1- L'ombre

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Salut, ce que tu t'apprêtes à lire est un spin-off aux romans déjà publier Le cordonnier et Dans l'ombre des villes, ainsi que l'artiste Peintre qui a été envoyé en soumission. 

Tu ne connais pas le Marlus et le Landry de l'artiste peintre, alors je te le dis: Landry est un jeune policier quand à Marlus c'est son indic. Ils sont jeunes tous les deux. Et se rencontre pour la première fois. 

Ici nous sommes bien des années plus tards sur une nouvelle affaires.

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C’est quand les hommes sont tissés dans la nuit, que tous les crimes sont possibles. Je ne sais à combien d’horreur, j’ai assisté au cours de ma jeune vie. J’ai arrêté de les compter quand j’ai compris qu’elles ne s’arrêteront jamais. Bien des fois, j’ai tenté de me voiler la face, j’ai fermé fort les yeux pour ne plus les rouvrir, mais j’ai un défaut, je suis un curieux maladif. Je veux savoir, et cela même si ça doit me faire souffrir.

Et j’ai souffert de chacun de ces crimes qui sont passé sous mes yeux. Peut-être que mon père avait raison, je suis trop sensible pour ce monde. Trop sensible pour l’horreur. J’avais préféré suivre les conseils de ma mère.

« Si tu veux marcher dans cette vie, il va falloir t’endurcir, mon cœur. Tu devras ignorer certains aspects de la vie. Ignorer le mal qui nous entoure, et aider à ton échelle. Tu n’es que toi. Et crois-moi, seul, on arrive à très peu de chose. Mais au moins, on parvient, parfois à toutes les accomplir. Je sais que tu es bon. Bien trop. Tu souffriras, mon cœur. Ô comme tu souffriras. ».

Elle n’a jamais dit : « tout iras bien », parce qu’elle savait que rien n’est stable dans ce monde où règne l’humanité. J’ai voulu être droit pour eux, aider à mon échelle. Puis, j’ai connu cette femme. Une femme pendue à une corde, rouée de coup, amaigrie et bien entendue morte dans d’atroces souffrances.

L’évènement déclencheur pourrait-on dire… je n’ai eu plus qu’elle en tête.

Quand j’ai aidé à vider son appartement, qu’elle louait avec son tortionnaire, j’ai trouvé un journal. Le sien.

Nelly était le prénom inscrit sur la couverture.

Plus qu’un journal, c’était un rêve pour échapper à la vie. Nelly avait la plume d’une artiste, mais derrière ses mensonges, j’ai vu les vérités. Elles m’ont fait tremblé. Puis, je suis arrivé à la presque fin. Nelly avait collé les pages d’un versé de l’Ancont, un livre religieux dédié au démon Chouette. Il était marqué en lettre manuscrite le titre : La forêt des sapins rouges.

C’était le versé d’un nouveau monde où règnerait prospérité et amour, où la cruauté se payaient d’un vieillissement prématuré et d’une mort fulgurante. Dans ces lignes il y avait de la magie alors que dans notre monde, la magie est devenue un mythe. Ce sont les livres qui nous en parlent le mieux. Certains disent avoir connu des sorciers de Hongoria. Moi, je n’y crois pas une seconde. En revanche, je veux bien croire à cette histoire. Il n’y a pas de magie, juste la possibilité de recevoir en donnant. Recevoir un monde meilleur en sacrifiant une poignée de personnes.

Je m’apprête à devenir une personne haïsable, mais c’est pour la bonne cause. La cause du nombre. Pour un meilleur monde. Pour une vie plus belle, plus tendre.

Nelly a laissé une multitude de consignes dans son journal après le versé et la légende de l’homme chouette.

« J’y crois. Ce monde existe. Il faut juste le créer. »

Le créer avec un peu de sang d’innocent, il est vrai…

Un peu plus ou un peu moins, qu’est-ce que cela peut-il changer ? Alors que mon projet, celui de Nelly pourrait nous offrir un monde où la haine et les vices seraient muselés, traqué, détruit en un claquement de doigts ?

J’ouvre la porte d’une maison qui n’est pas la mienne. Le sommeil est de plomb ici, plus qu’ailleurs. Je monte un escalier, dans le noir le plus total. J’ai une particularité. Je vois mieux dans la nuit qu’en plein jour. Mon pas est léger. Je frôle le sol, avant d’arriver devant une chambre à coucher. L’enfant dort les poings serrés. Je l’ai regardé pendant plusieurs jours, il a la naïveté des petits à qui on cache encore la dure réalité. Même dans la basse ville, des enfants comme lui existent. Il est le quatrième d’une fratrie de six enfants. Ses frères et sœurs dorment dans la même pièce. Hélas, ils ne conviennent pas. Il me faut des enfants avec une vive joie de vivre. Calme, joyeux et naïf.

J’avance vers Odom. C’est le nom du garçon et le fait glisser dans mes bras, avant de coller un mouchoir sur son nez. On n’est jamais trop prudent. Le mélange de fleurs anesthésiantes l’empêchera de se réveiller pendant le transport. Il dormira, jusqu’à rejoindre le reste de notre petit groupe.

