Nomia

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Je marche. Pas à pas. Mais, cette sensation de vide continue de me hanter. Peu à peu, le paysage se dessine : un escalier en béton massif, montant en boucle jusqu’au sommet d’une colline parsemée de nuages qui semble cacher un secret gardé depuis des siècles.

Mes jambes tremblent de fatigue alors que j'arrive au pied de cette immense colline.

Mon regard se pose sur une pancarte en bois.

« Bienvenue à Nomia. La Cité des fleurs. »

Oui… Oui, c’est elle. Nomia.

Je mets un pied sur la première marche de l’escalier. Puis, sur la deuxième. Et la troisième. Je continue. Encore et encore. Cet escalier semble interminable. Mes jambes sont en feu alors que mon cœur bat fort dans ma poitrine. Mon souffle devient progressivement court et la sueur perle sur mon front et descend lentement jusqu’au menton, avant de tomber sur mon décolleté noir.

Après une éternité à monter ces escaliers de malheur, je pose enfin mon pied sur la dernière marche, m'offrant une vue incroyable :

Nichée dans un nuage blanc soyeux, une cité majestueuse, presque irréelle, dégage une aura de puissance spirituelle et de tranquillité éternelle. Mon regard se dirige, sans le vouloir, vers un imposant château central aux toits multiples et complexes, dont les détails dorés scintillent sous les rayons du soleil. Autour, des maisons traditionnelles aux tuiles sombres et harmonieuses s’étendent, reliées par des sentiers de pierre sinueux, parsemés de pétales de fleurs. Plus loin, de grands cerisiers se dressent majestueusement dans l’herbe verdoyante, sous un ciel bleu clair.

Je reste bouche bée, les yeux écarquillés devant cette merveille, calme mais puissante. Mon regard se dirige alors vers un autre escalier plus petit. Je le prends sans hésitation, malgré mon épuisement et mes jambes brûlantes.

L’excitation m’envahit alors que je monte en courant, oubliant la fatigue d’avant. Je pose le pied sur un chemin rocheux mais confortable. Une sensation de protection m’envahit aussitôt. Je finis par franchir un grand portail en bois majestueux, signifiant que je suis officiellement à Nomia.

Mère, pourquoi regardez-vous cette demoiselle ?

interroge une petite fille en me pointant du doigt.

— Chut ! Tu vas nous attirer des ennuis !

chuchote sa mère en lui pinçant le bras.

Me regarder ? Moi ? Mais pourquoi ?

Je regarde par-dessus mon épaule : tout le monde me regarde, leurs regards perçants, emplis de peur et de méfiance, me donnant la chair de poule. Mes yeux observent chaque passant. Je me retourne et continue mon chemin incertain quand mon regard se pose sur un marchand qui, en me regardant, chuchote quelque chose à une femme qui, elle aussi, commence à me fixer de cette façon dérangeante.

Soudain, quelqu’un m’attrape par le bras droit, je me retourne, surprise, et vis un homme… Ou plutôt, un soldat aux cheveux bruns et à l’expression neutre et disciplinée, portant une armure légère ornée d’un blason violet foncé, surmontant un kimono lilas aux manches larges. Il est muni d’une longue lance à la hampe violette et à la lame argentée imposante.

— Demoiselle ! Les mains en l’air ! Allez !

crie-t-il avec sévérité.

J’obéis, paniquée. Et bientôt, d’autres gardes le rejoignent. Ils sont tous identiques. Mêmes cheveux bruns. Même expression faciale. Même armure.

Ils m’encerclent et pointent leurs lances vers moi.

Mais pourquoi ?

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