissa la traverser sans les accueillir.

— C’est bien, tu as arrêté de pleurer. Tu commences enfin à aimer ça.

Sa remarque fit naître en elle une vague de dégoût si brutale qu’elle retrouva aussitôt ses esprits. Comment pouvait-il croire une seule seconde qu’elle avait envie de lui ? Elle lui adressa un regard empli de haine qui le fit froncer les sourcils, ravivant sa colère.

— Arrête de tout gâcher ! hurla‑t‑il en la frappant.

Evanna se surprit à apprécier la douleur brûlante que sa main avait laissée sur sa joue tant elle anesthésiait celle qui l’avait lacéré de l’intérieur plusieurs secondes auparavant. Mais Caleb vint aussitôt y déposer un baiser, la blessant bien plus que l’avait fait son accès de rage.

— Désolé, murmura‑t‑il. Je n’aurais pas dû.

Il attrapa sa main gauche et l’embrassa elle aussi, avant de s’agiter à ses côtés. Un zip caractéristique résonna dans la pièce avec une netteté insoutenable, faisant vibrer de dégoût chaque terminaison nerveuse de son corps. Il y guida sa main innocente, forçant ses doigts à se refermer autour de lui avant de l’accompagner dans ses mouvements.

Evanna ferma les yeux dans l’espoir de penser à autre chose, mais les images s’étaient d’ores et déjà imprégnées dans son esprit. Elle tenta une nouvelle fois de se débattre, en vain. Il n’y avait plus que la respiration de son bourreau, ses gémissements, et sa présence envahissante.

Puis tout s’interrompit. Elle sentit son corps se relâcher contre le sien, percevant vaguement les derniers soubresauts qui l’agitaient encore. Il s’écarta enfin, ne laissant derrière lui qu’une sensation poisseuse qui dégoulinait le long de sa peau.

— Non, non, non, non, non… Non, pas comme ça…

Cette simple supplique suffit à lui faire réaliser qu’elle ne devait sa délivrance qu’à l’incapacité de l’homme à se contenir face à un plaisir grandissant. Sans même le contrôler, Evanna le gratifia d’un regard moqueur qui ne fit rien d’autre qu’attiser sa colère.

— Arrête !

Il la frappa de nouveau au visage, plus violemment cette fois, avant de la repousser sur le lit. Le goût métallique du sang se déversa dans sa bouche mais elle n’y prêta guère attention, les yeux rivés sur les portes devant elle. Attentive, elle mit pourtant plusieurs secondes à réaliser que ce qu’elle écoutait était des échos de pas qui se dirigeaient vers eux.

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