La naïveté de chacun me dépasse. Ils ont été si facile à manipuler. Un masque, des bougies et la lecture prophétique de la légende avait suffi à les rallier à ma cause. Leur bonté... pour vous qu’elle ne les perde pas.

Il faut de ces personnes simples pour crée ce nouveau monde.

« Et un jour, un disciple habillé de rouge créera un monde de paie et d’harmonie. Son groupe de fidèle le suivra vers cet accomplissement. Ils seront la basse de ce nouveau monde. »

***

Je hisse ma nouvelle recrue dans le sanctuaire. La nuit m’a encore couvert. Nous attend en bas, le reste du groupe. Ils nous accueillent avec de grands sourire. C’est une joie à chaque instant. Ils se consolent, s’aiment, se donnent du courage pour accomplir notre destiné. Ils sont toujours si contents. Près à ouvrir la porte de ce monde sans peur.

— Je vous le confie, dis-je au petit groupe. Vous lui direz ce qu’il a besoin de savoir.

La dizaine d’enfants hoche la tête comme de valeureux suiveurs.

Une petite main s’accroche à ma manche. Je me baisse.

— Grand homme chouette, Karoline pleure. Je n’ai pas réussi la rassurer.

— Je vais la voir. Occupe-toi du petit nouveau. Il en aura besoin, aussi surement, que Karoline.

Le garçonné hoche la tête, très investit dans sa tâche.

Quant à moi, je place mon masque de chouette sur mon visage avant de retire ma capuche et ma cape.

Karoline est seule dans un coin de la pièce. Tout est fait, ici, pour admirer la tâche qui sera celle de chacun. Nous sommes entourés de la prophétie. Chaque mur nous guide vers notre accomplissement. Tout est fait pour aimer notre future. J’aime ce lieu sécurisant que j’ai créer. J’aime notre chemin et celui que nous parcourrons.

— Qui a-t-il Karoline ? As-tu mal quelque part ?

Je me baisse à sa hauteur.

Nous devons avoir confiance les uns les autres pour solidifier le lien, pour créer un nouveau monde. Nous serons des frères et des sœurs. Les bâtisseurs et les bâtisseuses. J’y crois si fort.

Elle dégage ses poings de son visage et fixe mon masque de ses grands yeux bruns. Mon masque a le réalisme d’une illustration pour enfant. Je suis, aux regards de tous, qu’une grande peluche où il est possible de se lover quand vient leur du coucher. Ici, il n’y a plus la conscience du jour et de la nuit. Nous sommes à un pas d’un rêve.

— J’ai mal ici.

Elle me montre sa poitrine. L’emplacement de son cœur.

— Pourquoi as-tu mal au cœur ?

— Maman et Malue me manquent.

— Oh, je le sais bien ma bonne Karoline, moi aussi ma famille me manque, sans doute, comme chacun de nous ici. Je comprends ce mal. Vraiment. Parfois, je pleure moi aussi. Mais tout de suite après, je pense à ça.

Je lui montre la fresque murale comme je la montre à chaque nouvel arrivant.

— Je suis fort pour la terre promise. Pour qu’il n’y ait plus de mauvaises personnes et que les bonnes, n’aient plus peur de souffrir. Tu m’as dit que l’ami de ta maman, faisait de vilaine chose à Malue et qui frappait fort ta maman.

— Oui. Il était pas gentille. Je voulais plus qu’il vienne. Quand maman et Malue étaient triste quand il repartait, je savais qu’il avait été méchant. Moi, je les fais rire. Elles ont de très jolis rire.

Karoline, je l’ai rencontré dans les rues de la basse ville. Elle avait été mis dehors, pour jouer. Et elle avait joué, alors qu’un homme était entré chez elle. J’avais un peu joué à la balle avec elle avant que des gamins me remplacent. Son rire m’a interpellé. La beauté de son innocence. L’incompréhension de ce qui se passait dans la maison, mais le savoir qu’une grande tristesse l’accueillerait et son objectif de redonner de la joie aux deux femmes qui l’y attendaient.

— Tu me les présenteras quand elles viendront nous rejoindre dans le nouveau monde. J’écouterai leur rire. Et tu pourras leur dire que s’est toi qui leur à donner ce monde et ces rires. Il n’y aura plus de larmes, Karoline.

— Plus du tout ?

Elle joignit ses mains et les pose sur son cœur.

— Plus aucune. Alors il faut être forte, jusqu’à ce jour. Tu es une sage et bonne petite fille, Karoline, et tu vas créer les rire dans notre nouveau monde. Ce sera ta mission.

— Vraiment ?

Son sourire apparait et je sais qu’elle n’oubliera aucune de mes paroles. Elle croit à notre réussite. Elle croit en moi, en la Terre promise. J’y crois si fort.

Nous ne pleurerons plus. Nous ne serons plus ce qu’est la douleur.

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