La marque marqué
Ma mère me regarde avec cette inquiétude exagérée habituelle. après un instant, elle se redresse d’un bond puis se précipite vers la cuisine… je ne peux que l’observer, les yeux écarquillés, anticipant ce qu’elle va faire. Les larmes ruissellent sur mes joues, je voudrais me lever mais rien n’y fait, je reste figée au sol.
Des formes et des couleurs tapissent les murs de la cuisine tandis que je suis clouée au sol et que je sent la volonté me fuir, je ne peux qu’envisager une force surnaturelle à mon état de stase
Dans ma tête je me vois me débattre, essayer de me lever, combattre cette force, et pourtant je reste au sol, cette force invisible m’empêchant tout mouvement.
Dans son empressement, ma mère frôle la tasse… qui glisse sur le plan de travail, perd l’équilibre et tombe en chute libre, se brisant au sol.
Paniqué, je ne sais que faire.
Je peux juste regarder la tasse tomber au ralenti devant mes yeux, sans que je puisse bouger.
La tasse s'écrase sur le carrelage glacé avec un bruit sec, se brisant en mille morceaux et provoquant des blessures légères sur la cheville de ma mère qui ne s'en aperçoit même pas dans sa précipitation.
Le temps s'arrête une seconde.
Puis deux.
Puis trois.
Figée dans le temps, une larme de détresse coule le long de ma joue.
Je reprends enfin le contrôle de mon corps.
Pourquoi maintenant ? Pourquoi je n'ai pas pu bouger lorsque j'en avais le plus besoin ?
Soudain, une pression astronomique s'abat sur moi comme une pluie de flèches.
Mon souffle se bloque, mon cœur tambourine contre ma poitrine, et un bourdonnement sourd envahit mes oreilles.
Je lutte.
Je me roule en boule sur le sol.
Mordant ma lèvre inférieure si fort qu'elle commence à saigner.
Brusquement, je sentis quelqu'un saisir mon poignet gauche, et le tira si fort que j'ai cru qu'il allait se briser.
Une douleur aiguë me traversa.
Sous mes yeux, je vois une marque se dessiner, un cercle parfait avec un point au milieu.
Ma vision devient floue alors que le temps reprend son cours normal.
La dernière chose que j’entends avant de perdre connaissance, c’est ma mère, criant à l’aide.

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