La Fleur des Âmes Perdues

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  • Hey ! Mais… Mais qu’est-ce que vous faites ? Lâchez-moi, bande de voyous !

criai-je avec une colère étrangement calme.

— Demoiselle, vous êtes convoquée par notre reine. Veuillez nous suivre calmement, sinon, nous aurons recours à la violence.

annonce un soldat.

— Lâchez-la.

Une voix forte et terrifiante résonne.

Toutes les têtes se tournent vers elle.

Une magnifique femme aux longs cheveux lavande tombe en cascade soyeuse jusqu’au bas de son dos. Son visage est d’une finesse aristocratique : traits délicats, peau pâle et lumineuse. Ses yeux violets, calmes et profonds, brillent doucement. Son regard est serein, maîtrisé. Sa couronne dorée, ornée d’une gemme éclatante, rayonne avec élégance. Elle porte une robe blanche et or aux ornements raffinés. Des pièces d’armure qui montrent qu'elle n'est pas une simple reine, mais une combattante. Sa posture est élégante, sa main posée sur une hanche.

— Allez. Qu’attendez-vous ?

— O… Oui, ma reine !

Il me lâche enfin et s'écarte pour laisser le chemin à leur reine, qui s'approche de moi, gracieuse. Elle tend la main et prend la fleur blanche dans mes cheveux.

— Oh oui… oui… C’est bien elle…

Elle me prend la main et commence à s’éloigner, m’emmène vers un carrosse à quelques mètres d'où j'étais.

À l’intérieur, tout n’est que velours clair et dorures délicates. Un espace digne d’une reine… et pourtant empreint d’une étrange fragilité.

Le carrosse commence à avancer lentement, bercé par le rythme régulier des roues sur la pierre.

La reine est assise avec grâce. Le dos droit.

Les rideaux filtrent des reflets dorés qui dansent sur sa robe. Puis sa voix s’élève, calme mais légèrement triste.

— Demoiselle Astra… Je sais que c'est un peu soudain de ma part, mais je ne peux désormais rien cacher. Nomia me croit inébranlable. Éternelle. Solaire. Mais la vérité…

Elle ferme brièvement les yeux.

— La Fleur Mère n’apparaît qu’une fois tous les cinq mille ans. Une seule âme peut la trouver… et cette âme, c’est vous.

Elle rouvre les yeux.

— Si je t’ai convoquée, demoiselle Astra, ce n’est pas en reine. Mais en femme.

Le carrosse poursuit sa route. Je ne sais quoi répondre et la regarde fixement.

Elle baisse la tête d'un geste lent et me tend la fleur.

— Répétez après moi.

Je prends la fleur blanche à deux mains. Je la pose contre mon cœur qui bat fort.

La lumière commence à pulser.

La reine murmure l’incantation.

  • Fée de la Vie, gardienne de l’énergie et du renouveau, je t’appelle avec respect. Entends ma voix et approche sans crainte. Apporte avec toi ta lumière et ton souffle vital.

Je répète, chaque mot, chaque lettre, qui restera gravé en moi pour toujours.

Dès que mes lèvres se ferment, une lumière blanche, éclatante jaillit de la fleur, inondant le carrosse.

La fleur flotte au-dessus de mes mains en bourdonnant, celui-ci s'intensifie de plus en plus, devenant désagréable. En même temps, la lumière blanchâtre devient grise, puis gris-noir, puis d'un noir profond et sinistre.

La fleur se transforme peu à peu en une fée minuscule.

Je la regarde, surprise par sa taille.

Malgré tout, je la distingue clairement : peau brun clair, oreilles pointues, cheveux sombres aux reflets violets. Ses ailes ressemblent à celles d’un papillon, dégradées du violet électrique au rose néon. Une robe noire complexe flotte autour d’elle.

— Hey ! Pourquoi tu me regardes comme ça, toi ?

dit-elle en fronçant les sourcils et en battant des ailes.

— Ce n’est pas la fée de la guérison…

dit la reine, secouée.

— C’est la fée de la mort !

Le silence tombe. Je reste figée, incapable de comprendre ce qui vient de se passer.

  • Je n'ai pas compris… Pourquoi faites-vous cette tête ?

dis-je, les yeux écarquillés.

Elle baissa la tête et dit d'une voix triste.

  • Eh bien, pour ne pas vous faire peur, je ne vous ai pas dit que s'il y a plus de sentiments négatifs que de positifs dans le cœur du détenteur de la fleur… la fée de la mort apparaît…

Elle lève la tête et me regarde droit dans les yeux avec une expression sévère.

  • Écoute, je n'ai rien contre toi, mais à contrecœur je vais décider de ton sort…

Je la regarde, tremblante de tout mon corps, la sueur perlant sur ma joue alors que je me demande ce qui va m'arriver.

Une larme tomba sur la robe de la femme aux cheveux lavande alors qu'elle ordonnait.

  • Sors de mon carrosse, jeune fille. Tu es un danger pour ma cité.
  • Attendez !

criai-je, désespérée et confuse, mais elle ne m’écoute déjà plus.

  • Et si tu reviens, je te tuerai… de mes propres mains. me dit-elle avec sévérité, mais son regard semble empli de tristesse et de désespoir.

Des gardes montent dans le carrosse qui s'est arrêté aux ordres de la reine, ils m'attrapent par le bras, me poussent, et me ligotent les mains avec la fée, qui semble indifférente.

Des gardes identiques m'entourent de tous côtés alors que je marche entre les chuchotements des habitants, me lançant des regards méprisants.

Après plusieurs heures de marche fatigante, les gardes m'emmènent vers une rue isolée, où un vieux carrosse poussiéreux m'attend. Les cheveux à l'avant sont si maigres qu'on voit tous leurs os, et le cocher, d'une longue barbe, a l'air d'une personne grincheuse… Le genre de personne avec qui on s'ennuie tout le temps.

— Monte, espèce de monstre.

Dis un garde avec cruauté avant de me jeter dans le carrosse, une petite fenêtre à barreaux illumine l'intérieur sombre. Le garde claqua la porte derrière moi avec un bruit sourd, me faisant sursauter.

— Hey, humaine ! Ça va ?

demande la fée avec un ton joyeux, qui alluma un feu de colère dans ma poitrine.

— Ferme-la, insecte !

répondis-je, essayant de me contenir.

Puis soudain, une vague d’énergie sombre émane de moi, les cordes à mes mains se brisent alors que la fée se libère et s'approche de mon visage confus, le prend entre ses petites mains et me murmure :

— À partir de maintenant, je suis ton épée et ton bouclier…

— Mais c’est quoi ce délire ?!

Criai-je en la chassant.

Elle rit tout en tournant autour de moi comme un moustique infernal.

Après quelques minutes de silence gênant et une guerre émotionnelle, la fée prit la parole.

— Tu me détestes ?

La flamme de ma colère vacille.

— ...Nah…

À ce moment-là, le carrosse s’arrête et la porte s'ouvre, le cocher apparaît, portant un sac usé par le temps entre ses mains ridées.

Je sortis du carrosse avec la fée et, avant de partir, le vieil homme me lança le sac.

— Tiens. Tu en auras besoin.

Et il repart sans un mot de plus.

Je le regarde disparaître avec sa calèche entre le feuillage dense des arbres à fleurs Alors que la fée tourne autour de moi, essayant de capter mon attention.

Elle pointe du doigt une cabane abandonnée au loin.

— C’est là.

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